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The Specials › Specials

lp/cd | 14 titres | 44:47 min

  • 1 A Message to You Rudy [reprise de Dandy Livingstone] [2:53]
  • 2 Do the Dog [reprise de Dandy Livingston] [2:12]
  • 3 It’s Up to You [3:24]
  • 4 Nite Klub [3:25]
  • 5 Doesn’t Make It Alright [ « reprise » du groupe Snakehips] [3:25]
  • 6 Concrete Jungle [3:18]
  • 7 Too Hot [reprise de Prince Buster] [3:10]
  • 8 Monkey Man [reprise de Toots and the Maytals] [2:45]
  • 9 (Dawning of a) New Era [2:26]
  • 10 Blank Expression [2:44]
  • 11 Stupid Marriage [3:50]
  • 12 Too Much Too Young [6:06]
  • 13 Little Bitch [2:33]
  • 14 You’re Wondering Now [reprise de Clement « Coxsone » Dodd/Andy & Joey] [2:36]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Dave Jordan aux T.W.Studios. Produit par Elvis Costello.

line up

John Bradbury (batterie), Dick Cuthell (cornet, flugelhorn), Jerry Dammers (orgue), Terry Hall (voix), Lynval Golding (guitare), Horace Panter (basse), Roddy Radiation (guitare), Rico Rodriguez (trombone), Neville Staple (voix)

Musiciens additionnels : Chrissie Hynde (chœurs sur 4)

chronique

Les mods version skinheads ? Eh bien… Il y a de ça – au début, surtout, à l’époque de ce premier disque – chez The Specials. Le cheveu ras parce que trop arty, la crête punk. Le costard taillé plutôt que la fripe en guenille parce qu’elle se veut nette et classe, cette jeunesse, cette descendance classe ouvrière. Le point dur. Les tronches en noir et blanc dans tous les sens du terme – d’ailleurs les mecs, fondant leur label, l’appellent Two-Ttone et collent un type en zoot-suit au truc, comme logo. La conscience que le racisme national-fronde rôde déjà dans les quartiers pour récupérer ces gosses-là – eux en sont à peine les aînés – mais décidés à tenir bon face à ça. Le poing dur et le jarret souple. Comme les plus vieux – les mods des années soixante, disions-nous : une passion pour des musiques moins pâles de teint que le rock et la pop de leur île natale. Mais plutôt que d’aller chercher aux États – ou pas seulement, en élément bien moins visible du nouveau mélange – soul et funk, rhyhtm’n’blues, d’autres répertoires. Jamaïcains en l’espèce. Skar, rocksteady, reggae d’avant la dernière vague à toucher leurs rivages – Toots and the Maytals, Dandy Livingstone ou Prince Buster plutôt que Marley ou Burning Spear. D’ailleurs c’est simple : sur les quatorze morceaux du disque, cinq viennent de là, repris (et le We Can Make It Alright de certains Snakehips – groupe semble-t-il constitué par des camarades d’école du clavier Jerry Dammers ; titre ici rebaptisé Doesn’t Make It Alright). Une énergie nettement plus sèche que sur les originaux – l’agitation plus précipitée, comme pour tromper le froid ambiant. Des chansons de leurs propres plumes bien à l’avenant – la méthode, l’approche « ras du bitume » et la réflexion derrière bien comprises, reprises, adaptées à cette même-pas-Birmingham qui n’est pas Kingston (Coventry, West Midlands). Un premier gros tube – A Message to You Rudy – piquée audit Livingstone. (Gangsters – signée par eux mais très semblable à vrai dire au Al Capone de Prince Buster... de toute façon autre grande influence du groupe – est absente, sortie seulement en single). Des scènes croquées sur le vif du vide dans les regards et la misère du divertissement – Blank Expression, Nite Klub. Des tranches désabusé sur les adolescences gâchées par le mariage et l’enfantement précoces – Stupide Marriage ou Too Much Too Young (les deux enchaînées, la deuxième avec son final dub bien senti – dans cette époque ou post-punks et punks attardés tout court en faisaient divers usages, pour des rendus pas toujours aussi pertinents). Un son « live » mais pas amateur – c’est l’acrimonieux Costello (Elvis de son prénom inventé) qui produit l’affaire. Le truc fait pour sonner bref et compact mais pour s’incruster, aussi, dans l’oreille et les mémoires. « L’aube d’une nouvelle ère », clament-ils. Avec une gratte qui tranche sur celle-là et sur d’autres. Un orgue qui donne de drôles d’airs à son bastringue, aussi – à la fois enjoué et un peu inquiétant, roue libre lancée à la volée par le mec aux touches avec ses chicots manquants (les incisives… Ça a tendance à se voir). Ça peut sembler trois fois rien. C’est dur d’y trouver défaut, à la musculeuse et vive carcasse. C’est moderne par l’attitude, la mâchoire serrée, le ras-le bol dans l’abattage de la tâche saisie : on dirait presque qu’ils se débarrassent de ces vieux morceaux – ceux repris comme les leurs – en les balançant au plus tranchant. Avec cet accès de mélancolie à la fin – You’re Wondering Now, avec ses voix harmonisées simples mais superbe et son orgue soul (encore) – avant de passer à autre chose Ça viendrait vite. Tous azimuts et en couleurs.

note       Publiée le lundi 1 octobre 2018

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Klarinetthor › mardi 2 octobre 2018 - 13:41  message privé !

classic!

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Dioneo › mardi 2 octobre 2018 - 12:23  message privé !
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Eh eh, carrément. (Et en passant, comme suggère un commentaire à la vidéo youtube : le morceau de Prince Buster est lui-même pas mal inspiré côté harmonie du James Bond Theme de Monty Norman/John Barry... L'éternelle histoire du sampling-même-bien-avant le sampling !)

Note donnée au disque :       
kalcha › mardi 2 octobre 2018 - 12:18  message privé !

A vrai dire, c'est pas la seule idée de morceau qu'ils ont empruntée à Prince Buster. L'intro un peu arabisante de celle-ci devrait te rappeler quelque chose... ;-)

https://www.youtube.com/watch?v=Bz7sOX5OLG0

Dioneo › mardi 2 octobre 2018 - 11:52  message privé !
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Ah mais oui ! Ça me turlupinait mais je ne retrouvais plus quelle était "l'inspiration" (le mot est faible... oui) de ce titre ! Merci pour le rappel (et je reprécise ça dans la chro, du coup).

Note donnée au disque :       
kalcha › mardi 2 octobre 2018 - 11:49  message privé !

Merde, un de mes 10 disques de l'île déserte... Un sans-faute! :-)

Petite précision quand même, "Gangsters" n'est pas totalement une composition du groupe, elle est sacrément inspirée du "Al Capone" de Prince Buster... ;-)

https://www.youtube.com/watch?v=l1lSIIOQ1Ck