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Fanger & Schonwalder › Analog Overdose 2

6 titres - 156:15 min

  • Disc 1
  • The Art of Sequencing Part I| 33:34
  • Zwischenton| 11:38
  • The Art of Sequencing Part II| 33:35
  • Disc 2
  • Liquidrom Tape I| 26:12
  • Within a Real Dream| 30:20
  • Liquidrom Tape II| 21:06

enregistrement

CD 2: Liquidrom Tape I & III, enregistré en concert au Liquidrome de Berlin CD 2: Within a Real Dream enregistré en concert au Futureworld Festival, avec Ed Kurtz aux guitars

line up

Thomas Fanger & Mario Schönwälder: Synthétiseurs, Séquenceurs et échantillonage Ed Kurtz: Guitares sur Within a Real Dream

remarques

Pour entendre des échantillons sonores et en savoir plus sur Fanger & Schonwalder, ainsi que le catalogue de Manikin Records, visitez le site web au : http://www.manikin.de/

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
mÉ berlin school

Après l'énorme succès d'Analog Overdose, le nouveau duo de la MÉ nous propose une suite simplement intitulé “Analog Overdose 2”. Cette fois-ci, il s'agit d’un album double, un en studio et l'autre en concert, qui nous présente le côté séquencé et le côté ambiant de Thomas Fanger et Mario Schonwalder. C'est un autre voyage au cœur de la Berlin School avec des rythmes minimalistes qui croissent sournoisement sur des mouvements de séquences roulant en boucles et des moments atmosphériques où les synthés et effets sonores sont les maîtres de notre lucidité. Un autre bel album qui confirme toute l'importance de Mario Schönwälder, et de cette surprenante collaboration avec Thomas Fanger, dans l'univers de la MÉ contemporaine.
Avec ses fins arpèges qui scintillent dans un néant strié de passages flûtés, "The Art of Sequencing Part I" semble s'être sauvé des sessions de Mirage de Klaus Schulze. Le mouvement est délicat, onirique avec ces accords qui voltigent dans un univers flûté. Pour cette longue épopée musicale, le duo Allemand va aux confins des sonorités analogues de la Berlin School vintage pour moduler 2 superbes parties vitaminées par de bonnes doses de Mellotron ainsi que de lourdes et longues couches et lignes de synthés qui s'agrippent aux fines pulsations rythmiques telles des ventouses scintillantes grugeant le tempo. La délicate ligne cristalline de l'ouverture s'estompe dans les harmonies éthérées des synthés aux arômes flutés et laisse son rythme toujours aussi évasif à une ligne de basse séquencée qui éparpille ses ions sauteurs dans un délicat mouvement furtif. Un mouvement qui emmagasine les sautillements épars et les ions égarés sur la route du rythme, mélangeant ces éléments rythmiques qui sautillent et entrecroisent leurs tonalités dans un chassé-croisé rythmique qui tournoie avec délicatesse en une envoutante spirale ascendante. Si le rythme minimaliste engraisse constamment sa profondeur, les harmonies ne sont pas en reste. Tout d'abord, le Mellotron étend flûtes, brumes et chœurs, tous de tonalités angéliques, dans une belle peinture harmonique que des solos spectraux et torsadés et des ondes flottantes et enveloppantes caressent dans une embellie harmonieuse unique à l'univers de la MÉ. "Zwischenton" change de registre avec une approche plus atmosphérique qui débute sur des gargouillis de baleines venant au-delà du réel. C'est un mouvement linéaire aux multiples effets sonores qui mélange les éléments cosmos et terrestres sur de belles modulations d'un synthé qui est jumelé à un piano nostalgique. Un titre à la fois magique et reposant, c'est aussi un prélude à "The Art of Sequencing Part II", qui épouse le même pattern rythmique que Part I, mais en plus lourd, en plus fort. Le mouvement est fluide avec des ions d'un séquenceur nerveux qui sautillent dans le cercle rythmique de l'autre, alors que la flûte enveloppe ce ballet désarticulé d'une harmonie éthérée. Nous sommes toujours dans l'art du séquençage, autant que du minimalisme, avec