Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesGGevende › Live at Saint Antuan

Gevende › Live at Saint Antuan

album numérique | 6 titres | 40:50 min

  • 1 Igloo [6:30]
  • 2 Baboyin Yerkı [6:59]
  • 3 Kim İçin Bu Yerler Gökler [6:26]
  • 4 İkide bir [7:27]
  • 5 Level IV [4:49]
  • 6 Sanki [8:39]

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

Enregistré live à l'église catholique St Antuan, Istanbul, le 27.02.2015. Produit par Gevende.

line up

Ahmet Kenan Bilgiç (chant, guitare), Gökçe Gürçay (batterie), Okan Kaya (basse, guitare, choeur), Ömer Öztüyen (alto), Serkan Emre Çiftçi (trompette), Tunç Çakır (percussions, vibraphone)

remarques

https://baykusmuzik.bandcamp.com/album/live-at-st-antuan

chronique

Styles
jazz
folk
rock
progressif
avant garde
Styles personnels
magique

Les églises ne devraient plus servir qu’à ça. Accueillir la musique en leur sein. En ce froid mois de Février 2015, qu’il devait faire bon se réfugier dans celle de Saint-Antoine de Padoue, à Beyoğlu, sur la rive européenne d’Istanbul, pour se réchauffer un peu l’âme grâce à la musique de Gevende. Un cadre idéal pour un concert intimiste, d’une beauté rare. Flanqué pour l’occasion d’un percussioniste/vibraphoniste, le quintet se dévoile ici dans toute sa sensibilité, les mots sans signifié de Ahmet Bilgiç semblant glisser sur des soieries, alto et trompette laissant toute portée au silence entre leurs notes. Un set quasiment entièrement acoustique, orientation naturelle dans ce lieu où le public est assis de part et d’autre de la nef, atmosphère non recueillie, la musique ne devrait jamais être une messe, mais chaleureusement attentive. Un ton donné par une interprétation légère comme une plume de « Igloo », entamant le voyage avec douceur et déjà délectation. Puis la gravité s’installe dès le deuxième morceau, une mélodie arménienne à la mélancolie profonde, transport sur de plus sombres rives, gagnant lentement, inéluctablement en puissance tel un courant charriant corde et cuivre vers des mers inconnues et inhospitalières. Dérivant d’un folk progressif vers des tons plus franchement jazz, de ce jazz soufflant un vent frissonnant, des contrées où le soleil brille encore à Minuit. La suite du concert dévie alors du deuxième album studio vers des inédits, un « Kim İçin Bu Yerler Gökler » au pointillisme rythmique et percussif qui donne à rêver un peu plus loin vers l’Est, évoquant au passage certaines compositions de Eyvind Kang qu’on verrait bien se mêler à eux, pizzicatis et picotements et toujours ce chant à la langue impossible et pourtant devenue familière, une langue qui parle à tous aussi bien que ces caresses de vibraphone et cette trompette ténue qui jamais ne joue la note de trop. Gevende en live, c’est du mystère à l’état pur, quand soudain sur la scène ne restent plus que le batteur Gökçe Gürçay échangeant les yeux dans les yeux avec Tunç Çakır le percussioniste dans un long dialogue qui se goûte encore plus avec l’image, toute la performance est disponible en vidéo sur le net, les montées et redescentes de tension de « Ikide Bir » (deux en un) ponctuées de mots et d’exclamations de clochettes et de cymbales, un duo joueur et hypnotique, sans nul besoin d’autres sons que ceux de la frappe de baguettes sur des matières métalliques et des peaux tendues. Pas un intermède, au contraire, une sorte de passage vers l’étrange avant le retour du groupe à son complet pour un morceau qui évoquera à tout joueur de Monochroma, ce Limbo-like développé par un studio indépendant d’Istanbul, les moments les plus anxiogènes du jeu, ce satané motif rythmique indicateur de danger imminent, ici dans sa version totale où surgit pour un moment l’électricité dans la basilique, même le chant se tend alors. C’est une version simplement merveilleuse de « Sanki », morceau phare pastoral du deuxième album, qui conclue ce moment suspendu, de ceux dont on aimerait qu’il ne cessent jamais, qu’on aimerait revivre indéfiniment. Mais il faudra bien aller par les rues froides, avec, heureusement, un peu de musique au fond du coeur.

note       Publiée le mercredi 19 avril 2017

partagez 'Live at Saint Antuan' sur les réseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Live at Saint Antuan"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Live at Saint Antuan".

ajoutez une note sur : "Live at Saint Antuan"

Note moyenne :        2 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Live at Saint Antuan".

ajoutez un commentaire sur : "Live at Saint Antuan"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Live at Saint Antuan".

(N°6) › mercredi 19 avril 2017 - 23:21  message privé !
avatar

Oui, c'est bien celui-là. N'hésitez pas à vous poser trois-quart d'heure devant la vidéo, au calme, téléphone éteint (si, c'est possible), vous ne regretterez pas. L'album lui-même coûte à peu près quatre dollars sur Bandcamp en ce moment, bonjour le rapport qualité/prix.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › mercredi 19 avril 2017 - 20:08  message privé !

oui, tres beau (c'est bien celui que tu avais posté tantot?)

Note donnée au disque :