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Fanger & Schonwalder › Analog Overdose: The Ricochet Dream Edition

cd | 10 titres | 157:17 min

  • 1 CD 1 (78:12)
  • 2 Electronic Mirrors Chapters II-IV [ 28:10 (Live in Berlin Petrus-Kirche, 2002)]
  • 3 Encore [ 23:25 (Studio de Berlin, 2001)]
  • 4 Liquid Tape 6 [ 2:51 (Live in Berlin Liquidrom, 2002)]
  • 5 Ems No.1 [ 4:01 (Studio de Berlin, 2002)]
  • 6 Liquid Tape 3 (Sentimental Live Loops) [ 19:47 (Live in Berlin Liquidrom, 2002)]
  • 7 CD 2 (79:05)
  • 8 Liquid Tape 4 (The Liquid Art) [ 8:56 (Live in Berlin Liquidrom, 2002)]
  • 9 Liquid Tape 5 [ 16:27 (Live in Berlin Liquidrom, 2002)]
  • 10 10 P.M. At Bad Sulza [ 53:08 (Live in Bad Sulza, Toskana Therme, 2002)]

enregistrement

Composé et enregistré entre 2001 et 2002 en concert au Liquidrom de Berlin et à Bad Sulza Toskana et en studio à Berlin 2001

line up

Thomas Fanger & Mario Schönwälder (Synthétiseurs, séquenceurs, percussions électroniques, échantillonnages et effets électroniques)

Musiciens additionnels : Bas Broekhuis (Drums sur 10 P.M. At Bad Sulza)

