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Lard › Pure Chewing Satisfaction

cd • 8 titres • 37:26 min

  • 1War Pimp Renaissance
  • 2I Wanna Be A Drug-Sniffing Dog
  • 3Moths
  • 4Generation Execute
  • 5Faith Hope And Treachery
  • 6Peeling Back The Foreskin Of Liberty
  • 7Mangoat
  • 8Sidewinder

line up

Jello Biafra ("Mr. Microphone"), Al Jourgensen (a.k.a. Rev. Al Jourgensen) (guitares, claviers, programmation, production), Bill Rieflin (batterie), Ayatollah, Rev. Paul Gordon Barker (basse, claviers, programmation, production)

remarques

chronique

Lard, ça veut dire Saindoux en ricain. Le saindoux, c'est la survie, et là c'est le campagnard intégriste qui cause les enfants : si vous n'avez plus de beurre ou d'huile mais qu'il vous reste un pot de rillettes au frigo, vous faites quoi ? Vous raclez la surface - le truc blanc et moche là, ça se jette jamais - et vous vous en servez en priorité pour la cuisson des patates, et les tartines au petit déjeuner. Aucun risque pour la santé, même quotidiennement. Inutile en revanche, j'imagine, que je vous rappelle l'idéologie derrière le pseudonyme d'Eric Reed Boucher ? Google, poodles. Si vous connaissez le Ministry metal des années 90, et si vous connaissez la voix et la toxicité politique de l'homme de front des Dead Kennedys, vous n'avez qu'à les associer : c'est Lard. Et Pure Chewing Satisfaction, c'est l'album "jumeau chèvre" du dernier Ministry en date, Filth Pig, dont il a le son, la texture. Vous voyez pas à qui je fais allusion en disant "chèvre" ? Allons, allons : avec John Lydon ça aurait pneu ou prou donné le même genre de came, ne nous mentons pas, mais dans le fond on s'en fout : Biafra envahit l'atmosphère, plus encore que ces grosses guitares proto-rammstein mises sur rails comme des locomotives débiles qui crissent à satiété. C'est lui qui rend l'air irrespirable, qui absorbe tout l'oxygène audio. Shooté à l'hélium et en rut. Biafra est un mec qui je dois l'avouer m'a toujours fait un peu flipper, physiquement pour ses airs de Richard Ramirez empâté, en prenant de l'âge... Et surtout, passés les premiers ricanements, pour sa voix radiocactive, qui peut faire fait tomber les sourcils. Sans parler de la personnalité supra-punk du gars, "américaine-anti", inspiration possible pour le personnage de Tyler Durden dans le Fight Club de Palahniuk (surtout les passages avec le gras de liposuccion extrait des grosses bourgeoises et reconstitué en savon de luxe pour être revendu aux mêmes dans les parfumeries, ça pour moi ça pourrait être un concept de Biafra - et la pochette de Pure Chewing Satisfaction est totalement dans cet esprit). Jello vocalise pour le coup sur un album qui fait assez "calibré" pour du Alternative Tentacles, plus que The Last Temptation Of Reid. Mais sept ans, deux RevCo très cools, et deux albums de Ministry pour le moins massifs les séparent. Pure Chewing Satisfaction est plus limpide et plus métallique, et plus tranchant, dans le sens "heavy-metal" du terme. "I wanna be a drug-sniffing dog", c'est un des gros tubes jourgenseniens. Mais c'est valable aussi pour les sept autres, en fait. Pas le groin d'un déchet ici, la durée limite le permet pas. Manque de longueur, c'est net. Mais alliage homogène. Ambiance de cartoon chargé en acier. Avec par moments une ampleur rigoureusement épique, disons-le carrément : "Faith Hope and Treachery", c'est épique comme le son d'un Pandemonium de KJ, délesté de sa goth-trance. Le refrain hXc de "Peeling Back The Foreskin Of Liberty" avec ses crachats de scie circulaire, c'est pas plus mauvais. "Mangoat", c'est indécent, le hululement de Biafra (= Goatman) sur ce gros riffing-container, c'est jouissif. Les roulements de batterie à la "So What version live" (la seule la vraie) sur ce "Moths" sorti direct du cul de Psalm 69, et les tempi toujours aussi invariables que du disco ou du hip-hop, nous rappellent si besoin était que ce skeud est bien chapeauté, que dis-je stetsonisé, par l'inénarrable Al Jourgensen. Cerise et seul titre post-punk du lot : le final bien bassueux (Barker représente !), réminiscence de la fin des années 80, et qui fleure bon le Scratch Acid. Ce skeud est comme son artwork recto ou verso : y a rien à jeter, on est dans le plus pur et le plus cristallin mauvais goût.

note       Publiée le lundi 2 juin 2014

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taliesin › vendredi 6 juin 2014 - 23:19  message privé !

Ah bein que d'accord avec Julius, pour moi le chef-d'oeuvre c'est 'The Last Temptation...', suivi du ep 'The Power...'. 'Pure...' est excellent mais reste limite anecdotique, alors que sur 'The Last...', chaque titre est une merveille !

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Demonaz Vikernes › jeudi 5 juin 2014 - 08:06  message privé !

Excellent album, encore. Petite préférence pour les 2 premières réalisations néanmoins. L'ep qui suivra sera anecdotique par contre.

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Dun23 › mercredi 4 juin 2014 - 16:54  message privé !

Moi, j'aime les deux, je suis pas bien difficile...

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Winslow › mardi 3 juin 2014 - 20:23  message privé !

Je m'y connais pas du tout en métal/indus, d'ailleurs j'aime pas vraiment ça. J'ai écouté l'album par curiosité et c'est pas si déplaisant, c'est pas ma nouvelle passion non plus.

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Klarinetthor › mardi 3 juin 2014 - 18:34  message privé !

jamais compris pourquoi tout le monde prefere l'autre

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