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Grandaddy › Just Like the Fambly Cat

  • 2006 • V2 VVR1039472 • 1 CD

cd • 15 titres • 60:51 min

  • 1What Happened...02:19
  • 2Jeez Louise03:41
  • 3Summer… It's Gone05:30
  • 4Oxygen / Aux Send01:08
  • 5Real View Mirror06:08
  • 6The Animal World04:53
  • 7Skateboarding Saves Me Twice03:22
  • 8Where I'm Anymore06:07
  • 950%01:02
  • 10Guide Down Denied06:32
  • 11Elevate Myself03:41
  • 12Campershell Dreams03:44
  • 13Disconnecty03:34
  • 14This Is How It Always Starts06:46
  • 15Shangri-La (Outro)02:16 [reprise de Electric Light Orchestra]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré et produit par Jason Lytle

line up

Jason Lytle, Kevin Garcia, Aaron Burtch, Jim Fairchild, Tim Dryden

Musiciens additionnels : Rusty Miller (choeurs)

remarques

chronique

Styles
indie rock
pop
Styles personnels
indie pop lo-fi céleste

Avant de mourir, les chats cherchent un endroit isolé pour s'éteindre à l'abri des regards. Il est passé où le minou ? Le minou nous a même pas dit au revoir. Jason Lytle, lui, avant de mettre fin aux jours de son groupe Grandaddy, a décidé au contraire de mettre le paquet pour des adieux dignes du parcours effectué dans les dix années précédentes. Terminé l'ascèse d'un EP un peu fatigué, avant de clore ce chapitre de sa vie et de dire adieu à Modesto par la même occasion, Lytle lâche la bride et se permet tout, plus question de calibrer son écriture en espérant un quelconque retour sur investissement, de toute façon la sortie de l'album marque l'avis de décès de la formation qui ne tournait plus depuis déjà quelques années. Du coup Jason se sent léger, débarrassé de cette maudite pression, il n'a plus ce noir nuage au-dessus de la tête, il peut se laisser aller à toutes ses envies de gros riffs, de mélodies imparables, d'arrangement pseudo-orchestraux entièrement interprétés dans la cuisine, de délires punkoïdes, de plages plus expérimentales où les textures flottent sans but précis et où les quelques paroles reviennent en boucle comme des mantras. Le résultat : un dernier album de Grandaddy qui ressemble à un best-off de morceaux qui ne seraient jamais sorti, un aboutissement créatif qui coule dans les oreilles bien plus facilement que le monolithe "Sumday" grâce à une grande variété de ton. Evidemment la patte de Lytle est immédiatement reconnaissable et quelques airs d'ici et là en évoquent d'autres, mais on n'y trouve vraiment nul bégaiement dans l'écriture ni les thématiques qui, toute désabusées qu'elles soient souvent, marquent aussi l'apparition d'une éclaircie et d'un désir clair et net de se tirer ailleurs, loin de la grisaille de Modesto où Jason Lytle ne se reconnait même plus lui-même. Du riff inaugural et multi-piste de "Jeez Louise", génial premier morceau agacé, noisy et plein de colère, véritable coup de poing qui lance l'album sur des rails bien électrifiés, à la reprise du thème baroque et grandiloquent de "Shangri-La", reprise d'Electric Light Orchestra, c'est une succession de morceaux comme un grand-huit de sensations qui retournent un peu le coeur, oscillant entre de hautes virées spatiales et mélancoliques, des accélération rageuses pétries d'ironie ("50 % less words in 2006" gueule-t-il comme un petit skate-punk exaspéré) et des virages aux accents pop irrésistibles, avec force gimmick mélodiques qui ravissent les sens à tous les coups. A ce titre, comment ne pas tomber le cul par terre devant la perfection d'un morceau comme "Where I'm Anymore", ses miaulements doublés de petits tintinabulement de claviers au refrain, sa mélodie faussement décontractée alors que Jason déambule dans une ville, une vie qui lui est d'un coup étrangère, sans parler de ce pont où une guitare pathétique arrive juste à l'heure, pile à MIDI, et une conclusion