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Les Thugs › As Happy As Possible

cd • 17 titres • 64:51 min

  • 1As Happy As5:20
  • 2Papapapa3:23
  • 3Biking4:39
  • 4Harpo’s Theme2:02
  • 5Horror Toys7:11
  • 6Admen5:14
  • 7August4:17
  • 8Dreamer’s Song5:26
  • 9(Omar Feels Fear in Weimar)0:39
  • 10Flags2:35
  • 11Monkey 58 Strings Sonics Fly4:02
  • 12You Wanna Die6:44
  • 13(Maria Cries in Lima)1:02
  • 14Looking in Your Eyes3:30
  • 15Immigrés Clandestins2:19
  • 16Desert Days4:59
  • 17(Wang Leaves China)1:32

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré et mixé en mai et juin 1993 par Kurt Bloch. Produit par Christophe Sourice et Kurt Bloch.

line up

Pierre-Yves Sourice (basse), Christophe Sourice (batterie, chœurs), Thierry Méanard (guitare), Éric Sourice (guitare, voix)

Musiciens additionnels : Kurt Bloch (violon sur Harpo's Theme)

remarques

Photo : Woody.

chronique

J’avoue : ce n’est qu’avec celui-là qu’ils m’ont finalement fait entrer – via ce single plutôt trompeur, pourtant, Papapapa, à l’allure assez bête, à l’emportement excité pas si loin de leurs débuts, des disques d’avant qui m’étaient jusque-là passé assez loin au-dessus (le 45 tours Frenetic Dancing!, le premier album Radical Hystery). Au point que je n’avais pas écoutés les quatre suivants, qui les séparent du ci-présent, d’abord. Voilà : j’avais tort. Les Thugs, d’Angers, avaient toujours été un foutu groupe – nerveux mais sensible, fracassant mais fin. Une tout autre histoire – avec d’autres à la même époque, d’accord, sans-doute ; mais là je m’en tiens à eux ; je les trouve à part même là-dedans – que celle racontée par les « alternos », pourtant leurs contemporains : Ludwig Von 88, Les Rats, Boucherie Prod, Pigalle, OTH… (Et je ne dis pas que c’était « en contre » ou quoi – seulement que ça parlait d’ailleurs). Pas de gaudriole, ici, de prise franchouillarde sur le streetpunk britannique, la oï, du ska. Le chant est en anglais. Quelque chose de plus hardcore tient le terrain – comme le genre en question, la branche du punk tournée tout autre chose que les séquelles de 1977 ; oui, certainement : les scènes américaines les ayant aussi marqués fort. Et puis au fil des disques : quelque chose qui n’a pas peur d’évoluer, de dévaler cru toujours mais en travaillant la nuance, les contrastes. Jusqu’à en devenir si plein et multiple – et tiraillé, traversé de questions, de doutes, d’ombres, de zones bleues-et-noires – qu’on en aurait du mal, au début, à tout comprendre. Au comment – comment ça chemine, ce disque qui vire et revire sans cesse, sans pourtant s’égarer ; comment en sont-ils arrivés là sans qu’on ait vu vraiment venir…

Retrospectivement – oui, ensuite je m’y suis mis – c’est vrai que le précédent, I.A.B.F. (pour International Anti Boring Front – en vlà du programme) amorçait déjà bien la chose, cette espèce d’explosion foisonnante/contenue, maîtrisée mais jamais corsetée, sans stupides limites posées parce que scènes, justement, ou autres arguties de façades. Mais celui-là – je n’en finis pas. Il reste hardcore, oui : parce que rien n’y est élimé pour que ça passe sans frotter. Il s’évade, pourtant – mais pas pour fuir, plutôt pour épouser le terrain accidenté, l’époque (et tromper ses pièges, à celle-là – se dire qu’il suffirait d’écrire « indépendant » sur le produit pour que la musique échappe au conformisme). D’accord, il y a encore des choses, ici, qui sonnent comme du Hüsker Dü des débuts (Flags) ou comme celui de Zen Arcade (Monkey 58 Strings Sonics Fly) – et pour une fois le lyrisme de ceux-là, sa justesse mélodique à l’objet, aussi bien compris que sa violence, que le goût des murs de son, du bruit pierreux. Mais d’autres choses filtrent, innombrables, parfois insaisissables, au début, tant on ne s’y attendait guère. Cette espèce de brume shoegaze – diffuse mais mordante ; il faut pousser le son pour que ça prenne – par endroits (Horror Toys, qui s’étend et qui enfle). L’étouffement qui plane et menace – en coulisse ou frontal. Le biais quand ça semble d’abord la fête – Papapapa, tiens, qui dit que mal-en-pis et que tout le monde le voit bien sans pour autant cesser d’arguer qu’on n’y peut rien. Weimar et Lima et la Chine évoqués comme des territoires occupés-coupés, communications brouillées, interdites – les titres narratifs entre parenthèse (et – je doute que ce soit pour rien – instrumentaux, sans discours). L’enfance qui remonte comme une bouffée déchirante, exaltante, l’orée d’une adolescence qu’on n’a pas vu se trisser en douce mais sans douceur – Biking et son break, son accélération, sa montée qui laisse en l’air, au bout. Des bouts de drone et des couches d’harmonies, en plus du grain des amplis – Immigrés Clandestins (là aussi sans parole, avec un titre pareil), Harpo’s Theme et son piano (j’allais dire « à boutons », comme le jouet du même nom, même si c’est sans doute un autre clavier ; et d’ailleurs existe-t-il vraiment un jouet de son nom ? Où est-ce mon imagination qui divague, retourne à son tour à cette expression que j’ai dû entendre ou l’avoir cru, moi-même enfant…). Et puis cette guitare qui joue la cornemuse – ce riff folk tout salopé par le volume – à la fin de Desert Days. Et tout le long rien de ravalé, rien de rogné – malgré les évidentes souffrances, malgré ce qui coince dans ce que ça raconte. Rien qu’ils auraient lâché, en s’étendant ainsi vers autant d’horizons. Les suies, le puits de charbon pas reniés – même quand ça éblouit, exhalé depuis là. Rien de faussement modeste – parce que tout est vraiment à hauteur des gars qui jouent et scandent ou chantent (juste, encore, dans tous les sens, encore).

