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Bohren & Der Club Of Gore › Geisterfaust

  • 2005 • Wonder WON 17 CD • 1 CD digipack

cd • 5 titres • 58:59 min

  • 1Zeigefinger
  • 2Daumen
  • 3Ringfinger
  • 4Mittelfinger
  • 5Kleiner Finger

line up

Morten Gass (basse, volume), Robin Rodenberg (contrebasse, basse fretless), Thorsten Benning (batterie, percussion), Christoph Clöser (guitare, vibraphone, saxophone)

remarques

chronique

"Boring und der club of gore"... Le jeu démo était facile, mais il faut bien avouer que selon l'humeur, avec ces allemands du "jazz en plus lent pour ceux qui trouvent le jazz chiant", c'est l'ennui ou la mort. Voire la petite mort. Et Geisterfaust, qui a l'air de bomber de la mollesse et du silence pour mériter le titre d'album le plus chiant de Bohren, semble paradoxalement - ou pas - le centre de gravité de leur discographie.

Un lieu où la mélancolie est si diffuse qu'elle se confond avec l'anhédonie. Où la mélodie est toujours analysée en slow-motion, bien sûr, mais dans un espace qui semble désormais aussi neutre que le vide de l'univers... qui est plein (du point de vue quantique du moins). Plein d'énergie, comme cette musique qui au premier abord en semble dépourvue, et résulter d'un conglomérat de musiciens aussi amorphes qu'escrocs, nous imposant une œuvre dans le plus pur style monochrome de Whiteman. Une musique dont le pouvoir délétère dépend d'abord de l'attention qu'on lui porte, un peu comme le fameux abîme de l'autre moustachu. Et du volume, bien sûr. Comme pour tout Bohren il est très facile de survoler cet album, d'échapper à son emprise d'un simple battement d'ailes, et donc de le trouver parfaitement inoffensif écouté d'une oreille distraite. Mais il nous attend. Sans bouger (ou presque). Un album dont le titre ("Poing-fantôme") va comme un gant. Qui d'une vibration de verre, d'une délicate note de rosée, d'un souffle transparent, sature l'air environnant. Domine par ses basses à l'assise de monastère millénaire. S'impose par ce son qu'on croirait vide, et qui pourtant est plein. Un. Film noir ? Non : trou noir. Aussi mat que sa singularité. Ambiance ? Non : sensation. Je ne visualise jamais rien de plus précis à l'écoute de Geisterfaust, aucun décor (même pas la pochette de Sunset Mission), aucune couleur (sinon la teinte crème de son emballage, qui comme tout emballage parasite la musique même avant écoute) : je ne fais que le ressentir, en me sentant comme le seul moine au monde. Ne plus penser. Ressentir. La pesanteur inhumaine de chaque grondement de cordes. L'ampleur de chaque tintement de cristal. La portée de chacune de ses ondes, qui se dispersent de la membrane sonore au noyau terrestre à travers le thorax... et se laisser engloutir.

Geisterfaust, ou le Bohren le plus subtilement vorace ? La pochette en indique le principe inexorable : celui d'une fleur qui s'ouvre - au rythme réel d'une fleur qui s'ouvre - et qui une fois ouverte accueille l'auditeur. Puis se referme sur lui comme sur une vulgaire mouche. Le jazz qui vous mange, patiemment, avec les instruments pour mâchoires. Et pour sucs digestifs le silence.

note       Publiée le mardi 10 mars 2020

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saïmone › vendredi 13 mars 2020 - 11:26  message privé !
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Tellement interminable que je ne me souviens même pas avoir entendu du saxophone dessus

Note donnée au disque :       
Raven › mercredi 11 mars 2020 - 16:02  message privé !
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Moins catchy, c'est certain ! Plus pancrace.

Note donnée au disque :       
boumbastik › mercredi 11 mars 2020 - 14:24  message privé !

Bohren catchy, oui ça m'a tout de suite sauté aux yeux ha ha ! Raison de plus pour y jeter une oreille. Je sens que ça va guincher.

born to gulo › mercredi 11 mars 2020 - 13:29  message privé !

C'est le plus trve, sûr.

Note donnée au disque :       
dimegoat › mercredi 11 mars 2020 - 13:22  message privé !

Moins catchy que les précédents, faut vraiment être dans le mood. Note que sur Guts, tu peux lire Bohren et catchy dans la même phrase.