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Canaan › Il giorno dei campanelli

cd • 14 titres

  • 1Canzone per il nemico
  • 2Se un giorno
  • 3Libero ?
  • 4Dimmi
  • 5Un mosaico in bianco e nero
  • 6Il sogno di un'anima
  • 7Esistere
  • 8Resa senza condizioni
  • 9L'assenza di pace
  • 10Soltanto paura
  • 11Dentro la scatola
  • 12Scegliendo il solco sbagliato
  • 13La lunga strada
  • 14Due specchi

enregistrement

Noise Factory Studio, Milan, Italie, 2012-2016.

line up

Mauro (chant, effets, clavier, samples), Alberto (basse, samples), Nico (effets, samples)

remarques

https://canaan.bandcamp.com/

chronique

Canaan doit bien être le seul groupe à te donner envie de rester dans ta chambre capitonnée malgré la porte grande ouverte; ‘Il giorno dei campanelli’ pue le disque chiant à des lieues: lenteur, manque de rythmes, dépouillement et pourtant on s’y glisse confortablement, on s’y recroqueville dans un processus proche de la phagocytose. Ce groupe manie l’art de la mélancolie avec une telle aisance et un naturel si insolent qu’on l’endosse comme une nouvelle peau, un manteau chaud et classieux. La trame du disque demeure la voix, elle égrène plus qu’elle ne chante ses réflexions philosophiques, ses rapports à l’incompréhension et au désenchantement d’une manière tranquille, parfois lacérée d’effets comme un ectoplasme égaré hors de l’âme de son hôte, parfois juste humaine, résignée à la limite de la sérénité. Derrière elle, des nappes tristes, des crissements, des notes de piano fraîches, quelques beats toujours lents, tantôt lourds, tantôt désordonnés, dressent des paysages monochromes. On a l’impression qu’il ne se passe pas grand chose alors qu’en réalité les murs de la cellule deviennent un écran sur lequel projeter des souvenirs d’enfance, des rêves, des espoirs, des désillusions, des deuils aussi. Chaque chanson paraît constituer la pièce d’un puzzle limité à son squelette, aucune n’est marquante plus que l’autre, chacune peut être écoutée pour elle-même. Canaan, c’est la résignation utilisée comme une arme, un constat plus qu’un combat mais dont on crée un jardin certes monochrome, certes semé de plantes inodores mais dans lequel on devine une beauté ou du moins un refuge où se reposer, se laisser aller les yeux fermés. Inutile de cacher que tout n’est pas essentiel, que quatre compos de moins n’auraient pas fait ciller mais rien n’est inutile pour autant; ces Italiens ont une manière tellement personnelle de disséquer les veines noires du spleen en se renouvelant sans cesse d’un album à l’autre. Celui-ci n’est pas le plus aisé bien qu’on y entre apparemment comme dans du beurre; y rester est plus complexe. Soit on ressent cet étrange voyage statique qui prend des teintes grises mais oniriques et séduisantes, rassurantes presque; soit on s’y ennuie. Et pourtant ‘Il giorno dei campanelli’ prouve que même une cellule capitonnée peut devenir un palais.

note       Publiée le mercredi 16 mars 2022

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