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Franz Schubert (1797-1828) › Stabat mater

14 titres - 58:54 min

  • Stabat Mater D383 pour soli, chœur et orchestre
  • 1/ Chœur
  • 2/ Aria (soprano)
  • 3/ Chœur
  • 4/ Duo (soprano et ténor)
  • 5/ Chœur
  • 6/ Aria (ténor)
  • 7/ Chœur
  • 8/ Aria (basse)
  • 9/ Chœur
  • 10/ Trio (soprano, ténor et basse)
  • 11/ Trio (soprano, ténor et basse)
  • 12/ Chœur
  • Offertorium D963
  • 13/ Pour ténor, chœur et orchestre
  • Magnificat D486
  • 14/ Pour soli, chœur, orchestre et orgue

line up

Sheila Amstrong (soprano) ; Hanna Schaer (Alto) ; Alejandro Ramirez (Ténor) ; Philippe Huttenlocher (Baryton) ; Philippe Corboz (Orgue) ; Jean-Paul Goy (Hautbois) ; Ensemble Vocal de Lausanne ; Orchestre de Chambre de Lausanne ; Michel Corboz (direction).

remarques

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique sacrée-romantique

On pouvait attendre d’un auteur comme Schubert un Stabat Mater mélancolique, magnifiquement mélodique, doux et affecté, mais aussi avec ses élégances, ses emportements et ses lumières joyeuses : l’œuvre est bien tout cela. Elle peut être considérée comme bipartite : une première partie, douloureuse et lente, s’étendant du chœur initial à l’aria pour ténor, et une seconde, plus enjouée et religieuse, incluant le dévoué et puissant Amen final. L’ouverture lente est profondément triste ; de longs accords aux cordes, l’un après l’autre, appuyés et pesants malgré la légèreté des archets. L’entrée de chœur est retenue mais massive, implacable. Plus délicat mais tout aussi émouvant, l’aria pour soprano débute sur un thème de hautbois comme seul Schubert le Mozart mélancolique savait en tisser. La voix y est magnifiquement traitée, à la fois expressive et tempérée, à la recherche de l’émotion dans les inflexions, et les délicatesses merveilleuses de la partition. On retrouvera dans le magnifique chœur qui constitue la cinquième pièce toute la douceur grave et triste des chants nocturnes du compositeur… voix d’anges, chœur de chasseurs recueillis, saillis d’un cor soliste aux accents forestiers. Comme en clôture de cette première partie, l’aria pour ténor reprend le vocabulaire du précédent pour soprano, hautbois et mélodie, lenteur et peine. Schubert fait souvent durer ses notes pour mieux exprimer et sortir sa tristesse, dessiner le travail temporel de la douleur. Il utilise les plans et les différentes intensités mais ne les explosent jamais vraiment, assurant ainsi à l’ensemble fluidité, souplesse et matière, le rendant très enveloppant. Du chœur numéro 7 au final, Schubert exprime plus avant sa foi et l’espoir qui en découle. Comme dans nombre de requiem, ou de Stabat Mater, l’aspect religieux de la pièce imprime immanquablement à la musique lumière et ferveur. Les arias retrouvent tout de même la douceur et la délicatesse mélodique du compositeur et s’ils sont souvent tournés vers la lumière, leur beauté dévouée et affectée n’est pas sans émouvoir. Ainsi les flûtes et le hautbois dans le trio numéro 10 finissent-ils par infléchir le cours de la musique vers une mélancolie palpable et merveilleuse. Malgré ses lumières, ce Stabat Mater de Franz Schubert n’en demeure donc pas moins une œuvre d’une grande force émotionnelle. Gracieux, douloureux ou plus réjouissant, il ne s’impose peut-être pas au sommet des œuvres de pures ténèbres, mais bien haut dans la musique en tout cas.

note       Publiée le samedi 28 septembre 2002

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julius_manes › vendredi 9 septembre 2011 - 11:58  message privé !

J'ai la même "version", tiens... et le seul "Stabat mater (dolorosa)" que je connaisse. C'est fou le nombre de compositeurs que ce poème du XIIIe siècle a pu inspirer. Bon, en même temps, on peut comprendre que le thème soit "fédérateur" (pour les époques concernées en tout cas) : celui-ci évoque la souffrance de Marie lors de la crucifixion...
Ceci ne répond pas à la question suivante : pourquoi je n'arrive pas à mettre cette oeuvre (et la musique classique en général) au même plan que la musique populaire moderne? Est-ce une question de culture, de sonorités, de "virtuosité"... ou bien un peu de tout cela à la fois?

Note donnée au disque :