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Funkadelic › One nation under a groove

cd • 9 titres • 00:00 min

  • 1One Nation Under a Groove
  • 2Grooveallegiance
  • 3Who Says a Funk Band Can't Play Rock?
  • 4Promentalshitbackwashpsychosis Enema Squad (The Doo-Doo Chasers)
  • 5Into You
  • 6Cholly (Funk Getting Ready to Roll)
  • 7Lunchmeatophobia (Think!...It Ain't Illegal Yet!)
  • 8P.E. Squad/DooDoo Chasers ("Going All-The-Way Off" Instrumental)
  • 9Maggot Brain (Live)

enregistrement

1977-1978, United Sound (Detroit, Michigan), Monroe Civic Center (Monroe, Louisiana) - Produit par George Clinton

line up

Jerome Brailey (Rotofunkic Drum & Percussion-atin' Thumdans, ARP Avatar), George Clinton (Funkadelic Blamgusta Vocaloids (Voices For Da Nation!)), Bootsy Collins (William "Bootsy" Collins) (Bass Thumpasaurians), Ray Davis (Raymond Stingray Davis) (voix), Larry Fratangelo (Rotofunkic Drum & Percussion-atin' Thumdans, ARP Avatar), Michael Hampton (Mike 'Kidd Funkadelic' Hampton) (Throbasonic Funkgeetarists, Avatarian), Tyrone Lampkins (batterie), Cordell Mosson (Cordell 'Boogie' Mosson), Gary Shider (Gary "Doowop" Shider) (guitare, voix), Bernie Worrell (Bernie "Da vinci" Worrell) (Keybo'Dans & Synthezoidees), Bobby Lewis (Banjo'd Muthaplucker), Walter 'Junie' Morrison (Keybo'Dans & Synthezoidees), Rodney 'Skeet' Curtis, Lynn Mabry, Ron Ford, Dawn Silva, Debbie Wright, Jeanette Washington, Mallia Franklin, W. 'Junie' Morrison, Greg Thomas (Funkadelic Blamgusta Vocaloids (Voices For Da Nation!)