chronique

Voilà une édition spéciale qui a passée sous bien des oreilles. “Analog Overdose: The Ricochet Dream Edition” chevauche les 2 premières parutions du projet de Thomas Fanger et Mario Schönwälder, AO1 et 2, avec un mélange de titres joués en concert et des sessions d'enregistrements studio. La missive annonce les couleurs du messager et la musique de Fanger et Schönwälder est une véritable incursion dans les sphères analogues des années vintages et répond fort bien aux préceptes du label américain Ricochet Dream qui se concentre sur les œuvres électroniques sombres et expérimentales. Des œuvres qui s'inspirent des années Rubycon et Phadrea de Tangerine Dream; groupe phare et principale raison d'exister du label de Vic Reck. Et cette édition spéciale d'Analog Overdose nous présente un côté plus obscur et plus progressif de Fanger et Schönwälder avec de fortes ambiances chtoniennes qui flottent comme des murmures d'outre-tombe sur d'intrigantes et fascinantes approches expérimentales qui si ont le dessus sur les harmonies, baissent la garde devant d'impétueux mouvements de séquences. Comment les entrailles d'une terre aride peuvent embrasser les corridors cosmiques? C'est la question que l’on se pose en écoutant "Electronic Mirrors Chapters II-IV" interprété au Berlin Petrus-Kirche en Février 2002, et "Encore", enregistré en studio en 2001. L'intro est parasitée d'explosions feutrées, de souffles de soufre, de striations criantes et des bips de ballaste de sous-marins. Bref un essaim de tonalités aussi éclectiques que contradictoires et infernales qui semblent s'extirper des entrailles d'un univers en fusion. On nage dans l'ambiant chtonien avec des chœurs sombres qui fredonnent dans des vents creux alors que des tonalités prismiques et des lignes de Mellotron malfamées soufflent et s'égarent dans des brises cosmiques. Nous sommes dans les phases purement ambiantes de Fanger et Schönwälder. Et graduellement l'obscurité fait place à une douceur astrale où soufflent et chantent des souffles de Mellotron oniriques qui sillonnent des plaines bleues, là où se terrent de délicats arpèges dont les mélodies impromptues ornent une finale peinturée de son cachet abstrait. "Encore" se colle autant à la finale que la structure de "Electronic Mirrors Chapters II-IV", comme un prolongement de ses ambiances méphistophéliques. À tout le moins, ses 7 premières minutes. Après? C'est le rythme noir. Un rythme résonnant de son timbre rogue où hoquètent des ions sauteurs dont les ruades saccadées oscillent dans les mélodies philarmoniques des synthés. Des mélodies qui hurlent comme des vents insoumis sur un squelette rythmique soutenu de ses ions entêtés. Ces ions forcent le rythme à palpiter férocement pour une dizaine de minutes sous une kyrielle des couches de synthés et de souffles de Mellotron qui échangent leurs harmonies, chœurs noirs et brumes irisées jusqu'à la diminution du squelette dont l'intensité s'est tut sous un concert cacophonique de flûtes et clairons qui sont très près des terroirs ambiants de Force Majeure. "Liquid Tape 6" et "Ems No.1" sont deux titres expérimentaux ambiosphériques alors que "Liquid Tape 3 (Sentimental Live Loops)" étend les premières véritables harmonies de “Analog Overdose: The Ricochet Dream Edition” avec une version plus cosmique, parce plus allongée, du superbe Sentimental Moods de AO1, joué au Liquidrom de Berlin en 202. Superbement délicieux, on nage à plein dans les ambiances analogues de Klaus Schulze. Le CD2 nous replonge dans les ambiances psychédélicosmiques du premier CD avec "Liquid Tape 4 (The Liquid Art)" et "Liquid Tape 5", tous deux enregistrés lors du concert de Liquidrom. Si la 1ière partie est purement d'ambiances, avec des prismes musicaux qui tintent et virevoltent dans des contre-courants et les remous des vents sphéroïdaux aussi sombres que les chœurs abscons, la 2ième partie offre une délicieuse structure de rythme cosmique. Le séquenceur libère des ions qui tambourinent une fine approche cadencée où le rythme est aussi asservi que les gargouillements des synthés le sont par une forte ambiance interstellaire. On y entend certes des ions plus féroces grogner et tenter d'éroder la ligne du rythme, sauf que le filet est aussi coriace qu'un fil de plomb et il maintient cette phase de rythme morphique en équilibre avec son environnement cosmique nourri par des lignes de synthé dont les tonalités informes ne portent même pas ombrages aux chœurs célestes. C'est un très bon mid-tempo psybient. Enregistré lors du célèbre concert au Toskana Therme de Bad Sulza, en Allemagne, "10 P.M. At Bad Sulza" est le joyau de cette édition spéciale de Ricochet Dream. Morphique, l'intro étend ses voiles vampiriques sur les 4 premières minutes avant que nos oreilles se familiarisent avec des ions sautant dans l'ombre de leurs prédécesseurs. Le rythme devient corsé avec cette poignée d'ions forgeurs de rythmes minimalistes qui sautillent avec obstination sur un mince tracé rythmique qui ne permet aucun débordement. Et les lignes de synthé plus vaporeuses qu'harmonieuses recouvrent ce rythme en même temps que les sobres percussions, alignant "10 P.M. At Bad Sulza" vers un rythme linéaire assombri par des chœurs obscurs. Des lignes de flûtes cernent le mouvement linéal, infusant des formes de solos imprécis qui chantent au-dessus d'une grisaille rythmique. Le séquenceur vient en renfort et libère d’autres ions dont les sauts plus en chassé-croisé brisent la grise monotonie d'un rythme Teutonique qui oscille maintenant d'un tracé rythmique contigu avant d'être gobé par la patience des synthés vers la 24ième minute. Et c'est une valse ambiosphérique qui recueille notre attention pour les 12 prochaines minutes avant que le rythme ne renaisse. Plus fort et plus musical, il sautille et gambade avec ferveur sous des brises de synthé dont les approches chloroformées finissent par en dompter la vivacité vers la 45ième minute, amenant "10 P.M. At Bad Sulza" dans les douillets caprices nocturnes de Morphée. Toute une finale pour une œuvre qui est le paradis sonique pour tout amateur de MÉ analogue.

note       Publiée le mardi 20 août 2013

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