instrumentale juste assez longue pour virer à l'hypnotique. Ou le planant "The Animal World" dont les textures de synthés semblent s'écrouler systématiquement sur elles-mêmes alors que Lytle ressasse une sorte de prière à la gloire des animaux des vieux films des années d'antan, avant que tout ne se perde dans une cacophonie sauvage quasi ambient qui n'est pas sans rappeler le "Cheyenne Autumn" de Murat, lui aussi inspiré par un monde disparu mais fixé sur la pellicule argentique. D'ailleurs jamais Grandaddy n'aura sonné aussi cinématique, "Skateboarding Saves Me Twice", quasiment instrumental, se développe en cinémascope lo-fi, décalque en relief amateur des immenses fresques psyché-National-Geographic que les lointains cousins New-yorkais des Catskills Mercury Rev avaient coutume de dresser dans la voûte céleste. Et puis forcément ces morceaux mid-tempo déjà si familiers mais dont il est impossible de se lasser tellement Lytle met tout son coeur d'artisan bricolo et sa petite voix au service de longue ballade comme "Guide Down Denied", laisser les synthés dérouler leur spleen de peu avec une humble élégance envoutante. Plus question pour Jason Lytle de se laisser enterrer par tout ça, cependant, il vide ses cartons et fait ses valises. La vérité de l'album, au-delà de ses longues dérives tristos, est dans le tube absolu "Elevate Myself" où il renoue avec une accroche aussi débile et imparable que jadis "AM 180", tout est là-dedans, ce qui aurait pu faire de Grandaddy un groupe au succès planétaire : la mélodie, le gimmick qui tue, les harmonies vocales, la petite touche aérienne et un refrain immédiatement contagieux. Hymne au renoncement joyeux cette-fois, histoire de trouver un lieu où Jason ne se détesterait plus, loin de la pression d'un cirque du music business qui ne lui a rien apporté, qu'une gloriole critique et une fatigue mentale et physique irrépressible. "It's been real and it's been fun, but it hasn't been real fun" écrivait-il dans les notes de son album précédent. Cette fois-ci, il a trouvé sa voie, il en termine avec Grandaddy sans regret ni remord : "This is How It Always Start" a tout d'un générique final, le soleil couchant sur Modesto alors que Jason prend ses cliques et ses claques et s'en va, enfin délesté, vers un nouveau havre de paix. C'est là qu'il ose placer cette outro majestueuse, repiquée à la main en atelier, sans se préoccuper du jugement des autres, une fermeture céleste bien digne de Grandaddy, le très grand groupe d'un type simple.

note       Publiée le samedi 27 septembre 2014

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(N°6) › samedi 4 mars 2017 - 17:48 Envoyez un message privé à(N°6)
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Ca fait plaisir. Lytle tout seul c'était un peu du Grandaddy light (orchestra) de toute façon.

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Aladdin_Sane › samedi 4 mars 2017 - 17:22 Envoyez un message privé àAladdin_Sane

Bon, le nouvel album (Last Place) vient de sortir et on y retrouve tout ce qui fait le charme de Granddady : les mélodies pop sucrées, le côté lo-fi bricolé et la voix inimitable de Jason Lytle.

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(N°6) › vendredi 9 septembre 2016 - 11:28 Envoyez un message privé à(N°6)
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Alors voilà une excellente nouvelle ! Même si c'était toujours Jason Lytle avant tout, ses albums solos n'étaient quand même pas au même niveau que du Grandaddy.

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Aladdin_Sane › vendredi 9 septembre 2016 - 11:09 Envoyez un message privé àAladdin_Sane

Nouvel album en préparation, déjà 2 titres en écoute : http://www.popisonfire.fr/2016/09/grandaddy-nouveau-titre/

J'ai hâte !

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