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Skullflower › Xaman

lp/cd | 7 titres | 68:03 min

  • 1 Slaves [11:26]
  • 2 Sunset [3:25]
  • 3 Xaman [7:45]
  • 4 What Did You Expect?* [6:48]
  • 5 The Shit Hits the Fan* [5:09]
  • 6 Barbed Wire Animal* [6:49]
  • 7 Wave [26:37]

extraits vidéo

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enregistrement

Slaves (1) : enregistrée live sur magnétophone huit pistes le 1er février 1990 ; pas d’overdubs ; version "radicalement différente" de celle présente sur le 7” sorti sur Forced Exposure la même année (Slaves/FE-022). Sunset (2) : enregistrée le 11 mai 1990, avec un overdub de guitare inaudible. Xaman (3) : pistes de base enregistrées à une date oubliée ; nouvelle partie de guitare lead ajoutée le 11 mai 1990 ; musique inspirée par le titre New Disco de Mission of Burma ; titre tiré du roman Deserted Cities of the Heart, de Lewis Shiner. What Did You Expect (4) : enregistrée live sur magnétophone huit pistes lors de la première session studio de Skullflower, « à un moment, en 1987 » ; morceau rejeté à l’époque par plusieurs labels alors que le groupe le proposait pour des compilations. The Shit Hits the Fan (5) : enregistrée le 1er février 1990 ; une partie de guitare overdubée, ainsi « qu’une espèce de partie vocale » par Stuart [Dennison]. Barbed Wire Animal (6) : enregistrée le 11 mai 1990 ; une partie de guitare overdubée. Wave (8) : enregistrée live sur magnétophone huit pistes le 1er février 1990.

line up

Matthew Bower (basse sur 1, 3, 5 ; guitare sur 2, 4, 6), Stuart Dennison (batterie, voix sur 5), Stefan Jaworzyn (guitare sur 2, 4, 6, 7 ; basse sur 6)

Musiciens additionnels : Alex Binnie (basse sur 7)

remarques

Direction artistique : Jill Tipping. Artwork : Savage pencil. Notes, typographie : Stefan Jaworzyn.
Les plages marquées d’un * sont uniquement présentes sur les versions CD de l’album.
La réédition CD de 2013 – coproduite par les labels Shock et Dirter Promotions – est sortie sous le titre Kino III : Xaman, sous la deuxième pochette reproduite ci-dessus.

chronique

La charge ! Psychédélique, oui : lourde, épaisse, saturée – instable et obsédée, obnubilée à en devenir, à en sembler presque fixe. Un rythme qui tourne, par morceau, quelques breaks en syncopes roulées ou caisse claire clouée droite – comme une boîte à rythme chez Godflesh mais jouée par un humain et infectée par un groove fait pour démettre, disloquer. La basse qui frappe aussi maniaque, aussi pesante, leste dense et élastique. Les guitares en bruits de frottements hurlés, gerbes d’étincelles de soudure à l’arc transposées dans le secteur spectral où ça devient du son, où c’est l’oreille qui perçoit – mais c’est tout qui tremble, la viande, la carcasse. Foutue fonderie, scierie des enfers… Violente féérie. Xaman est le genre de disque qui vous fait sentir le danger à quoi on s’expose : à sortir de soi, à triper trop fort, trop loin, trop longuement ou trop souvent. L’illusion rassurante qui se dissout – d’être absolument isolé, autonome, distinct du monde ; celle inverse, en même temps, symétrique – d’être protégé par sa masse, à l’abri, incapable de se perdre hors de ses limites admises, familières… Celle que quoi qu’il arrive on pourra rentrer. Jam pour chutes et tourbillons, tempêtes d’électrons et de matières filetées. Sismographe branché sur trois, quatre cervelles – ou une infinité, ou la notre où ça pénètre – en plein cauchemar simultané. Voire… Une espèce de rêve en tout cas, puissant, hurlant et vrombissant au point qu’on doute qu’il n’ait pas fait effraction de l’extérieur, d’ailleurs, qu’on ne perçoive pas un fracas véritable, dans notre état narcoleptique, les images intérieures elles aussi glissées sur des bandes perceptives où normalement rien ne devrait s’imprimer, se manifester en cette forme, sous ce mode. Songe lucide – mais comme certains de ceux-là, mais comme quand la dose passe le seuil : inéluctable, pour autant, et qui s’arrêtera "seulement lorsqu’il voudra". Xaman, aussi, dit que ça en vaut la chandelle – de s’exposer, de pousser l’expérience. Parce que la sensation, aussi, est pleine et multiple. Parce que l’excitation est vaste, profonde, l’inflammation mouvement, soulèvement. Il faut regarder en face la bestiole globuleuse sur la pochette – géante et fixe. Elle ne vous tuera pas si vous cessez de trembler. Elle exsude un nectar, au bout de son dard courbé, qui allume les récepteurs et plonge dans les délices. Sa queue en fouet est une source autant qu’un piège, lacet, collet ; question de point où se placer pour qu’elle vous fauche, vous attrape, question de vitesse et d’angles, et de courbes, d’appositions en quoi ça s’ajuste ou pas, et glisse, ou bloque. Le temps qu’ont mis les humains pour trier, distinguer les poisons nocifs, mortels, et les inducteurs – il a dû être infini. Il y a dû avoir pléthores de morts – erreurs, accidents, essais à l'aveugle sans doute, l'éventualité connue, pourtant, de pouvoir y laisser sa peau. Un détail infime dans les structures des chairs, des sucs – les nôtres et ceux ingérés, inhalés, frôlés... Le totem est cette fois arachnide menaçant, furieux – devant la ville qui après lui se dessine. Il se tient là et nous aussi – qu’il soit gardien ou bien fléau ou bien image émanée par le lieu ; et nous, la Vague (Wave) grondant comme lui, de ne pas fuir et nous laisser traverser, renverser, projeter par et sur le miroitant fracas.

note       Publiée le lundi 7 août 2017

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Scissor Man › mercredi 9 août 2017 - 12:20  message privé !

Pur bonheur en effet. Et on peut dire du mal de la Fnac, mais le CD à 7,70 € (frais de port gratuit) c'est quand même cool par rapport à Discogs.

Note donnée au disque :       
cyberghost › mercredi 9 août 2017 - 11:35  message privé !

Pur bonheur, ces rééditions !

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Klarinetthor › mardi 8 août 2017 - 17:14  message privé !

Il a quelque chose de déléctable du début à la fin ce Xaman... Dommage que la pochette scorpion ait sauté avec la rééd... les couleurs pastels ne lui siéent pas autant.

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