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Fanger & Schonwalder › Analog Overdose 5

cd | 9 titres | 77:14 min

  • 1 Ringbahn [ 7:42]
  • 2 Schöneberg [ 5:00]
  • 3 Geisterbahnhof [ 11:40]
  • 4 Wannsee [ 5:09]
  • 5 West-Tangente [ 8:09]
  • 6 Zentralflughafen [ 5:45]
  • 7 Wintergarten [ 5:13]
  • 8 Funkturm [ 5:59]
  • 9 Frankfurter Allee [ 22:36]

line up

Thomas Fanger & Mario Schönwälder (Synthétiseurs, séquenceurs, percussions électroniques, échantillonnages et effets électroniques)

Musiciens additionnels : Lutz Ulbrich (Guitares)

chronique

Styles
ambient
musique électronique
techno
Styles personnels
new berlin school

Le tout premier Analog Overdose (MRCD 7060) laissait miroiter la très grande diversité du duo Fanger et Schönwälder pour exploiter les différentes formes de la MÉ contemporaine. Toujours très influencés par le style rétrograde de la Berlin School, Thomas Fanger et Mario Schönwälder exploitaient aussi les phases du rock progressif allemand avec le guitariste Lutz Graf-Ulbrich, figure emblématique du Krautrock et membre du groupe Agitation Free, ainsi qu'une MÉ axée sur l'Électronica avec de légers mouvements de groove. Près de 13 ans plus tard, Lutz Graf-Ulbrich revient prêter ses 6 cordes magiques au célèbre duo qui profite ainsi de l'occasion pour littéralement faire une incursion dans des genres que l'on croyait enterrés. Timidement, "Ringbahn" démarre l'aventure “Analog Overdose 5” avec un rythme ondulatoire qui galope fragilement sous une pluie de lamentations métalliques. Des pleurs de guitares éraflent ce rythme un brin minimaliste qui agrémente sa membrane hypnotique avec un superbe jeu de séquences dont les saccades entrecroisées dansent avec de sobres percussions électroniques. Les ambiances sont tissées dans le charme avec des mélodies éparses et incomplètes, soufflées par une délicate flûte artificielle, et ces riffs de guitare de Lutz Graf-Ulbrich qui roulent en boucle comme à la belle époque des techno Teutoniques de Ashra Temple. On aime? On aimera pour certain le très audacieux "Geisterbahnhof" qui a aussi la bougeotte techno zombie, avec un très bon jeu de percussions, mais dans une ambiance beaucoup plus éthérée, notamment avec une belle flûte aux envoutant parfums psychédéliques. "Schöneberg" oscille entre violence et douceur en offrant un rythme plus lourd. Un genre de croisement entre du funk et du hip-hop qui sautille dans des percussions au fort débit saccadé et des séquences finement stroboscopique. L'enveloppe sonique est toujours dense avec des synthés et guitare qui lancent des menaces électroniques alors qu'un délicat clavier lance des airs rêveurs. "Wannsee" est un beau down-tempo, assez lent et très mélodieux alors que "West-Tangente" est un bon Berlin School avec un rythme stationnaire forgé dans des séquences oscillatrices qui papillonnent sous un ciel sonique peinturé de souffles bleus. Les amateurs de Tangerine Dream seront en terrain connu. Rythme de plomb, séquences agiles et mélodies éthérées, "Zentralflughafen" enchante l'ouïe dès la première écoute. C'est encore plus martelant que "Ringbahn" et le jeu de Lutz Graf-Ulbrich nous ramène indéniablement dans les chants stylisés de Manuel Gottsching. Après le très ambiant "Wintergarten", "Funkturm" remet en scène le brillant jeu de Graf-Ulbrich dans une approche encore plus martelante et funky que "Schöneberg". C'est du bel électronica avec un bon zest de Berlin School. Composé sur le vif, lors d'un voyage en auto vers Berlin, "Frankfurter Allee" met à jour toute les possibilités technologiques avec des iPads afin de créer un fascinant 22 minutes de MÉ qui plonge au cœur des années Ashra. Minimaliste, le rythme est vertical. Un genre de techno cosmique où les séquences et percussions exploitent un rythme sobre qui est savoureusement épicé par une Gibson SG dont la dextérité de Lutz Graf-Ulbrich réussit à harmoniser des solos et des riffs méticuleusement éparpillés sous des couches de synthé aux arômes très éthérés. C'est déjà terminé que l'on se demande ce qui s'est passé. “Analog Overdose 5” est tout simplement magique! Le duo Fanger et Schönwälder réussit toujours à charmer et ce même si leur musique reste dans un créneau de déjà entendu. La force de cette dernière parution réside dans ce très bon maillage des styles qui coulent comme un documentaire sonique sur les différentes phases évolutives du mouvement de la MÉ Allemande. Et, faut le dire, Lutz Graf-Ulbrich nous amène au pays d'un Ashra qui joue tant sur des structures progressives que de danse cosmique. Très bon! Mais peut-on s'attendre à autre chose de la part de Thomas Fanger et Mario Schönwälder?

note       Publiée le samedi 24 mai 2014

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