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Toru › Toru

lp/cdr • 6 titres • 36:36 min

  • 1Franc du Collier3:32
  • 2Percheron3:00
  • 3Dilligence10:06
  • 4Trotteur Orlov4:39
  • 5Rabrandt2:50
  • 6Ma Mie12:38

informations

Enregistré et mixé par Peah Ligonet au Shelter studio, Lyon, du 29 au 31 août 2019. Masterisé par Benoît Courribet (Cylens Mastering), décembre 2019. Produit par Toru.

Illustration d'après un croquis de Léonard de Vinci. Conception graphique : Arthur Arsenne Le LP est une coproduction Jarane/Pied de Biche/Araki/Poutrage Records. CDr : autoprodution, gravé par le groupe à 500 copies.

line up

Nicolas Brisset (batterie, tambourin), Heloïse Francesconi (guitare, bruit), Arthur Arsenne (guitare, tournevis, bruit)

chronique

Toru dans La Caverne – le podcast des copain lyonnais... Ça m'avait mis une bonne mandale ! Noise. Noise... NOISE, BORDEL ! Noise rock, OK. Rock ? D'accord. Mais NOISE : ça voulait à nouveau dire BRUIT ! Enfin ? En tout cas sans l'excuse des maths, des riffs, sans que ça s'inféode aux rythmes, trop calqué ! Ça se lâchait... Ça se lâche – comme on l'a rarement entendu, ces dernières années. (Quoi... Dix ? Quinze? Allez... ).

Qu'on m'entende, au fait : des riffs, ici, ça en regorge. Du rythme aussi – et parfois du bien cassé, concassé, fractionné. Mais surtout : fracturé comme le reste - le son, les textures, le grain. La MATIÈRE ! Rien de math-rock, là-dedans, j'insiste, même quand ça se complique. (Et encore une fois, qu'on me comprenne bien, hein : des groupes « math », d'une manière ou d'une autre, qui collent peu ou prou à la définition par un bout ou l'autre, il s'en trouve que j'aime, parfois beaucoup – si ça se trouve même on en recausera bientôt. Mais là...). Mais là c'est autre chose. Le bruit est LIBÉRÉ. Et comme ça, il libère – il nous saute au colbac, oui, mais... Ouvert. A ciel ouvert. Et le rythme donc – idem, au vrai. Et ça fait un bien fou.

Toru n'ont pas de bassiste. Et deux guitares. Et une batterie. Et aiment le bruit. Et... Quoi d'autre ? Eh bien : Héloïse Fracesconi dit qu'elle s'est bouffé de l'indus, de la noise – pas rock, cette fois, comme dans « japanoise », par exemple, peut-être bien comme dans Merzbow, KK Null et compagnie ? Comme dans Haino (Keiji), elle dit. Et nettement : ça s'entend ! Arthur Arsenne dit qu'il fait là-dedans la partie rythmique des machins avec cordes – mais comme disait Hazam (cf encore La Caverne), on ne prendra pas ça dans un sens trop classique, bêtement scansion façon boogie qui tournerait seulement mal ! Non... Par moment les deux font tourner des motifs qui se guettent, se poussent, se déplacent mutuellement l'orbite. Se font donc sortir des rails. Dérailler, dérailler, faudrait pas dérailler – ou alors si, allez, que ça nous refasse un bien fou !

