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Žen › I Onda Je Sve Počelo

cd | 8 titres | 44:46 min

  • 1 Nije Se Desilo [3:33]
  • 2 Voda Je More [4:07]
  • 3 Slučaj No.3583 [5:41]
  • 4 Iskrenost Je Posebna [6:42]
  • 5 Sve Ostaje Nakon Nas [6:41]
  • 6 Ton I Broj [6:18]
  • 7 Šuma, Mačka, Gospođa I Prozor [5:16]
  • 8 Ja Sam Uvijek Na Istoj Liniji [6:18]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Neven Marinec et Hrvoje Nikšić, au studio Kramasonic, Zagreb, en 2011/2012. Mixé par Luka Grubišić Čabo et Hrvoje Nikšić. Masterisé par Carl Staff. Produit par Hrvoje Nikšić et Žen.

line up

Eva Badanjak (guitare, synthétiseur, voix, paroles), Sara Ercegović (batterie, voix, synthétiseur), Ivona Ivković (basse)

Musiciens additionnels : Hrvoje Nikšić (synthétiseur)

remarques

Concept : Tanja Minarik. Artwork : Eva Badanjak.

chronique

Le monde a changé. La forme des frontières, le sens des flux… Bien sûr, il y a toujours ces barrières, ces empires financiers qui veulent tout régler, débiter, distribuer. Bien sûr, il y a toujours les guerres – plus ou moins loin – dont nous arrivent des échos mis en infos, qui ne sont pas moins immondes "qu’avant" (oh que non). La Grande Harmonie Mondiale n’est pas – on peut douter que ça survienne un jour (avant qu’on se soit tous fait sauter, qu’on s'éteigne d’une cause ou de l’autre…). Mais le temps est révolu – "qu’on" le veuille ou non (et variantes) – où il n’y avait que quelques "centres", deux grossiers blocs qui tentaient de tout régir, qui y parvenaient le plus souvent. Qu’on copiait avec envie, pour en revenir aux arts et productions… Plus de "Rolling Stones du Maghreb" ? De "Billie Holiday Roumaine" ? Plus de condescendance d’un monde vers cent autres ? Certes, si… Mais plus qu’un temps, comme "résiduels", en cette époque où peuvent nous arriver sans explication, sans notice, des productions d’à peu près n’importe où. Voilà : Žen sont quatre femmes croates – le nom du groupe signifie d’ailleurs "femmes" en croate. Dont la musique – oui – emprunte à des formes qui nous sont familières. Shoegaze, ça ne fait guère de doute ; post-rock si on veut, pour une certaine nuance de tristesse flottante, des détails de jeu ; pop électronique ; une certaine tournure "goth et psyché", certainement ; même quelques traces d’un rock "secrètement progressif" dans certains riffs tournoyants et enchaînements de parties. Žen ne sont en aucun cas – ne seront pas – "les My Bloody Valentine" ou "les Slowdive" ou "les Pale Saints" (à quoi néanmoins cette propension à ne pas se fixer sur un supposé style me fait aussi penser) ou "les Qui-Que-Ce-Soit de Zagreb". Elles ont mangé de ça, c’est évident. Mais comme nous – sommes-nous plus anglais qu’elles, eh ? Ou plus américains, si on soupçonne telle ou telle autre influence ? Mais grandies ailleurs – et vus leurs âges probables, tout à fait possible qu’elles aient connu leur pays en guerre ("civile" et bien dégueulasse), où des ruines de celles-là, au moins, encore semées ça et là. Elles chantent dans leur langue, aussi – et ça change la morphologie des morceaux, des couplets. On entend déjà par moments sur ce disque – moins certes que sur Jantar, le suivant – des harmonies guère anglo-saxonnes, même pas vraiment de notre Europe de l’ouest. Je ne saisis pas tellement, je peux supposer un peu, seulement, de quoi tout ça parle – en passant les titres dans un traducteur, plus ou moins approximatif. Il semble qu’il y ait mélancolie et lutte. Volonté d’être par soi-même, autant que possible autonome, pas aligné. Un clip tiré de l’album d’après me fait penser que ça doit tourner aussi autour de l’identité sexuelle, donnée et acceptée ou conquise sur autre chose, sur une résistance générale. (Parce que le monde change mais pas tout à la même vitesse, à tous les endroits ?). Je trouve à ces chansons quelque chose de nomade, en plus de leur tendance à dériver, survoler, tourner mais en restant dans un dessin très net, les structures solides sous les vapeurs mouvantes. Peut-être ce qu’on gagne – ce qu’elles ont gagné, voyageant, tournant peut-être avant ça désirant y parvenir – à ne pas rester en place sans pour autant se faire d’illusion sur "le point du départ" et ce qu’on pourra en perdre et en garder. Musique distanciée, en un sens – "lucide" – mais surtout pas froide, ce qu’on tient à dire simplement énoncé sans nuance de sentimentalisme, d’engluement romantique. "Et puis ça a", me dit l’automate imparfaitement polyglotte, en traduction du titre du disque. Je suppose des points de suspension. J’ai l’impression qu’elles continuent ("ça"), que c’est bien ce qu’affirme ce disque, en un point du parcours pas moins entier qu’un autre.

note       Publiée le samedi 20 janvier 2018

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