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Claude Debussy (1862-1918) › Préludes I et II / Images I et II / Children's corner

36 titres - 129:05 min

  • PRELUDES (1er LIVRE) - 1/ I. Danseuses de Delphes - 2/ II. Voiles - 3/ III. Le vent dans la plaine - 4/ IV. "Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir" - 5/ V. Les collines d'Anacapri - 6/ VI. Des pas sur la neige - 7/ VII. Ce qu'a vu le vent d'ouest - 8/ VIII. La fille aux cheveux de lin - 9/ IX. La sérénade interrompue - 10/ X. La cathédrale engloutie - 11/ XI. La danse de Puck - 12/ XII. Minstrels - CHILDREN'S CORNER - 13/ I. Doctor Gradus ad Parnassum - 14/ II. Jimbo's Lullaby - 15/ III. Serenade for the Doll - 16/ IV. The Snow is Dancing - 17/ V. The Little Shepherd - 18/ VI. Golliwogg's Cake-Walk - PRELUDES (2e LIVRE) - 19/ I. Brouillards - 20/ II. Feuilles mortes - 21/ III. La Puerta del Vino - 22/ IV. "Les fées sont d'exquises danseuses" - 23/ V. Bruyères - 24/ VI. "General Lavine"-eccentric - 25/ VII. La terrasse des audiences du clair de lune - 26/ VIII. Ondine (3:23) - 27/ IX. Hommage à S. Pickwick Esq. P.P.M.P.C. - 28/ X. Canope - 29/ XI. Les tierces alternées - 30/ XII. Feux d'artifice - IMAGES I - 31/ I. Reflets dans l'eau - 32/ II. Hommage à Rameau - 33/ III. Mouvement - IMAGES II - 34/ I. Cloches à travers les feuilles - 35/ II. Et la lune descend sur le temple qui fut - 36/ III. Poissons d'or

enregistrement

Images et Children's corner : Residenz, Plenarsaal der Akademie der Wissenschaften, Münich, Allemagne, du 25 juillet au 3 août 1971. Préludes (1er livre) : Musikhalle, Hamburg, Allemagne, les 27 et 28 juin 1978. Préludes (2e livre) : Rudolf-Oekter-Halle, Kleiner Saal, Bielefeld, Allemagne, août 1988.

line up

Arturo Benedetti Michelangeli (piano).

remarques

Attention ! L'interprétation par Arturo Benedetti Michelangeli doit vraiment être privilégiée pour une première approche. C'est bien simple, la sonorité fluide, décantée, éthérée, du pianiste italien, son jeu imposant les questionnements les plus profonds et les couleurs les plus subtiles à cette musique, ont formé l'oreille de toute une génération de mélomanes au piano de Debussy, et restent encore aujourd'hui la référence absolue, dans un répertoire qui est pourtant l'un des plus universellement aimés et interprétés par les pianistes du monde entier (discographie aux proportions démentielles, qui s'enrichit très régulièrement depuis des décennies de gravures nouvelles...) Le seul regret est que le maître italien n'ait pas enregistré les Etudes de Debussy, ou les autres chefs-d'oeuvre en miniatures que sont Masques, Estampes, Hommage à Haydn, Berceuse héroïque, L'Isle joyeuse, etc. Vous devrez donc ensuite vous tourner vers d'autres interprétations.

