Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesRRamleh › Blowhole

Ramleh › Blowhole

  • 1991 - Shock, SX 014 (1 vinyle)

lp | 7 titres | 46:31 min

  • A
  • 1 Pit Bull [5:41]
  • 2 Gibbering Wreck [4:48]
  • 3 Dog’s Breakfast [4:37]
  • 4 Long Road [7:45]
  • B
  • 5 Black Moby Dick [8:11]
  • 6 Spear [3:00]
  • 7 Shit of the Alchemist [12:29]

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

Enregistré au studio JTI, Brixton, par Ian McKay et Joe Steele. Masterisé par Porky. Produit par Gary Mundi et Philip Best pour Broken Flag.

remarques

Pochette : Savage Pencil. Typographie : Jill Tipping.

chronique

Styles
dub
indus
noise
punk
post punk
psychédélique
Styles personnels
évent = trou

Ramleh qui nous tombe sur le râble. Grosse dérouillée psychédélique bien lourde, encore – comme le scorpion chez Skullflower, l’année d’avant (l'arthropode globulé sur la pochette de Xaman). Là, c’est autre chose en guise de totems, d’esprits tutélaires qui se mettent en branle. C’est le combat de clebs – deux pits : un noir, un blanc – qui se plantent les crocs dans le bide pour s'ouvrir, se tirer les tripes. Ça grogne, ça gronde, forcément ça aboie. Albédo-nigrédo partis dans la marave à mort. Pas de batterie, ici, une boîte à rythme bien méchante, bien con, bien raide même quand elle fout des contretemps, des espèces d’accents – oui, même la tampante ici a celui des quartiers, des friches indus. De fait, en fait de chaman, on a bien l’impression que ce sont des petites frappes de rues – racaillons casquette-à-l'envers-marcel, semies-épaves semi-hippies semi-crust rangées du taf mais pas des affaires… – qui nous soufflent leurs poudres et leurs poisons dans les naseaux. (Jus de tabac recyclé, esprit de gin, PCP coupée ajax-amoniaque, ayhuasca-sirop codéïné, kof kof… bref, etc., le détaillant est inventif quand il s'agit de frelater). Fuir du squat la merde aux trousses. La pointe de la défonce à l'instant de reprendre son souffle – en plein l’artère ou l’arrière cour convertie latrines. Et soudain SATORI, en flag, en traître ! La ligne des immeubles ressemble au grand espace qui s’ouvre, béant – sous les pieds ou dans l’horizon. Pas facile – d’accord – d’être sûr : de faire la part de l’illumination ou de l’attaque de panique. Ça drache encore acide. OUAH ! OUAH ! rrrrRrrRRrrrrRRRRRR… Eh merde. Les molossoïdes qui se re-pointent. Ça en re-cause : "le petit-déj’ du iench". C’est toi, le chaland – tu avais laissé traîner tes oreilles un peu trop. Il t’en a croqué une, déjà, le veau d’élevage, en guise d’amuse-gueule – et maintenant la mâchoire vise plus bas. Coure. Marche forcé dans le métro. La route est longue, le colon roulé en conque. Tu entends la mer… Mais non, ce sont les bagnoles qui harassent le périph. Plomb, carbone, mercure. Il est question d’une autre bestiole colosse – Black Moby Dick, ô Léviathan. Googleporn n’existait pas encore, certes, en ’91, mais n’empêche, on soupçonne la malblague salace – n’oublions pas que ces types, Ramleh, donnaient au début dans le power electronics bien crasse, épais, l’agression le plus purement dégueulasse qu’il se pouvait. Ah… Saisi ton harpon, ta lance, et fait face à la bête. Fondu au flash. Revoilà le creuset. Les débris. La Merde de l’Alchimiste après la dernière poussée punk – ça déboule en plein ciel souillé. Nigrédo-Albédo, on vous avait dit. Les deux chiens pissent le sang. Il y en a un qui bouge encore, il semble. Il éructe un truc qui semble une brève bouffée de triomphe, mauvais. Il perd un bout de son foie entre tes pieds, il te bigle par dessous, chaland à bout de souffle. Fin de la course. Tu fermes les yeux, tu attends l’étau. Tu rouvres : plus rien. La viande partie crever plus loin ou l’illusion évaporée. Subsiste comme une collante haleine, pourtant, aux murs, aux carreaux, au carrelage, aux moellons. Le plâtre poudroie, au plafond, se détache. Bon dieu ce que cette moquette est vielle et moche, et crade. Ce que dans le demi-jour la lumière tombe blafarde. Ce qu’entre les tempes ça vibre et vrille encore comme la rumeur d’une vague qui va bouffer tout ça.

note       Publiée le samedi 26 août 2017

Dans le même esprit, Dioneo vous recommande...

partagez 'Blowhole' sur les réseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Blowhole"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Blowhole".

ajoutez une note sur : "Blowhole"

Note moyenne :        3 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Blowhole".

ajoutez un commentaire sur : "Blowhole"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Blowhole".

Klarinetthor › lundi 28 août 2017 - 12:17  message privé !

oui c'est de la coldwave à BaR (before it was cool)

Note donnée au disque :       
cyberghost › lundi 28 août 2017 - 11:41  message privé !

Cheap ?... n'importe quoi ! Oui y a une BàR mais elle pète, et Dog's Breakfast en est justement la substantifique moelle, c'te rythmique, RÂH, y a presque un côté post-punk dans celle-ci...

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › lundi 28 août 2017 - 10:55  message privé !

Le son est bien cheap et synthétique par rapport à Skullflo (dog's breakfast pousse le truc jusqu'à un niveau implacable... oui c'est encore clairement les 80s entre les neurones qui restent), mais oui, meme petite famille hargneuse et dense avec Terminal Cheesecake, Head of David,...

Note donnée au disque :