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Raksha Mancham › Phyidar

cd • 22 titres

  • 1Om
  • 2Fight
  • 3Mahabad
  • 4Tribal war (Armenian nightmare)
  • 5Waiting for someone who's already gone away (Bön version)
  • 6Nostalghia
  • 7The pornography of despair
  • 8Portrait in black (to the very end of dead oceans) Ngweko
  • 9Aborigenee
  • 10Karma (Aphrodite and Lung-Ta)
  • 11Chu-Shi Kang-Druk
  • 12Kepulauan (Timor and Papua)
  • 13The prisoner (Geshe Lobsang Wangchuk)
  • 14The last days of Khay Wangdi
  • 15Tchin-Tabaraden - The valley of the beautiful girls
  • 16The last Human / the last Indian
  • 17The way to the abyss
  • 18Wounded knee (28.12.1890)
  • 19Chams
  • 20Kepulauan (Chamkas)
  • 21Fight (Deir Yasin - the rape of Palestine)
  • 22Durdag (Gyaltsen)

enregistrement

Poky Tapes, Dark Tapes, Etage Ion Studio, entre 1987 et 1992

line up

Astarté, Djö-Ph'rwa, Dta-Wa-E the dark Khampa, Mig mTin, Naldjorpa, Yaris Son Gündür (chant, guitares, basse, synthés, claviers, violoncelle, violon, percussion tunisiennes, égyptiennes, tibétaines, flûtes, cymbales tibétaines, clochettes, mandoline, marimba, hautbois turc, xylophone camérounais, conque tibétaine, samples, percussions métalliques, cor tibétain, piano, tambours rwandais, djembe, flûte de pan, etc

remarques

Existe en édition limitée (108 ex.)

chronique

Styles
indus
world music
Styles personnels
indus éthnique

Raksha Mancham est un groupe belge qui s'est formé pour défendre la cause tibétaine (les bénéfices de tous leurs disques sont versés au Tibetan Youth Congress) et par extension celle de toutes les minorités ethniques persécutées à travers le monde. Pas d'ambiguïté avec eux, chaque livret contient une mine de renseignements sur les motivations de l'album et l'inspiration de chaque morceau. Raksha Mancham se décrit comme un groupe ethnique dont la démarche est à la fois musicale et politique. Ce premier album est probablement le plus influencé par l'industriel. Comme l'écrit le groupe lui-même, les percussions en sont l'élément central (vu leur importance dans nombre de cultures). Les rythmes sont assez primaires, souvent binaires, dans le but de permettre à chacun de retrouver une sorte de beat primal intérieur. La mélodie ne semble pas être un élément essentiel malgré l'impressionnant arsenal d'instruments, traditionnels ou modernes, utilisé ; quelques accords de synthé, des grincements de guitare, quelques sons de flûte, des samples... Le chant quant à lui se veut tantôt agressif, scandé, avec pour but de délivrer un message, tantôt axé sur des structures ethniques. Si l'invasion du Tibet tient la place centrale, sont évoqués également les génocides Kurdes, Arméniens, les atteintes aux Aborigènes... Bref, rien de bien gai, ce que Raksha Mancham (Danse du Jugement des Morts) assume pleinement. Ce mélange de colère industrielle et d'éléments ethniques s'avère plutôt intéréssant et 'Phyidar' contient quelques beaux moments ('The way to the abyss', 'Fight', 'Chams' ou 'Kepulauan') mais force est de reconnaître que vu les structures minimalistes des morceaux, vingt-trois titres à la suite (même si certains sont très courts) peuvent lasser un brin. Si la construction rythmique sonne parfois un peu maladroite ou simpliste, elle à l'avantage de conserver un aspect brut, pas trop policé qui sied bien à la démarche artistique du groupe. Je m'étonne pourtant que vu l'importance des beats, ils ne soient pas plus agressifs ou mieux mis en valeur au mixage. Ces quelques défauts n'empêchent pas 'Phyidar' d'être un disque plutôt agréable et intéressant, d'autant que les membres de Raksha Mancham connaissent leur propos et semblent bien renseignés. Qui plus est, l'acheter contribue à la sauvegarde de la culture Tibétaine, ce qui me semble une bonne manière de joindre l'utile à l'agréable... chacun jugera selon ses valeurs.