chronique

Styles
musique classique
moderne
Styles personnels
moderne/piano

Claude Debussy est l'homme qui a inventé le piano moderne. Liberté rythmique et mélodique absolue, harmonies nouvelles et envoûtantes, paysages musicaux en forme d'impressions indicibles et bouleversantes... Bien sûr, ces caractéristiques ne sont pas propres à sa musique pour piano, elles existent aussi dans sa musique de chambre et ses pièces pour orchestre. Pourtant, à titre personnel, je n'ai jamais ressenti cette magie d'une manière aussi intense qu'ici : peut-être parce que l'instrument soliste est propice à la recherche d'une plus grande intimité, peut-être à cause du timbre du piano, dont la richesse est exploitée avec un raffinement ensorcelant. Peut-être aussi parce que dans beaucoup de ces pièces, composées pour être jouées non pas en salle de concert, mais "entre quat'z yeux", on a tout le loisirs de se laisser aller à la mélancolie la plus introspective et la plus profonde. Peut-être... Cette musique est plus que du "piano moderne", qui recueille en même temps l'héritage d'un Chopin et d'un Satie, pour s'élever vers des sommets tellements plus hauts que la neige et le brouillard les rendent inaccessibles ; elle est plus qu'une musique qui a à un point tel révolutionné l'instrument qu'on en entend parfaitement les échos chez les jazzmen d'aujourd'hui (Bill Evans, Keith Jarrett, Brad Mehldau...) aussi bien que chez un Mompou ou un Ligeti ; elle est plus que cette fameuse musique "impressionniste" qui trouve ses correspondances évidentes chez les peintres de l'époque (le génie de Debussy a d'ailleurs été reconnu plus tôt par eux que par ses collègues musiciens) ; oui, elle est plus que tout cela... Elle constitue une expérience exaltante à vivre pour elle-même. Bien entendu, dans ce répertoire plus encore que dans n'importe quel autre, les mots ont peu de poids pour évoquer la musique : trouble des contours, allusions descriptives fugaces, jeux de frictions de timbres et d'harmonies, envols des mélodies, rythmes insaisissables... et surtout, surtout, l'émotion, la nostalgie poignante qui au détour d'une phrase vous enserre le coeur, la confusion des sentiments que l'on remarque tout d'abord à peine, mais qui vous fait frissonner ou vous met au bord des larmes lorsqu'elle se fait entendre au moment propice, crépuscule, pensée de l'absence d'un être cher... Ainsi le recueil des "Images" va-t-il bien au-delà de la simple évocation sous-entendue par le titre de chacune des pièces : "Reflets dans l'eau", "Cloches à travers les feuilles"... c'est une tristesse douce-amère qui en émane, aussi bien que le regret d'une enfance perdue, mais sans l'urgence ou l'inquiétude : la souplesse du discours et la beauté de ses circonvolutions sont telles que la guérison vient en même temps que la blessure. Même chose pour "Children's corner" : description du monde de l'enfance, bien sûr, mais d'un monde idéalisé, où la palette des couleurs et des sensations est infiniment plus vaste que celle du monde adulte : "le vert paradis des amours enfantines" décrit par Baudelaire, exactement : "Doctor Gradus ad Parnassum", "The snow is dancing"... le souvenir de ces instants à lui seul suffit à me coller des frissons. Et il en va de même pour les Préludes : les notes plongent dans d'obscures abysses ou s'envolent en myriades d'hirondelles, retentissent comme un celesta divin ou s'enroulent frénétiquement sur elles-mêmes dans un mouvement spiralé... l'abstraction du geste ne nuit jamais à l'éclat infini de ces nymphéas musicaux : "Voiles", "Des pas sur la neige", "Ce qu'a vu le vent d'ouest"... Et les accords solennels de "La cathédrale engloutie" dont les échos sont répercutés à l'infini dans des eaux si calmes... Je vous envie vraiment si vous ne connaissez pas encore ces pièces ; il vous reste à vivre la formidable et extatique expérience de leur découverte. Si je ne devais garder que trois disques de musique classique pour m'embarquer sur cette fabuleuse "île déserte" (l'Isle joyeuse ?), celui-ci ferait assurément parti du lot.

note       Publiée le dimanche 1 janvier 2006

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heirophant › lundi 28 septembre 2020 - 12:20 Envoyez un message privé àheirophant

Le style de Debussy a infusé toute la musique pour piano après lui. On retrouve son influence absolument partout, des pubs pour shampooing à Joe Hisaishi. Un peu comme Chopin. Dans les deux cas, mieux vaut s'en tenir aux géniteurs.

Note donnée au disque :       
dimegoat › lundi 28 septembre 2020 - 09:14 Envoyez un message privé àdimegoat

Je le sens plutôt comme une infusion de ses harmonies dans la musique contemporaine au sens large. À certains (rares) moments j'ai même sursauté sur des plans totalement Monk.

nicola › dimanche 27 septembre 2020 - 09:57 Envoyez un message privé ànicola

Tu as peut-être entendu sa musique dans des reportages ou des réclames.
— Alors les gars, aujourd’hui on doit vendre un shampooing.
… tempête dans un neurone
— On met un fond avec des vagues ?
— Vendu, ça roule !
… tempête dans un autre neurone
— Oui, mais la musique ?
… Google→vagues→Woolf
— C’est qui, ça ? Ça ne s’écrit pas comme ça, un loup. Attends, je vais essayer autre chose.
… Google→mer→tiens, Debussy
— Debussy, La mer, ça vous va ?

dimegoat › dimanche 27 septembre 2020 - 08:32 Envoyez un message privé àdimegoat

Je découvre le piano de Debussy, en particulier le 1er livre des Préludes, avec un étrange sentiment familier. J'imagine que les compositeurs/arrangeurs de variété ou de musiques de films des XXe-XXIe lui ont tout pompé.

Moonloop › lundi 5 novembre 2012 - 14:03 Envoyez un message privé àMoonloop

"Mais? Petit-pèrisez-vous vous mêmes!" @Arno: J'ai exploré ce forum il y a petit moment déjà, jusqu'à en être effectivement ressorti plus confus qu'avant... Bon je sens qu'il va se jouer aux dés celui-là... EDIT: Et puis, Abbado, c'est très bien finalement...

Note donnée au disque :