Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesBAnton Bruckner (1824-1896) › Symphonie n° 6

Anton Bruckner (1824-1896) › Symphonie n° 6

cd | 6 titres | 65:46 min

  • 1 (applaudissements) [00:51]
  • 2 I. Majestoso [17:27]
  • 3 II. Adagio. Sehr feierlich [21:00]
  • 4 III. Scherzo. Nicht schnell - Trio. langsam [08:38]
  • 5 IV. Finale. Bewegt, doch nicht zu schnell [15:15]
  • 6 (applaudissements) [01:00]

enregistrement

En public, Philharmonie am Gasteig, Munich, Allemagne, le 29 novembre 1991.

line up

Münchner Philharmoniker, Sergiu Celiblidache (direction).

remarques

Celibidache, toujours... et toujours indispensable.

chronique

Styles
musique classique
romantique
Styles personnels
musique symphonique

"C'est moi Jean, votre frère, qui vous parle. Alors que je me trouvais dans cette île qu'on appelle Patmos, je fus emporté dans l'Esprit." Oui, un autre avantage d'avoir dû entendre une centaine de fois "Apocalypse de Jean" de Pierre Henry, c'est que j'ai fini par en connaître le texte par coeur, et cette traduction assez originale, "emporté dans l'Esprit", m'est revenue comme un flash à la enième écoute de cette symphonie de Bruckner : le stupéfiant image, l'extase mystique, la Révélation (sens du mot grec "apokalupsis", d'ailleurs). Et je vous pose la question : pourquoi aimons-nous la musique classique ? Pourquoi l'appelons-nous, sans peur et sans complexe aucun, la "grande" musique ? Mais avant, tiens, j'ai envie de vous poser une autre question : quel était le point commun, à part la langue parlée, entre Anton Bruckner et Emmanuel Kant, hein, bande de petits canaillous ? Eh bien, d'après tous les biographes autorisés, les deux hommes sont sans doute morts puceaux. Triste, n'est-ce pas ? Et pourtant, observez bien le point positif de la chose : jamais ils ne furent détournés de leur oeuvre, jamais ils ne perdirent de vue leur but, jamais ils ne connurent ces troubles qui les auraient empêchés d'atteindre la sublime synthèse, l'immense complétude, la forme parfaite, le commencement et l'achèvement, l'unité du tout. L'un pour répondre à la question : "Qu'est-ce que l'homme ?", l'autre pour répondre à la question : "Qu'est-ce que Dieu ?" Dieu, Révélation mystique, emporté dans l'Esprit, Bruckner, Sixième, une nouvelle antenne, en liaison directe avec l'au-delà... Ainsi, pourquoi aimons-nous la musique classique ? Pourquoi la jugeons-nous plus "grande" que les autres ? Ce sont des disques comme ceux-là qui vous apporteront, précisément, une partie de la réponse. Ce qui fonde la "grande" forme, c'est le développement d'un thème, c'est quand la mélodie, là, celle qui vous électrise dans le premier mouvement, chevauchée impérieuse et grandiose, où celle qui vous bouleverse dans le deuxième, requiem pour une âme déjà entrée en Paradis, cette mélodie ne se contente pas d'être répétée, elle mute sous vos yeux, dans un processus long et fascinant, elle éclôt, se déploit, et finit par réapparaître métamorphosée, identique et différente, comme en majesté, parce qu'elle aura accumulé en elle tous les épisodes précédents, elle s'en sera chargée pour opérer sa mue. Et c'est cette expérience ultime, au fond, que propose la musique classique : assister à un tel processus. Quand on en a pris conscience, on ressent une sorte de joie, de bonheur vraiment unique, que les autres musiques, qui ont bien sûr des arguments à faire valoir, n'apportent pas. Elle joue plus que tout sur ce paramètre, nécessaire à sa croissance : le temps (ou plutôt : la durée) ; prenez-le, je vous en conjure, et venez nous rejoindre. Tiens, je n'ai pas beaucoup parlé de cette Sixième en particulier. Elle n'est sans doute pas plus géniale que les autres symphonies de Bruckner, mais elle ne l'est pas moins. Et je l'aime particulièrement. Le deuxième mouvement, notamment, déploie devant nous un horizon diaphane, d'une beauté ascensionnelle progressivement inondée de lumière, qui égalise tout dans ce néant mystique synonyme d'ataraxie, ou quand le plus bouleversant épanchement de tristesse romantique jamais entendu, devient extase.

note       Publiée le samedi 19 décembre 2009

partagez 'Symphonie n° 6' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Symphonie n° 6"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Symphonie n° 6".

ajoutez une note sur : "Symphonie n° 6"

Note moyenne :        1 vote

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Symphonie n° 6".

ajoutez un commentaire sur : "Symphonie n° 6"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Symphonie n° 6".

Jacques Capelovici › samedi 19 décembre 2009 - 16:55  message privé !

Ceux-là, ils ne se sont pas souillés avec des femmes, ils sont vierges ; ceux-là suivent l’Agneau partout où il va ; ceux-là ont été rachetés d’entre les hommes comme prémices pour Dieu et pour l’Agneau. Jamais leur bouche ne connut le mensonge : ils sont immaculés.

born to gulo › samedi 19 décembre 2009 - 15:57  message privé !

en même temps, La Réponse d'un puceau à "qu'est-ce que l'homme ?" ou à "qu'est-ce que dieu?" ...