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Perge › Scattered Thoughts

cd | 4 titres | 58:52 min

  • 1 Deja Entendu [ 15:11]
  • 2 Hyperbole [ 8:05]
  • 3 Troposfear [ 12:52]
  • 4 Horizane [ 22:44]

line up

Graham Getty (Séquenceurs et programmation des rythmes électroniques) Matthew Stringer (Synthétiseurs, piano et guitare)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://perge.bandcamp.com/album/scattered-thoughts

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
white eagle/hyperborea

Perge assume pleinement les pouvoirs de ses influences. Depuis le premier album Dyad, paru en 2012, le duo Anglais s'est donné comme mission de remodeler en version studio les grandes performances en concert de Tangerine Dream, périodes Baumann à Schmoelling. Et Matthew Stringer et Graham Getty sont très à l'aise avec cette mission qui soulève peu de controverses dans un cercle de fans qui s'arrachent pourtant le poil des yeux à la moindre étincelle. Ça mes amis, c'est le signe d'un immense respect à l'égard des deux musiciens. C'est aussi le signe que Perge fait très bien les choses. Sous une pochette qui ressemble à White Eagle, “Scattered Thoughts” est offert en CD manufacturé comme un mini album, l'album est aussi disponible en téléchargement, et enveloppé dans une belle pochette plastifiée. Comme à la belle époque des 33 tours. Le contenant est très professionnel. Et le contenu? Des lamentations de métal en douleur ouvrent "Deja Entendu". Il n'y a pas 10 secondes au compteur que déjà un mouvement de séquences fait sautiller et galoper des ions qui se parent de tonalités infectées de résonnances. Une autre ligne de séquences émerge une minute plus loin. Son mouvement en zigzag amène un chant flûté et fait disparaître momentanément la première ligne de rythme. On cherche dans notre tête, et nos souvenirs, d'où peut bien être extraite cette musique. De quelle époque! La réponse peut se trouver entre Phaedra et Stratosfear, car malgré toutes les subtilités apportées, les essences de cette période parfument nos oreilles même si "Deja Entendu" est plus basé sur le concept de l'originalité. Le Mellotron est fabuleux et son solo flûté trône sur cette chorale chtonienne, qui est plus séraphique que menaçante, et ce mouvement de rythme dont l'intonation monte et descend comme un serpent repu. Des nappes de clavier aromatisent les ambiances qui se dorent des années 80. C'est comme unir White Eagle à Phaedra. De flûte, le Mellotron se transforme en synthé et lance des solos torsadés alors que le rythme devient plus électronique et que les nappes de claviers envahissent nos oreilles. "Deja Entendu" entre dans une autre phase avec une cette même structure de rythme circulaire où les ions sautillent dans une plaine sonique gorgée de nappes bruineuses et où les synthés remplacent ces chants de flûtes avec des solos perçants et harmoniques dans une enveloppe sonique enrichie des parfums de White Eagle. La finale nous amène vers un moment pensif avec une guitare acoustique qui étale ses notes et sculpte une délicate berceuse dans les jardins de l'Eden. Vous vous doutez bien que "Hyperbole" est modelé sur la précieuse ballade Hyperborea? Et c'est très beau. Plus un remix qu'une refonte d'une interprétation en concert, je ne pense pas qu'Hyperborea fut joué en concert dans la période visée par Perge, "Hyperbole" est superbement bien amélioré ici. Idem pour "Troposfear" où les nuances contemporaines en feront un de vos titres préférés du répertoire de Perge. "Horizane" est une fascinante fusion entre ces deux titres cultes du célèbre album Poland. Les parfums soniques flottants y sont. Ces brises métallisées qui viennent des déserts industriels. Il y a un habile mélange de nappes flutées et angoissées qui flottent dans une intro bourrée de clins d'œil soniques à Horizon. Le synthé qui y siffle avec tant d'acuité embrasse ces airs célèbres avec une brise de nouveauté dans l'approche et les premières minutes sont conformes avec la vision des ambiances qui sont redessinées. La structure de rythme est légèrement plus flottante avec des boucles qui pétillent comme des ressorts dans les sillages de cliquetis métalliques. Les pulsations basses et les lignes de synthé apocalyptiques. Nous sommes si près et si loin en même temps, d'où la séduction. On ne saurait le titre, que peu ferait le lien. Le rythme se développe avec des pulsations perpendiculaires, un peu comme un techno morphique qui est embrasé par de bons solos d'un synthé aux harmonies torsadées et un brin nasillardes. Le titre plonge dans un néant ambiosonique vers la 13ième minute. Là où les percussions électroniques et séquencées de Barbakane, de même que ces effets sonores à la White Eagle, martelaient nos haut-parleurs en 1984. Encore là, tout est nuancé. On ne connaîtrait pas la genèse que l'on penserait entendre un excellent truc de MÉ. Et c'est sans contredit la grande force de Perge. Faire du neuf avec du vieux qui sonne comme quelque chose que l'on reconnait vaguement entre les méandres du temps. Très bon. Le meilleur de Perge? On dit ça à chaque fois. Je ne sais pas s'il en reste des copies, mais je vous le recommande fortement. C'est plus que du Tangerine Dream. C'est comme le fils spirituel du Dream qui s'est accrochée dans les corridors du temps.

note       Publiée le mercredi 9 décembre 2015

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