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Boss Hog › Boss Hog

  • 1995 • Geffen GED 24811 • 1 CD

cd • 15 titres • 39:23 min

  • 1Winn Coma02:17
  • 2Sick03:43
  • 3Beehive01:51
  • 4Ski Bunny02:01
  • 5Green Shirt01:51
  • 6I Dig You03:15
  • 7Try One01:49
  • 8What The Fuck01:54
  • 9White Sand02:40
  • 10I Idolize You03:00 [reprise de Ike & Tina Turner]
  • 11Punkture02:30
  • 12Strawberry02:51
  • 13Walk In02:55
  • 14Texas03:52
  • 15Sam02:53

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Sear Sound, NYC, 1995. Produit par Jonathan Spencer et Steve Fisk.

line up

Jens Jurgensen (basse), Cristina Martinez (chant), Hollis Queen (batterie), Jon Spencer (guitare, chant)

remarques

Photographies par Michael Lavine

chronique

Styles
rock
garage
blues
funk
punk
Styles personnels
garage-blues-punkoïde-funky dans ta face

Boss Hog est un remède à la tiédeur. Et c'est aussi le groupe le plus sexy dans lequel officie Jon Spencer. Et par sexy j'entends au sens reptilien du terme, animal, carnassier, agressif. Rock'n'roll en somme. Et si Cristina Martinez posait nue sur les premières pochettes du groupe, le contenu l'était tout autant, nu. Cru, abrasif, sans habillage autre que le bruit pur et dur, celui qui larsen et qui syphonne les tympans. Quelques années plus tard et malgré un changement de personnel entourant le couple Spencer/Martinez, rien n'a vraiment changé dans la forme. A peine un peu plus de mélodies et toujours autant de sauvagerie. Et toujours plus de sexe. Parce que Cristina chante plus qu'avant, et d'autant mieux. D'ailleurs Boss Hog ça a toujours été le groupe de Cristina avant tout, même si Jon vient faire le couillon régulièrement en crooner rockabilly déchiré du bulbe ou pour partager l'affiche comme dans ces grands duos de hors-la-loi de la country, avec cow-bells, harmonies vocales mâle/femelle et dialogue amoureux du genre relevé au tabasco. Du concis, du bluesy rocailleux et noisy balancé souvent en moins de deux (minutes), du roots-rock tombé dans la friture bruitiste new-yorkaise sur lequel la belle Cristina joue de ses grognements de femelle pas baisante, un doigt levé bien haut pour ta gouverne. Des coups de latte, un baiser, c'est son crédo à Cristina. Et celui de Jon c'est du riff bien crasseux à travers la gueule, comme un bon coup de 'tiags qui te réveille au petit matin après t'être écroulé bourré au pied du comptoir. Rétro la paire Spencer/Martinez ? Nan. Ils n'ont pas attendu le grotesque "retour des guitares" des années 2000 pour creuser leur sillon originel, tout en analogique. Et pas enfermés dans l'orthodoxie noisy-arty-downtown non plus, depuis le temps Jon fini par en jouir de ce vieux rock bluesy et de tout ce qu'il trimballe de secousses sismiques dans son microsillon, à savoir un petit break foutrement hip-hop par-ci, une rythmique bien funky par là. C'est l'avantage de se trimballer avec une cocotte comme la Martinez, la noirceur post-moderne dégueulasse ça va cinq minutes, mais en grandissant on comprend vite que les nanas, même les plus furibardes, ça aime danser. Et pour les faire bouger, les nanas, vaut mieux miser sur la Motown que sur la no-wave. Question d'animalité plutôt que de cérébralité encore une fois. La déconstruction, c'est comme les Légos, c'est amusant pour le sale gamin qui sommeille en nous, mais pour ce qui est de la sueur et de la baise, Cristina préfère qu'on lui glisse un bon vieux "funk you". D'ailleurs de punk à funk il n'y a qu'une lettre que le couple s'empresse de switcher en reprenant un standard d'Ike & Tina, dans une sortie échangiste goulue de soul sixties. Mais globalement ça fait quand même surtout bander les vumètres, qui se gorgent de pourpre au sons des éructations saturées des guitares et des prouesses orales de Cristina, amazone en pantalon de cuir devant laquelle même le cinglé Spencer ne viendrait pas trop la ramener. Volontier dissonant et gargouillant de magma bluesy explosé, avec des bouts qui collent au mur, parfois caressant à rebrousse-poil les lacérations punkoïdes avec un chant ouvertement sensuel avant de recoller trois claques, parfois par derrière et en loucedé, les Spencer sont fourbes. Toujours du bien vicieux, pour sûr, et puis qui inquiète son monde un peu quand d'un coup c'est sur un piano grave et des cordes en pizzicato et en coups de poignard genre Psychose que la Martinez se fait carrément flippante, genre allumée totale qui écrase ton chien et qui te le sert au dîner. Boss Hog se serait un peu posé pour leur début sur le gros label de Geffen ? La bonne blague. Des furieux menés par un couple pareil c'est aussi incontrôlable que la Bande à Baader, c'est la Route 66 mise à feu et à sang, c'est la vielle Amérique repassée et concassée dans un ampli qui sature à mort. C'est du rock'n'roll de bandits, alors dansez maintenant, en priant pour qu'ils ne vous achèvent pas d'une balle dans la nuque tout en gloussant, ces deux oiseaux de malheur.

note       Publiée le mardi 22 octobre 2013

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Klarinetthor › mardi 22 octobre 2013 - 16:36  message privé !

du rock n roll de bandit, mais je trouve que ça aurait pu etre plus énergique. Peut-etre la comparaison avec certains JSBE qui me rendent totalement dingues.

Note donnée au disque :