remarques

chronique

"Who says a jazz band
Can't play dance music?
Who says a rock band
Can't play funky?
Who says a funk band
can't play rock?
Oh yeah!
We're gonna play some
Funk so loud
We're gonna
Rock and roll around". Ah, les cloisonnements musicaux. Clinton les aura combattu bien avant les mouvements fusion des années 80-90. C'était en somme le programme de Funkadelic depuis le départ : prouver que des blacks pouvaient jouer du hard fortement psychédélique sans perdre une once de leur funkytude. Car Hendrix, de son vivant, avait été rejeté par une partie de la communauté black pour jouer une musique "de blancs". Clinton, au moment de sortir ce disque, a relevé le défi. Il est au sommet de son art, après une dizaine d'albums aux pochettes totalement outrancières. Celle-ci, moins libidineuse que les autres en apparence (en apparence, car si on ouvre le 33tours gatefold...), fait forcément penser aux fresques réalisées par Cal Shenkel pour Zappa depuis le début des 70's. On y trouve toutes sortes de mots d'ordre lançés à destination de cette "One nation under a groove" du titre, réunie sous une bannière imitant celle des USA... Tout l'album ne semble qu'une immense déclaration sur l'honneur faite au P-Funk Roi, détournant le "Pledge of allegiance" récité par les écoliers américains, une cérémonie d'investiture pour la fameuse maison blanche repeinte en noir que Clinton aura tant chanté, au milieu de la Chocolate City... "Do you promise to tell da funk, da whole funk, and nothin' but da funk ?". Question existentielle à la quelle la bande se propose de répondre par l'action. En plein raz de marée disco, ces mecs refusent de copier Chic (qu'ils ont sûrement inspirés, comme tous les musiciens noirs) comme tout le monde, et de rajouter du BPM dans leurs jams bordéliques et majoritairement lentes... Ce n'est plus crade comme sur les premiers albums, c'est plutôt humide et brillant on va dire. Mais pour autant, ça reste totalement inédit dans le paysage musical, quelque 8 ans après la formation du collectif. Tous les autres groupes de funk avaient jeté l'éponge. Pas eux. Après les triomphes que furent Mothership Connection et Dr Funkenstien (albums de Parliament) sur la scène black, Clinton réunissait en quelque sorte ses deux groupes sous une bannière appelée "A parliamentfunkadelicthang". Ainsi, cet album regroupe la formation vocale Parliament et les rockeurs de Funkadelic dans un même bazar. Il y a donc à la fois beaucoup de lignes vocales mélodiques et beaucoup de déjante instrumentale, la troupe étant au sommet de son aisance musicale. A partir de là, l'age d'or commence à se faner tout doucement... One nation under a groove est en quelque sorte la célébration d'un règne qui ne pouvait pas durer éternellement. Mettre Grooveallegiance en deuxième morceau est déjà un geste politique en soi, sans même parler des vocaux. La défonce des musicens est palpable, on dirait plus un genre de calypso toxique venu du triangle des bermudes que quelque chose ressemblant à ce qu'on appelle aujourd'hui "funk". Sur Promentalshitbackwashpsychosisenemasquad, l'infuence de Frank Zappa est énorme, quasi tutélaire (bien que surement réciproque). Tandis qu'un vocaliste roucoule tranquillement en mode Al Green en fond, le maître de cérémonie Clinton fait répéter à une foule un texte scato comme seul Zappa en aurait osé (le mot enema n'est quand même pas souvent utilisé en musique...), jusqu'à en faire une métaphore de nos esprits trop étriqués... Un peu la méthode qu'utilisait le moustachu lubrique en concert, en plus cynique. Il y aurait de quoi écrire tout un bouquin la-dessus (il faudrait déjà en écrire un sur Funkadelic, complètement sous-étudié comparé à Zappa justement), sur les relations d'influence bizarres - textuelles et politiques, mais pas seulement - entre le moustachu et la Parliamentfunkadelicthang de Clinton. Into You, tiens, par exemple, n'est ce pas une love-song de premier ordre (si votre copine ne se vexe pas quand vous lui ferez écouter, épousez-là), à laquelle Zappa fera un petit clin d'oeil un an plus tard en plaçant son "I have been in you" en pole position de son double album Sheik Yerbouti (bon ok, il y a aussi Frampton) ? Bref, il y a de quoi creuser, sans même parler du jeu des musiciens des deux formations... Pas besoin de sortir de musico par exemple, pour trouver ici la même fausse décontraction que chez Zappa, cachant des complexités organiques à profusion. L'album se termine par un tir de barrage : Lunchmeataphobia, un putain de hard rock biomécanique sous LSD, muni d'un riff Hendrixien massif comme un monster truck... Le chef d'œuvre du disque selon moi, avec cet incroyable P.E. Squad si enivrant qu'on le retrouve en version instru, avant une dernière face bonus qui n'est autre que Maggot Brain en live, gravé sur un sillon large de maxi 33tours ! Peut-être le seul solo de guitare capable de justifier sa longueur interminable de toute l'histoire... Ce titre était à la base un cri de douleur suite à la mort d'Hendrix... La boucle est bouclée. On considère très souvent "One nation..." comme le meilleur album de Funkadelic, voire de Clinton. Il n'est pourtant pas exempt de défauts, de longueurs, de moments de relâchement (Into You et Cholly). C'est également un album assez difficile à cerner, à la musicalité peu évidente derrière son délire permanent. Difficile de l'apprécier pleinement, par exemple, sans avoir poussé les basses à fond, histoire d'entendre le travail de titan accompli par Bootsy Collins et Bernie Worrell, qui quittera bientôt le navire pour aller entre autres funkadeliser les blancs de Talking Heads. Une friandise à réserver à ceux qui connaissent déjà le groupe, donc. Commencez par le début mes loulous, tonton Clinton vous prend par la main...

note       Publiée le jeudi 19 août 2010

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cyberghost Envoyez un message privé àcyberghost

L'homme aux pochettes funkmoches nous a quitté... http://www.funku.fr/2019/disparitio...

Seijitsu Envoyez un message privé àSeijitsu

Impossible de ne pas coller 6/6 à un disque aussi groovy. Et puis ces solo... Ces mecs ne sont pas humains.

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NevrOp4th Envoyez un message privé àNevrOp4th

Foutre! Totalement barge ces mecs. Un disque d'allumés pour illuminés

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NevrOp4th Envoyez un message privé àNevrOp4th

Le plus rock'n'roll des FunkaDelic, que du bonheur ce disque!

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Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

A part le fameux "Computer games", les Clinton m'ont toujours laissé un peu sceptique. Après il y a bien certains P-Funk All Stars. Mais finalement, c'est les premiers Bootsy et le Eddie Hazel qui me laissent toujours assez furieusement joyeux après écoute.