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Boss Hog › Cold Hands

cd • 9 titres • 28:07 min

  • 1Gerard02:32
  • 2Eddy03:13
  • 3Bug Purr02:27
  • 4Red Bull03:21
  • 5Go Wrong02:54
  • 6Pete Shore03:09
  • 7Domestic03:08
  • 8Duchess05:05
  • 9Pop Catastrophe03:01

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Soundscape, New York en Septembre 1990 par Con Ed Blair & Peter Arsenault (1 à 3, 5 à 9) & à Chicago par Steve Albini (4)

line up

Cristina Martinez (chant), Charlie Ondras (batterie), Jon Spencer (guitare, chant), Jerry Teel (guitare), Kurt Wolf (guitare)

Musiciens additionnels : Santiago Durango (guitare), Kurt Hoffman (saxophone)

remarques

L'artwork (photographie de Michael Lavine) n'a joué aucun rôle dans la rédaction de cette chronique. Mais si une bonne âme veut me faire parvenir le LP original...

chronique

Styles
rock
noise rock
no wave
garage
punk
Styles personnels
punk bluesy en rut

Et mes épaules, tu les aimes mes épaules ? Et mes cuisses, tu les aimes mes cuisses ? Approche toi un peu que je te sussure un truc à l'oreille… "My name is Eddy ! I have a big problem ! I have a simple solution !" On n'en doute pas Cristina, vu l'aplomb féroce avec lequel tu assènes un "My name is…" beaucoup plus intimidant qu'un petit blanc bec de Detroit. Cristina est une sirène. Cristina est nue, belle et nue. Rien qui ne présuppose ce déferlement chaotique de blues dissonant dissout dans l'acide. Cristina est une sirène. La sirène des rues de New York, celle qu'on entend dans les rues de New York. Stridente, lancinante, qui te renverse sur le trottoir d'une impasse cradingue pour te faire ton affaire, style amazone. New York c'était le bruit, la fureur, le risque de se faire planter à tous les coins de rue. Boss Hog, c'est New York avant Giuliani, c'est de la bombe bébé, c'est Cristina qui t'entraîne au fond de la ruelle pour se mettre à genou, crois-tu, et qui t'en mets un coup là où je pense alors que son mec en blouson de cuir, le rockabilly psychotique, ricane en arrière. Faut l'entendre Cristina rugir comme un mec, son nom est Eddy, elle carbure aux grosses cylindrés, bien chargés les riffs qui te piétinent, martelé le piano désacordé par un instrumentiste manifestement déglingué au bourbon, pilonné bien consciencieusement la rythmique, jusqu'au coïtus interruptus, jusqu'à faire son affaire. Noise-rock de partouzards blagueurs, "Red Bull" et son sample introductif de trompette militaire, ses guitares déliées à l'antirouille qui en reprennent le motif façon teasing lascif, ses irruptions qui pètent les tympans par surprise, et puis Cristina loin dans le fond, elle a bien dit "that makes me come…" ou c'est moi ? C'est qu'on entend mal à travers les grillages des grincements… Ambiance de menace permanente, basse qui ronfle en rond alors que les guitares tentent tant bien que mal de jouer du blues avec ce qu'il reste d'énergie quand on a un poignard dans le ventre et que les chiens errants hurlent à la mort, "Bug Purr". New York, repaire de chelous qui psalmodient sur des rythmiques à l'envers, effet psyché dans les poubelles, Cristina la copine défoncée pas farouche sur le canapé tout taché, les yeux dans le vague, "Domestic", on baisera plus tard, après avoir vomit ses cachetons sans doute. Des ambiances crades qui sentent pas la bougie parfumée aux huiles essentielles, et Jon Spencer qui passe le blues au bondage, le tord dans tous les sens, lui fait un sort en ressortant du sax qui crisse comme à la belle époque, "Go Wrong", et puis débite une rage primale brut de fonderie, "Gerard", Cristina est sa sirène, il lui tire les cheveux, elle glapit, elle aime ça, ça attire du monde, c'est un piège. "Duchess", c'est du blues qui ressemble à du blues, ou presque, Spencer a avalé son micro, ça le fait marrer, il rockabillise du fond de l'écho, sa sirène nageant autour de lui, elle sait chanter la bougresse, quand elle s'y met. Du blues sexuel en duo, alignez-vous les revivalistes à venir, Jon & Cristina, c'est les Bonnie & Clyde de l'échangisme noisy. Ils flottent dans ces eaux saumâtres, inquiétantes, saturées d'énergie sexuelle et de décibels mal alignés avec une aisance repoussante, "Pop Catastrophe", ils sont chez eux, entre eux, ils s'aiment dans ce marmiton de dissonances. Jon joue pour elle du punk-blues bien dégueulasse. Cristina demande, nue et l'air ingénue : "C'est quoi dégueulasse ?"

note       Publiée le samedi 7 avril 2012

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