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The Specials › More Specials

lp/cd | 12 titres | 42:33 min

  • 1 Enjoy Yourself (It’s Later Than You Think) [reprise de Guy Lombardo via Prince Buster] [3:39]
  • 2 Man at C&A [3:36]
  • 3 Hey Little Rich Girl [3:35]
  • 4 Do Nothing [3:43]
  • 5 Pearl’s Café [3:07]
  • 6 Sock It to ‘Em J.B. [2:56]
  • 7 Stereotypes [3:15]
  • 8 Stereotypes Pt. 2 [4:09]
  • 9 Holiday Fortnight [2:45]
  • 10 I Can’t Stand It [4:01]
  • 11 International Jet Set [5:37]
  • 12 Enjoy Yourself (Reprise) [reprise de Guy Lombardo via Prince Buster] [1:46]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Dave Jordan et Jeremy (The Blade) Allom aux Horizon Studios, Coventry. Produit par Dave Jordan et Jerry Dammers.

line up

John Bradbury (batterie), Dick Cuthell (flugelhorn, cornet), Rhoda Dakar (voix), Jerry Dammers (orgue, claviers), Terry Hall (voix), Lynval Golding (guitare, chœurs), Horace Panter (Sir Horace Gentleman) (basse), Roddy Radiation (guitare), Rico Rodriguez (trombone), Neville Staple (voix, percussions), Belinda Carlisle (The Go-Go’s) (chœurs), Charlotte Caffey (The Go-Go’s) (chœurs), Jane Wiedlin (The Go-Go’s) (chœurs)

chronique

Changement sur la pochette : la COULEUR ! LES couleurs, même. Sépia mais saturées – si, ça se peut, la preuve. Ce n’est pas qu’à l’image. Et puis il y a des femmes, tiens, cette fois, chez les gars à poil ras. Pas seulement sur la photo non-plus, là aussi, d’ailleurs. Dans les chœurs, parfois à l’une des voix principales – Rhoda Dakar des Bodysnatchers (groupe qui sortira ses disques également sur Two-Tone), avec son bagage jazz et son timbre singulier, triste et sensuel à volonté, lâché ou sourd. Les Go-Go’s, tiens, derrière. (Bon… Sur le précédent Chrissie Hyde s’en mêlait un coup – mais celles d’ici, on les entend pour de bon). Tout est plus…lâché, sur ce deuxième disque. L’énergie spéciale (hum) de l’époque et de la ville (Coventry) ? – toujours imprimée fort, tenue, mais les têtes, les oreilles, parties dans tous les sens. Chacun des membres du groupe ou peu s’en faut se collant à l’écriture ; et le sens particulier (mais brillant) du clavier, Dammers, de plus en plus patent, décomplexé. Le verbe toujours tranchant. Prince Buster – enfin, une reprise d’un autre par celui-là, reprise à son tour par ceux-ci – en ouverture et fermeture (perturbée, la conclusion, dans la vitesse de défilement), le reste emprunté cette fois à personne. Puis parlons-en, de cet Enjoy Yourself : sacré doute, avertissement sous l’air de fête : profitez, tout ça ne va pas durer, la décrépitude guette. (Comme celle qui bouffe partout là ville, en ces jours, exposée sur le single Ghost Town – absent de l’album comme Gangsters l’était du précédent… On a le droit de penser que c’est à dessein). Des reste du spleen à froid d’antan – Do Nothing, non-hymne au désœuvrement ordinaire – mais balancé plus étoffé, dans l’épaisseur du son. Les chausse-trapes dub glissées plus souvent dans le mix – Stereotypes, sa deuxième partie en contraste avec la description désolante de la première, qui choisit l’échappée dans le calembour bizarre et l’écho déboussolant. L’amour assumé du coq-à-l‘âne, de la fantaisie – le crétin mais réjouissant Sock It to ‘Em J.B., qui amalgame les James (Brown et Bond) en funk au cordeau mais roulé. Le goût d’une drôle d’exotica dévoyée se glisse, aussi – acide sous les teintes cocktails ; trompettes mariachi, tournures calypso… La fantaisie se fait pénétrante, le verbe incongrus pour les bords de piscine où ça prétendait vous poser – Pearl’s Café (« … It’s aaall a loaaad of bollocks… »), I Can’t Stand It (j’adore les voix sur ce titre – folles et sucrées, l’amertume sous le sourire extasié – Rhoda Dakar, là encore, assez fantastique). Les boîtes à rythme vintage – celles d’orgues de salon italiens du milieu de la décennie à peine achevée ?! – n’émoussent jamais le mordant de la chose. Le studio est déjà un terrain de jeu – mais aucunement un labo glacial. Quarante-deux minutes trente pleines à craquer – de tout, d’idées, de chansons campées fort et sans s’attarder mais en prenant le temps de ne rien bâcler, comme à l’intuition mais celle là très fermement tenue et poursuivie. « Vivre vite » ? Vivre plus… Le Prince revient : « Prenez du bon temps/Il est plus tard que vous ne pensez »… Et la bande s’emballe, donc, et ce n’est guère confortant. Après ça le groupe n’allait pas tarder à exploser – le coup de sang s’éparpiller. Il resterait des traces – et un tout dernier disque, signé d’un nom pas tout à fait semblable, d’ailleurs. Il resterait des traces. Il serait bleu – néons filtrés ou ecchymoses, pour traverser la gueule de bois.