Ces trois là ont enregistré pendant un confinement. (Vous vous souvenez ? Ça vous dirait à quel point qu'on s'y remette ? … Oui hein?). Et aussi : avant d'avoir donné le moindre concert. Eh bien c'est surprenant ! Très. Tant ça sonne « live », cette histoire. (Ça raconte, oui : qu'elle et ils jouent ensemble, en même temps – dans-les-conditions-du... Ça donne envie de voir ça ; si déjà, en studio sans que s'y soient mêlées les gueules – enfarinées ou non – de la moindre poignée de public... On imagine, avec !). Ça sent l'envie que ça sorte. Le besoin, même. L'impérieuse nécessité – et QU'ON EN SORTE, à la fin. Pas dans dix ans, le MAINTENANT. Et même quand ça redescend – que la tension se desserre (sans que jamais rien ne s'affale... C'est simplement que la consistance, l'espace des cycles se dilate et les trouées d'où ça crache) – on ne dira pas vraiment que ça se tasse. Ça s'aère mais ça reste dense. Ça ne dit toujours pas OK – ce n'est toujours pas d'accord pour rester collé là. Ça braille – sans voix dans un micro, mais bien chargé dans les amplis. Ça grésille, graillonne, s'effondre et déferle. Et tout le vocabulaire que vous voudrez, le champs lexical de la... Noise, encore, oui. Au sens du champs libre – je ne bégaye pas, je réitère.

Nicolas Brisset, lui, devait bien citer aussi des influences, une approche, dans La Caverne (entre les moments où ils balançaient leur... Peinture de boucan pariétal??). Mais j'avoue : cette partie là de l'interview, je l'ai oubliée (no offense, hein...). Et je n'ai pas voulu réécouter, avant de vous en parler – histoire d'en dire au maximum ce que moi, j'y entends, dans cette musique. Est-ce que ça jactait jazz ? Peut-être bien, peut-être pas... En tout cas ça se pourrait : que ça est (lui, les deux autres) croqué du free – éclaté, depuis toutes ces décennies qu'on ne sait pas ce que ça veux dire, exactement, en terme de styles, de traits qui permettraient de le définir, depuis tout ce temps (le même), qu'à l'oreille, dans l'instant, on se dit ou pas « ah oui... y'en a », que ça marque, quand ça se joue, ce qui se joue. C'est à dire, histoire ou pas, aussi : que ça ne marque pas le pas, même quand, surtout quand ça enfonce le clou.

Je divague ? Ils tapent. Elle cisaille. Ielles cognent. Il fracasse. Ça martèle – en tête et en plein bide. Vivement le concert, donc, un jour et quelque part ? Qu'on y retourne pour de bon ? Pour du si bon – je dis oui, je veux, j'y serai ! Ah ! Oui ? Et la note, vous dite ? Pourquoi pas plus ? Bah... Déjà ça n'a jamais été la question, pas seulement, pas tant que ça. Et puis, aussi... A l'heure où je vous l'écris, il semblerait que le groupe sorte tout juste de résidence. Alors en toute logique je me dis qu'il devrait sûrement bien en sortir quelque chose... Avec cette fois, dans les pattes – les doigts, les mains, les membres, les tissus et les boyaux et les fluides – tout ce qui a pu venir, à se confronter entre temps, à se plonger entre les corps de qui était venu s'y frotter. Alors je me laisse de la marge. Est-ce que j'ai hâte, d'entendre ? Eh ! Devine.

note       Publiée le vendredi 12 août 2022

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    Mr Mim Envoyez un message privé àMr Mim

    Découverts en live c'était énorme, ils rejouent au Raymond Bar avec Aluk Todolo dans un mois, si des Auvergnats passent par la... :)

    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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    Ah tiens marrant, pour ma part l'absence de chant ne me gêne pas du tout - ça ne fait pas partie des groupes où le "format instru" me fait me dire qu'il manque un truc, quoi ! (Peut-être justement en partie parce que j'entends ça comme une sorte de noiserock-freejazz ? Ça peut jouer, même si je ne saurais expliquer précisément comment...).

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    Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
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    Putain, s'ils avaient eu du chant !

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    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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    Et sinon le disque est très bien, ça vaut le coup de l'écouter même sans rapport avec Miyazki ni Taake mis d'sus, hein. (Et l'autre truc que j'ai mis en lien aussi, pour un autre angle d'attaque auditive).

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    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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    Ben je ne sais pas s'il y a un rapport, s'ils ont pensé à lui en s'appelant comme ça, s'ils en penseraient quelque chose, du rapprochement. Je me rappellerai peut-être à leur demander, si un jour je les croise.

    Message édité le 12-08-2022 à 19:12 par dioneo

    Note donnée au disque :