Rien d’enflé, de boursoufflé, même quand on voit la marque des impacts. Rien d’asséché connement « pour montrer qu’on reste vrai », non-plus – pas besoin de cette gloriole qui abdiquerait, rongerait la marge de manœuvre. Pas besoin de dire « émo » – mais parce que ça l’est, au sens où ça complète le préfixe. Pas besoin de zapper, dans la foison – et dire pourtant qu’au tout départ j’ai trouvé ça trop long. C’en est une, très vite on en est sûr, du genre qu’on fouille, au vrai, qu’on explore – et qui pourtant s’écoule, bientôt, dans ses moments étales comme dans ses pointes et ses cassures. Ç’aurait été dommage – décidément – de passer outre.

note       Publiée le mardi 25 février 2020

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Ah oui, impressionnant ! Bon, après je vais pas aller chercher si tout est trouvable sur le tube ou ailleurs, hein, tout de même... Au Bonheur des Dames ou Babylon Zoo, je suis pas sûr de tenir à revoir ça pour le moment ! (Par contre ouais, restent des trucs surprenants... Audio Active, Ezster Balint ou Ray Barretto - pour en rester là où j'en suis du défilement de la liste - je m'attendais pas forcément à trouver ça entre les Aubert, Aznavour et Bashung... Ou Average White Band, tiens, dans un autre style issu d'un autre bout d'espace-temps).

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dimegoat Envoyez un message privé àdimegoat

Il y a aussi une liste bien dense à ce sujet sur RYM:

https://rateyourmusic.com/list/Hoagie/artists_who_performed_live_at_nulle_part_ailleurs__npa_

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Tiens, je mets ça ici parce que ça m'est "notifié" via cette vidéo mais ça pourrait être sous une multitude d'autres chros... Mowno ont apparemment mis en ligne une sélection de "leurs" meilleurs lives à Nulle Part Ailleurs... Et c'est assez ouf, en vrai, faut admettre, tous les groupes qui ont pu y passer ! Autant je me souvenais clairement de Treponem "Stouquette" Pal ou Sepultura, autant j'avais zappé que Sonic Youth, Helmet ou Girls Against Boys y étaient passés aussi ! Et The Roots avec Jill Scott, Common, Mos Def, NTM...

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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"Tain, l'enchaînement Horror Toys / Admen... Toujours parfait - pour un dimanche à c't'heure comme pour toute autre heure de n'importe quel jour où c'est le jour et l'heure. Hum, bref... Va peut-être aussi falloir que je pense à vous parler des autres, d'eux, un de ces.

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Celui-là reste celui à quoi je reviens le plus volontiers mais j'ai bien envie de m'envoyer plus souvent I.A.B.F., ces temps... Strike est excellent aussi, oui, "dans cette même veine" (guillemets parce que pas facile à cerner, donc, ladite... tant mieux hein). Me rappelle plus trop des suivants mais ça se corrige aussi. Et j'aime bien les débuts aussi, oui, maintenant - même si de toute évidence, oui, ils n'avaient pas encore trouvé vraiment leur voix/voie propre, originale (comme sur ceux de cette période fin 80/début 90).

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