note       Publiée le lundi 1 octobre 2018

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Klarinetthor › mercredi 3 octobre 2018 - 22:17  message privé !

Pas exactement joyeux non, international jet set. Flippant, même.

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kalcha › mardi 2 octobre 2018 - 12:03  message privé !

Pour moi, les deux disques sont indissociables, le pile et le face d'une même pièce. Je crois aussi que cette impression de mélancolie est due à l'enregistrement des voix, lointaines, comme prises de la pièce d'un dessous. Comme si la fête se jouait déjà chez les voisins, et plus chez toi...

Dioneo › mardi 2 octobre 2018 - 11:59  message privé !
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Bien d'accord... Et je crois vraiment que c'est en grande partie dû à Dammers, qui amène ses idées d'arrangements "un peu tordues mais charmantes", cette ambiance très particulière. Au fil des écoutes et réécoutes - assez nombreuses et même intensives, un temps - de la disco du groupe, ça a vraiment fini par devenir durablement celui que j'aime le plus, celui-là. Vraiment singulier, quoi.

Note donnée au disque :       
kalcha › mardi 2 octobre 2018 - 11:55  message privé !

Celui-ci aussi est un sans-faute, mais c'est drôle parce que justement moi je le trouve tellement plus mélancolique que le premier. Désabusé. C'est plus du tout la teuf, ou alors c'est la dernière chanson de la soirée. Genre, profitons-en, parce que c'est déjà un peu fini. Les videurs sont là. Et y a du vomi qui colle aux chaussures... Demain, le réveil sera dur.

Dioneo › mardi 2 octobre 2018 - 10:36  message privé !
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Alors celui-là je le trouve finement (mais profondément) travaillé par un truc, sous la première impression "musique joyeuse/festive"... C'est pas aussi "dur" que pouvait l'être le premier, c'est sûr, mais dès que tu grattes, un truc comme la première partie de Stereotypes ("he doesn't really exist"...), le truc en sous couche dans Enjoy Yourself (avec l'accélération finale toute bizarre sur la deuxième version), Do Nothing... C'est pas si folâtre ! (Même le texte d'I Can't Stand It, tiens...). Après, "l'objection" sur les styles "pas ta zone de confort" (eh eh...), je peux comprendre, oui ! Pour moi qui à la base aime ces trucs là - dub, soul, etc. - ça a été en revanche tout de suite un vrai bonheur, cette version à l'anglaise (et d'une époque bien particulière) de tout ça !

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