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Frank Zappa › Over-nite sensation

7 titres - 34:25 min

  • 1/ Camarillo Brillo (3:59)
  • 2/ I'm the Slime (3:34)
  • 3/ Dirty Love (2:58)
  • 4/ Fifty-Fifty (6:09)
  • 5/ Zomby Woof (5:10)
  • 6/ Dinah Moe Humm (6:01)
  • 7/ Montana (6:35)

informations

Paramount Studio, Bolic Sound Studio et Whitney Studio, Los Angeles, USA, avril 1973

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

line up

Alex Dmochowski (basse), George Duke (synthétiseur, piano électrique, chant), Bruce Fowler (trombone), Tom Fowler (basse), Ralph Humphrey (batterie), Sal Marquez (trompette), Jean-Luc Ponty (violon), Ian Underwood (clarinette, flûte, saxophones, claviers), Ruth Underwood (percussions, marimba, vibraphone), Frank Zappa (guitare, claviers, voix), Riky Lancelotti (chant), Kin Vassy (chant)

chronique

jazz / rock / pop / fusion funk

Si l'aventure "Grand Wazoo" fit l'objet d'une grande satisfaction, l'exigence d'interprétation qui demandait des exécutants capables de les jouer en refroidit plus d'un. Ainsi, le départ le plus symptomatique que Zappa devra essuyer sera celui d'Aynsley Dunbar, parti poursuivre sa route, tantôt aux côtés d'Alice Cooper, tantôt aux côtés de David Bowie. Pourtant, Zappa va prendre tout le monde à contre courant en reconstituant une troisième et ultime version des Mothers, et sans conteste, sa plus déterminante. Voulant sciemment renouer avec un discours plus grand public, tout en gardant les éléments clés de ses dernières productions, Zappa fait à nouveau appel à des techniciens hors pairs sans lesquels sa musique ne pourrait pas voir le jour ; aux côtés des désormais habitués George Duke, Ian Underwood, et son épouse, Ruth (enfin partie intégrante du groupe), Zappa rappelle Jean-Luc Ponty et réquisitionne Sal Marquez auxquels il joint les frères Fowler, Bruce et Tom, qui débaucheront avec eux le batteur Ralph Humphrey. Tout ce beau monde est réuni pour un premier baptême de feu en se produisant en concert dès février 1973, et c'est quatre mois plus tard que sera publiée leur première trace discographique, "Over-Nite Sensation". Sur ce disque, Zappa réussit la gageure de réconcilier son public, toute période confondue, en faisant la synthèse parfaite de tout ce qui l'a amené jusqu'ici. "Zomby Woof" et "Montana" concilient complexité d'écriture et efficacité, "I'm the Slime" réintroduit l'aspect le plus contestataire de Zappa en un pamphlet ouvertement anti crétinisation de masse via le media télévisuel, et "Dinah-Moe Humm" montre que rien n'a dissuadé Zappa de parler de sexe, de la manière la plus salace qui soit, sur le beat d'un funk groovy proprement irrésistible. Virtuose sans être démonstrative, la musique de ces nouveaux Mothers semble avoir trouvé le mode d'expression idéal qui permet de réunir tout le monde autour du même disque et où chacun y trouvera son compte. Ce savoureux mélange, proprement inclassable, de rock, de jazz et de funk (avec la participation exceptionnelle des Ikettes), devient, en quelque sorte, la marque de fabrique de Zappa qui ne s'embarrasse plus, désormais, de chanteurs trouble-fête puisqu'il décide d'assumer seul ce poste, de sa voix profonde et goguenarde.

Très bon
      
Publiée le jeudi 25 avril 2002

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coronavirus Envoyez un message privé àcoronavirus

J'admet qu'il y a chez lui un gros côté experimental/branlette avec probablement une démarche " je m'affiche t'a vu?" mais sans être bling bling pour autant . Je le vois comme un chef d'orchestre avec une direction artistique préçise et un contrôle strict de son art avec cependant une place importante accordé à l'impro

Message édité le 19-06-2025 à 09:49 par coronavirus

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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" Zappa, c'est presque quand il accepte le formalisme qui le travaille qu'il devient le plus convaincant"

Je me retrouve assez là-dedans - et ce n'est en effet pas une tare, un défaut fondamental ou quoi, de mon point de vue non-plus, mais nettement, à peu près l'inverse d'une approche "délirante" de la musique. De fait, c'est rarement l'angle qui me touche, cette attaque "aucune place à l'accident". Et ce n'est pas vraiment une question "d'intellectualisation" qui me gênerait - ça peut prendre une forme tout autre, ça (Parker ou Coltrane, c'est "intello" aussi - leurs détracteurs le soulignent souvent, pour ma part je ne tiens pas ça du tout comme un argumement à charge, vu comme leur musique ne sonne pas pour moi "programme appliqué sans marge de manœuvre"). Ce qui va m'embêter - au sens de l'ennui, souvent - chez Zappa, quand j'aime pas, c'est que ce souci de contrôle semble parfois me hurler "t'as vu ? Je CONTRÔLE ! Mais regarde, je fais des blagues, aussi" - blagues qui du coup me paraissent surtout un "tour de force" de plus, une preuve que rien ne lui échappe... Chose, oui, que je n'entends pas par exemple chez Beefheart - alors que le type était lui aussi réputé pour sa maniaquerie, pour torturer "ses" musiciens jusqu'à ce qu'ils jouent exactemement ce qu'il voulait entendre. Seulement voilà... La musique qui en sortait, pour moi, restait tout à fait instable, irréductible à ce qu'on peut déduire d'une analyse toute technique de ses éléments - pas du tout dans un "classicisme" auquel Zappa, souvent, me semble aspirer, même quand il tord les choses sous un angle délibérément, ostensiblement grotesque.

Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

Mon ressenti est beaucoup plus proche de celui de SEN que de celui de Coronavirus. Tout est très délibéré chez Zappa, je n'y vois absolument rien de perché (ou d'illuminé avec ce que cela peut avoir de péjoratif ou pas). Perché, je le réserve pour un Tim Buckley, un Jeffrey Lee Pierce ou Père Ubu- et quelques figures du Jazz forcément, Monk me vient immédiatement à l'esprit: des gars chez qui advient quelque chose de l'ordre d'une rupture, une sorte de divorce interne mais qui devient fructueux, un "Désolé, j'ai dérapé" transformé en geste sublime. Zappa, c'est presque quand il accepte le formalisme qui le travaille qu'il devient le plus convaincant ('Waka Jawaka, Blessed Relief, Big Switfy). Rien de mal à cela, c'est juste autre chose qui le hante réellement. Pour le coup, et pour nommer un autre maitre de brisures fécondes, Beefheart était le perché que Zappa aurait aimé être, peut-être.

Message édité le 17-06-2025 à 23:48 par Coltranophile

Note donnée au disque :       
SEN Envoyez un message privé àSEN

C'est le sens de ce que j'entends par "sérieusement con", Zappa contrôle toujours totalement ce qu'il fait, ça manque parfois de naturel, même dans ses délires. C'est son côté mégalo aussi qui veut ça ^^ Malgré tout ça reste un des artistes dont j'écoute religieusement les albums depuis plus de 30 ans.

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Ah c'est marrant, moi c'est le côté "tout/tout le temps super contrôlé" (au sens de "c'est bon, c'est sous contrôle") qui peut me bloquer, qui fait que parfois ça manque à mon sens de la "folie" supposée, justement... Mais oui, c'est sans doute aussi un moyen pour lui de ne jamais refaire complètement la même chose "par réflexe", routine, sans doute.