cette procession de séquences qui dansent avec leurs ombres dans une rythmique finement saccadée où les ululements du Mellotron tissent un univers irréel dans lequel cahote des lignes de séquences qui n'en finissent plus de gambader dans une orgie de rythmes artificiels. C'est la magie et l'envoûtement total. Tant que l'on oublie d'où viennent les prémices de ces nappes de synthés qui hoquètent dans les harmonies d'un rythme qui n'en finit plus de séduire. Et c'est la débauche. Effets sonores, voix aux multiples intonations, solos aux formes inimaginables, et on sait tous que Fanger/ Schonwalder débordent d'imagination, flûtes, Mellotron, modulations aux tonalités frappées dans l'enclume, percussions xylophonées, séquences dédoublées, voix de sirènes traînantes et envoûtantes. Toute la gamme y passe et oui, les réminiscences de Tangerine Dream encadrent ce titre qui n'a pas trop de ses 33 minutes pour séduire. Selon moi, il s'agit du meilleur titre sur ce double album et du plus beau dans les deux premières œuvres du duo Fanger/ Schonwalder.
Le CD 2 nous amène vers un autre niveau. C'est un rendez-vous pour les amateurs de musique planante, de musique flottante. Surtout pour la portion du fameux spectacle au Liquidrom de Berlin. "Liquidrom Tape I" est un long mouvement atonal aux multiples effets de voix et effets sonores des fonds marins. De fines boucles modulaires infiltrent cette 1ière partie où des chœurs ténébreux se fondent à des solos fragmentés et aigus. Après la visite des carillons, on plane profondément dans un territoire dense où tintements et voix plus célestes nous attirent, comme des sirènes sous-marines sur un voile violoné hésitant. Tout aussi belle et nébuleuse, grâce à une superbe flûte enchantée, la 2ième partie est un mélange de beauté angoissante. Les lourdes nappes aux sonorités sombres qui bourdonnent constamment apportent une teinte obscure, alors qu'au-delà des frappes d'enclumes les voix célestes apportent de soyeuses raies qui croisent une turbulence des fluides. "Within a Real Dream" apporte un mouvement plus séquencé. L'intro est superbe avec ses longues nappes qui se fondent dans un décor obscur tout en moulant un rythme lent. Une séquence roule à fond de train vers la 8ième minute dans un mouvement animé qui est entouré d'un beau Mellotron flûté. Lourde la séquence ondule avec force sur des nappes et chœurs aux lourdes ondulations. Un mouvement intense qui rappelle les folies improvisées du Dream, surtout la séquence et la flûte, des années 70. Mais plus le morceau avance, plus ça ressemble à du RMI avec la guitare tranchante de Ed Kurtz et les séquences sautillantes qui donnent une illusion d'écho sur fond de rock électronique progressif.
Mario Schonwalder connaît le tabac et il sait comment étendre tous les ingrédients afin de forger les envoûtantes volutes hypnotiques des mouvements de la Berlin School. Il sait aussi greffer ces mouvements à ceux de groove que Thomas Fanger aime forger à partir du néant. Et les deux, ensemble, savent comment œuvrer afin de nous délivrer une autre surdose de vintage Berlin School. “Analog Overdose 2” est une pure réussite. C'est plus de 3 heures de musique électronique pure qui voyage entre les séquences et les ambiances. Tantôt violent (Within a Real Dream) et tantôt mélodieux, voire même nostalgique (Zwischenton), le duo Allemand étonne par l'étoffe de son imagination et la complicité grandissante qui unit 2 excellents musiciens. Et ce, juste pour notre plus grand plaisir.

note       Publiée le mardi 10 avril 2007

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Rudi › jeudi 22 août 2013 - 10:06  message privé !

C'est marrant moi pour le coup, je trouve The art of sequencing part 2 vraiment trop répétitif. Jusqu'à la caricature. Quel ennui.

gkar02300 › mardi 10 avril 2007 - 21:59  message privé !
Pour moi le meilleur album de la serie après le sublime 0.9
Note donnée au disque :