note       Publiée le lundi 12 avril 2004

chronique

Styles
indus
world music
Styles personnels
cri du monde

Raksha Mancham appartient à la terre des Hommes et tient à le faire savoir. Dès les premières lignes du copieux livret peut-on lire “Raksha Mancham's approach is political.” Chaque titre, du premier au dernier, est accompagné d'un long paragraphe révélant un conflit, un massacre, une urgence passée ou présente dans laquelle un être humain ou un peuple entier s'est retrouvé banni, rejeté, torturé ou exterminé pour des raisons ethniques, politiques ou religieuses. Les chinois et les américains en prennent pour leur grade ; heureusement, en guise de respiration au milieu de ce bain de sang, de simples phrases poétiques ou singularités tribales sont parfois sources d'inspiration, comme pour 'Nostalghia', 'Ngweko' (un rituel d'initiation sexuel Massaï) ou 'Chams' (une danse bouddhiste). Depuis le génocide arménien jusqu'à l'oppression des tibétains en passant par le massacre des amérindiens et des aborigènes, toutes les horreurs amoindries par l'indétrônable image de la Shoah sont ici ravivées et retranscrites dans l'éther. Musicalement, les rythmiques sont rèches et directes, vierge de toute réverbération ou autre effets ; les constructions sont simples et répétitives, inspirées des musiques traditionnelles ou sacrées quand elles ne sont pas directement rentre-dedans et accompagnées de textes, chantés, lus ou hurlés : poésies, chuchotements, souffles ou extraits de livres. Quelques synthés viennent souligner ou accentuer un état, se glissant si besoin derrière un chant monastique tibétain plus par souci de cohérence thématique que par volonté d'emphase spirituelle. La comparaison avec certains albums de Von Magnet est assez pertinente, tant sur le fond que sur la forme ; cette volonté d'en découdre avec le monde moderne et son écrasant cartésianisme, ce refus de la fatalité à travers la plongée dans le pire de l'homme pour croire en sa rédemption spirituelle. Ceci dit, Raksha Mancham garde une particularité : les instruments utilisés sont pour la plupart ceux des tribus ou peuples concernés. Ils sont les voix qui s'élèvent, ils sont les témoins et les annonciateurs ; et l'usage de multiples instruments sacrés (tibétains et égyptiens pour la plupart) n'est bien évidemment pas fortuit. Des timbres ethniques empruntés momentanément à leurs propriétaires deviennent châssis ou pupitres pour cris d'alarmes ou poésies engagées, et sans atteindre la violence de leur one-shot 1,200,000 Dead Tibetans (un nom qui en dit long) ni la richesse ou l'universalité des hymnes les plus récents de Von Magnet, le résultat final reste fatalement évocateur et original. Un peu plus de profondeur aurait été bienvenu au niveau purement artistique pour que les titres s'enchaînent avec moins de régularité mais l'engagement politique est tel qu'il devient rapidement difficile – et inutile - de vouloir séparer l'un de l'autre.

note       Publiée le dimanche 13 septembre 2009

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Note moyenne        2 votes

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Twilight › lundi 14 septembre 2009 - 19:52  message privé !
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Volontiers car je ne me sens pas le courage de faire Von Magnet...je risque d'y passer un temps fou. ^^

Wotzenknecht › lundi 14 septembre 2009 - 18:53  message privé !
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Von Magnet non plus, mais ca se répare facilement.

nicola › lundi 14 septembre 2009 - 18:27  message privé !

1,200,000 Dead Tibetans n’est pas chroniqué, d’ailleurs.

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › dimanche 13 septembre 2009 - 21:49  message privé !
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merdalors ! tu l'avais déjà chro ! my mistake...