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Anton Bruckner (1824-1896) › Motets

  • 1994 - Naxos, 8.550956 (1 cd)

15 titres - 62:24 min

  • 1/ Os justi 5.07
  • 2/ Locus iste 2.41
  • 3/ Libera me (F minor, 1854) 5.48
  • 4/ Ave maria 3.04
  • 5/ Ecce sacerdos 5.48
  • 6/ Vexilla regis 4.47
  • 7/ Salvum fac populum tuum (1884) 3.24
  • 8/ Afferentur regi 1.46
  • 9/ Pange lingua 5.19
  • 10/ Tota pulchra es 4.49
  • 11/ Virga jesse 3.28
  • 12/ Inveni david 2.41
  • 13/ Iam lucis orto sidere (hymnus, 1868) 5.47
  • 14/ Tantum ergo (D major, 1888) 3.01
  • 15/ Christus factus est 4.54

enregistrement

Enregistré à l’église St. Bridge, Fleet Street, Londres, du 27 au 29 janvier 1994. Produit et enregistré par Gary Cole

line up

Choir of St. Brige’s Church : Robert Jones (direction) ; Matthew Morley (orgue) ; Daniel Norman (ténor 10) ; Simon Wills, Richard Cheetham, Adrain Lane, Steven Saunders (Trombones)

remarques

Ces partitions sont peu jouées et enregistrées et je ne connais pas d'autre version de ces mêmes pièces. Mais entre le fait que celles-ci sont excellentes, et que le label Naxos est dit "économique", à savoir 7 à 8 euros le disque, il y a peu d'intérêt à aller voir ailleurs...

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique sacrée-romantique

A Cappella, ou simplement soutenus de trombones solennels, les motets d’Anton Bruckner sont symptomatiques de l’écriture sacrée du romantisme, mais aussi et surtout de la personnalité sévère et dévote de leur auteur. Aucun effet virtuose, aucune sophistication technique audible, il s’agit d’une musique entièrement basée sur la gestion des intensités, sur les variations d’amplitude. A l’exception du «Tota pulchra es», pour ténor, elle est dans cette logique dépourvue de partie soliste, préférant la plastique austère du chœur, impersonnelle et abstraite. Malgré la grande sobriété des moyens mis en place, chœur souvent compact, contrepoints limités, l’ensemble est traversé d’un profond monumentalisme et d’une grande gravité : rythmes très lents, pulsations de marche funèbre, et convergence illuminée des chants en clôture presque systématique des thèmes mélodiques. Ces thèmes sont à la fois magnifiques et d’une grande sobriété ; la richesse in fine de leur expression procède du soin avec lequel Bruckner définit l’intensité d’engagement des chanteurs, dont les accès de force ou les retraits pudiques comme sur la pointe des pieds, donnent à ces lignes simples, relief et épaisseur. On est tenté de dire que sans ces mouvements d’intensités interne au déroulement de la partition, la mélodie n’existe pas. Seule cette accalmie soudaine des sopranos, qu’harmonise l’arrivée discrète des ténors, crée le sens, la dynamique et ainsi la cohérence linéaire des notes qui se succèdent. Et si les voix ne s’unissaient pas tout à coup dans une élévation presque violente, nous ne serions pas dans cette ampleur mystique et prenante, mais dans un simple Do, qui succède à un La. Loin des ornements baroque de la grande époque du motet et de la cantate, les motets de Bruckner incarnent une autre vision du chant sacré : soumise, grave… implacable. La parfaite douceur des plaines calmes, la force brute des accès, le contrôle magistral des superpositions de lignes de chant, toujours expressives ou transcendantales, jamais virtuoses, sont bel et bien la marque d’un des plus grands symphonistes de l’histoire de la musique : c’est une musique de mouvements, tout autant que de notes… mais qui s’exerce ici non pas sur l’immensité océanique d’un orchestre, mais sur la pureté céleste et minimale, car dévote, des voix humaines. Plus intense, plus directe, plus profonde encore que celle pratiquée par les maîtres ébénistes du passé, la musique religieuse d’Anton Bruckner parle au ventre… mais finit irrémédiablement par vous saisir à la gorge. Nous ne sommes pas dans la puissance dévastatrice de ses symphonies, mais nous sommes déjà, et totalement, dans la douloureuse gravité de sa soumission abandonnée à Dieu.

note       Publiée le samedi 22 juin 2002

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