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Bohren & Der Club Of Gore › Dolores

10 titres - 58:23 min

  • 1/ Staub (7:51)
  • 2/ Karin (3:37)
  • 3/ Schwarze Biene (8:11)
  • 4/ Unkerich (5:31)
  • 5/ Still Am Tresen (3:58)
  • 6/ Welk (6:18)
  • 7/ Von Schnäbein (3:56)
  • 8/ Orgelblut (6:12)
  • 9/ Faul (5:56)
  • 10/ Welten (6:53)

enregistrement

Dark Victory Studio, Mülheim an der Ruhr, 2008

line up

Christoph Clöser (saxo, piano, claviers), Robin Rodenberg (contrebasse), Thorsten Benning (batterie), Morten Gass (piano, mellotron, claviers)

remarques

http://www.bohrenundderclubofgore.de/

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
doom jazz

Les allemands de Bohren & Der Club of Gore nous reviennent après deux albums sur Ipecac, label qui aura su mettre en lumière toute la noirceur dont ce formidable groupe peut faire preuve. Esthètes en doom jazz, appellation que le groupe réfute totalement, le terme choisi correspond pourtant parfaitement à l’atmosphère véhiculée par leurs plages relativement longues et langoureuses, d’une lenteur habituellement pachydermique. On se souvient encore du choc "Black Earth" en 2004, puis "Geisterfaust" l’année d’après, portés à bout de bras par une infra basse à vous faire fissurer les doubles foyers, dans de longs développements cinématiques faisant passer pour entraînantes et guillerettes les musiques d’Angelo Badalamenti. "Dolores" ne fait pas exception à la règle, perpétuant un style unique, qui à force est devenu leur marque de fabrique. On constatera néanmoins quelques menues réorientations à l’entame de cette nouvelle publication : les développements sont moins longs, réduisant ainsi le temps d’exposition nécessaire à la mise en place d’une ambiance autrefois pesante à la limite de l'inimaginable. Les sonorités paraissent elles aussi moins obscures, dominées en première partie d'album par le vibraphone et des touches pastel prodiguées au clavier électrique, le saxophone n’apparaissant qu’en quelques endroits seulement ("Unkerich", "Still Am Tresen" et "Faul"). Si en terme de reconnaissance publique, il y eut un avant et un après "Black Earth", "Dolores" marque le pas dans la discographie de Bohren & Der Club of Gore, où l'immuable se dessine d'un trait ample et appliqué. Se laisser pénétrer par leur univers musical, c'est un peu comme se jouer avec aisance des forces de gravité.

note       Publiée le dimanche 14 septembre 2008

chronique

Styles
ambient
jazz
musique de film
Styles personnels
gloom jazz

« Tu es un nœud défait / Tu es la lumière du jour / Habillée aussi noir que la nuit / Le vol d’un cerf-volant sans fil ». Comment ne pas succomber aux charmes de Dolores, amateur de Jazz ou pas ? Rien que cette pochette : lettrage gothique sublime, papillons de nuits qui s’échappent de la gorge d’un homme, animal tout sauf anodin pour illustrer cette musique. C’est comme si Mark Feldman jammait sans but avec un Earth qui aurait remisé toute électricité, se contentant simplement d’égrener une seule et même ambiance ankylosée et contemplative le long d’un album entier. Il y a des basses fréquences, rampantes mais jamais menaçantes, un saxophone rare qui ne fait onduler sa robe noire qu’après s’être fait désirer (Still Am Tresen, langoureux), et surtout cette atmosphère épaisse, déjà présente sur les autres albums du groupe mais ici plus que jamais féminine, accueillante, patiente… Tout, du nom du groupe à celui de l’album en passant par l’étiquette « doom jazz » induit en erreur sur le son de la formation colonaise, aux antipodes du jazz expérimental actuel, Zornien ou pas, souvent caractérisé pour son refus acharné de la fonction « musique de fond » du jazz. Dolores ne stressera pas ceux qui l’écoutent d’une oreille endormie, mais les bercera… Quand à savoir si un certain spleen ne vient pas s’inviter après avoir infusé dans ce confort trop longtemps, seul le temps le dira… Des morceaux comme Orgelblut, avec ses coups sourds entrecoupés d’arpèges de clavier posent l’ambiance dès les premières secondes. On a l’impression d’être sous l’alcôve d’un édifice gigantesque, aux dimensions impossibles à appréhender… Ce tempo est trop lent pour en être un. C’est comme si le plafond était trop haut pour être vu, que les piliers qui le soutiennent soient trop larges pour en faire le tour, et que le tout soit auréolé d’un linceul de brume bleu sombre… Pourtant le son est clair et limpide, et Dolores n’est pas un disque sombre. Il s’achève comme il a commencé : dans une sérénité absolue, un halo de silence (dont ils jouent avec virtuosité), comme si le saxophone avançait parmi l’eau stagnante d’un lac souterrain immobile depuis des siècles… Subsiste le reflet de chœurs imaginaires au loin, et ne serait-ce pas un orgue d’église qu’on distingue ? Un album anti-nocif, anti-dolores, anesthésique et fauve. Libellé : Morphine (copyright Satan Owns Us Money).

note       Publiée le mardi 16 septembre 2008

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notes

Note moyenne        9 votes

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dariev stands › jeudi 3 avril 2014 - 22:20  message privé !
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ouais, à la réécoute il persistait à me titiller celui-là, plus consistant que ça en a l'air, fourbe même je dirai...

Ntnmrn › jeudi 3 avril 2014 - 22:15  message privé !
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6 boulos, en écoutant le dernier qui vient de sortir. Préférence perso pour "Welk", assurément le titre le plus lent de tous les temps ; silencieux, étouffé et luciolaire.

Note donnée au disque :       
born to gulo › samedi 5 mars 2011 - 17:28  message privé !

je pense que la feinte me dépasse, là - en revanche, je viens d'apprendre la date, le calendrier est chargé en avril

Note donnée au disque :       
Jacques Capelovici › samedi 5 mars 2011 - 17:25  message privé !

sur OTIS records ?

born to gulo › samedi 5 mars 2011 - 13:59  message privé !

c'est ça qu'est bon ; hâte que Beileid sorte

Note donnée au disque :