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René Splinter › Transit Realities

cd | 12 titres | 56:41 min

  • 1 Alaska (28:19)
  • 2 Denali [ 2:08]
  • 3 Kenai [ 2:39]
  • 4 Alatna River [ 12:40]
  • 5 Bering Glacier [ 6:58]
  • 6 Snowmobile Race [ 4:10]
  • 7 Fairbanks [ 1:44]
  • 8 Metropolitain (26:22)
  • 9 Transit Line [ 6:31]
  • 10 Bahnhof Zoo [ 6:05]
  • 11 Palast [ 8:15]
  • 12 The Big Star [ 5:31]

enregistrement

Composé et enregistré entre Juin 1992 et Février 1993, restauré digitalement et remixé entre Décembre 2008 et Juillet 2009

line up

René Splinter (Synthés Elka Synthex, Korg DSS-1, SCI Pro-One, Korg Mono/Poly et Yamaha CS2M. Séquenceurs Roland CSQ600 et Drums Computers Korg DDD1 et Roland TR808)

remarques

Pour plus d’informations sur René Splinter et visionner des vidéos, on peut visiter son site Web à l’adresse suivante : www.renesplinter.com

chronique

Après un premier album modulé sur les empreintes de ses influences, René Splinter nous offre en Transit Realities un album plus personnel. Un album dont on peut toujours sentir des réminiscences de Tangerine Dream mais où le synthésiste des Pays-Bas démontre une belle approche mélodieuse et orchestrale. Divisé en 2 actes musicaux, Transit Realities est un voyage touristique entre les frontières de l’imaginaire et de la réalité. Alaska est composé à partir des photos d’un livre sur ce pays arctique et offre une approche plus poétique et romanesque alors que Métropolitain suit un périple effectué en Allemagne et nous submerge d’un bain musical aux forts arômes teutoniques. Sur ces 2 visions totalement à l’opposé des réalités, René Splinter tisse deux longues toiles musicales où les nerveuses séquences papillonnantes forgent des rythmes évolutifs et les structures mélodieuses s’enchevêtrent sur de beaux et saisissants arrangements orchestraux qui ne sont pas sans nous rappeler un certain Johannes Schmoelling. Court et efficace, "Denali" ouvre ce voyage imaginaire de l’Alaska avec une belle approche symphonique. Une ligne de basse pulsatrice et sautillante éveille les roulements de grosses caisses ainsi que de solides percussions qui supportent une structure rythmique mouvementée, fragmentée par les impulsions des cors et des envolées de violons. Fumants, ces arrangements orchestraux encadrent un rythme lourd et hachuré d’où s’échappe une douce mélodie au tendre fumet asiatique pianotée sur un piano délicat. Un piano dont les notes se fondent à un mouvement séquentiel et nous guide aux portes du romanesque "Kenai". Cette courte mélodie mélancolique aux notes et accords sautillant délicatement dans des nuages de brume et des cordes de violons, transpire les belles mélodies de la période Underwater Sunlight et nous transporte à "Alatna River" et ses rythmes évolutifs. Une série de séquences entrecroisées palpitent et déboulent sous divers souffles et lamentations d’un synthé aux sonorités aussi ténébreuses qu’irisées. Avec ce rythme en constante permutation "Alatna River", dévoile un superbe jeu de séquences qui s’accouplent à des percussions pour former des rythmes sectoriels. Des rythmes tantôt pilonnés, tantôt saccadés et tantôt hypnotiquement arythmiques qui encadrent de belles mélodies des années Underwater Sunlight et Tyger et où le synthé crache des lignes de violons, libère des brumes mélancoliques et fusionnent ses solos aigus avec ceux d’une guitare chimérique. Après une intro aux tonalités aussi hétéroclites qu’atmosphérique, "Bering Glacier" secoue ses parcelles sonores avec un beau mouvement séquentiel progressif. Le rythme croissant sur des séquences et des percussions électroniques aux terminaisons crotalées, "Bering Glacier" dévoile une belle approche mélodieuse avec des chœurs suaves et des coups de violons qui continue dans les sillons de "Snowmobile Race" alors que "Fairbanks" clôture ce voyage imaginaire en Alaska avec une tendre mélodie où un piano accompagne un synthé flûté, réveillant en nous la finale de Legend. Très bon! Une sinueuse onde résonnante perce le néant, poussant une séquence pulsatrice à pilonner un tempo hypnotique. Le ciel strié d’iridescentes lames de synthé, "Transit Line" ouvre Metropolitain avec des séquences nerveuses qui palpitent frénétiquement dans une lourde structure rythmique pour s’accoupler à des percussions et des puissantes cymbales métalliques. Ce titre construit sur une structure riche et assez complexe est nourri d’un rythme lourd qui monte et descend sur des séquences trépidantes, fustigeant aux passages un synthé aux lourds riffs et aux puissantes nappes. Un synthé aussi symphonique que caustique qui berce aussi de beaux solos et de fines harmonies moulées dans un tintamarre urbain. "Bahnhof Zoo" colle la finale de "Transit Line", mais offre une structure rythmique plus suave et chaleureuse. Les réminiscences de Tangerine Dream abondent sur ce titre aux séquences divisées entre un rythme ondulant ou pulsatoire. Un rythme quelque peu saccadé où les percussions claquantes et échoïques sont embrassées par un superbe synthé nasillard. Un synthé qui sectionne ses mélodies pour les offrir parcimonieusement dans un suave mélange de ses tonalités. Tantôt serein et tantôt hoquetant, ce rythme indécis nous submerge dans les souvenirs musicaux de Thief et Exit. L’intro de "Palast" ralentit la cadence avec une mystérieuse brume synthétisée qui flotte dans un univers de perdition. Une pulsation émerge et éveille un synthé dont les souffles aigus et lamentations fantomatiques recouvrent un rythme latent. Encore là, les réminiscences de Tangerine Dream nous bouffent les oreilles avec cette intro voilée d’une approche aux sonorités irisées. À la 3ième minute René Splinter couche de superbes arrangements orchestraux avec une nuée de violons qui tracent la forme harmonique d’une chute de flocons de neige. Cette mélodie hachurée débouche sur un mouvement séquentiel entrecroisé dont les courbes ascendantes sont nourries par de belles percussions, des riffs de synthé aux sonorités bien connues et aux solos aux arômes d’une guitare que l’on reconnaitrait entre toutes. "Palast" nous accroche avec une finale rebelle pour conclure vers la nébuleuse intro de "The Big Star" et de sa belle ballade qui nous amène indéniablement au cœur de la glorieuse période Franke, Froese et Schmoelling. Plus personnel qu’Almery et moins centré sur l’épicentre de ses influences, René Splinter étonne avec Transit Realities. Certes que l’on y entend les emprises musicales de Tangerine Dream. Mais cette fois-ci l’approche est plus différente avec des superbes arrangements orchestraux qui embellissent les harmonies des synthés ainsi que les solos, tout en gravitant autour d’un savoureux mélange de séquences et percussions. Il en résulte en un très bel album où les rythmes progressifs et modulaires supportent des structures aussi mélodieuses que mystérieuses. Des structures envoûtantes qui nourrissent 2 longs volets musicaux aux antipodes d’un voyage imaginaire, effectué au cœur des influences épisodiques de Tangerine Dream. Excellent; 4 boules et demi!

note       Publiée le lundi 31 octobre 2011

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