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T. Rex › Born to boogie

dvd1 • 25 titres • 00:00 min • born to boogie (the motion picture)

  • 1Opening Titles
  • 2Jeepster
  • 3Baby Strange
  • 4Electric Wind (Poem)
  • 5Tutti Frutti
  • 6Children Of The Revolution
  • 7Look To The Left (Poem)
  • 8Spaceball Ricochet
  • 9Some People Like To Roll (Poem)
  • 10Cosmic Dancer
  • 11The Tea Party
  • 12Hot Love
  • 13Get It On
  • 14Chariot Choogle (End Credits)
  • T. Rex In Concert 8.30pm, 18th March 1972
  • 15Rosko's Intro
  • 16Cadilac
  • 17Jeepster
  • 18Baby Strange
  • 19Spaceball Ricochet
  • 20Girl
  • 21Cosmic Dancer
  • 22Telegram Sam
  • 23Hot Love
  • 24Get It On
  • 25Summertime Blues

dvd2 • 11 titres • 00:00 min • t-rex in concert 5.30pm - 18th march 1972

  • 1Rosko's Intro
  • 2Cadilac
  • 3Jeepster
  • 4Baby Strange
  • 5Spaceball Ricochet
  • 6Girl
  • 7Cosmic Dancer
  • 8Telegram Sam
  • 9Hot Love
  • 10Get It On
  • 11Summertime Blues

enregistrement

Born to Boogie réalisé par Ringo Starr

line up

Marc Bolan (chant, guitare), Steve Peregrin Took (percussions diverses), Steve Currie (basse), Bill Legend (batterie)

remarques

chronique

Styles
folk
rock
Styles personnels
glam rock

S’il reste encore des gens qui veulent se mettre à T-Rex et qui n’ont pas déjà pris leur claque au son d’Electric Warrior, voilà un bon moyen de plonger dans la psyché si poétique et unique de Marc Bolan. Born To Boogie est un film sorti en 72, réalisé par Ringo Starr exactement dans le même esprit Lewis Carollien et irresponsable que Magical Mystery Tour ou encore les vidéos de Strawberry Fields, Penny Lane et Hello Goodbye des Beatles. L’idée était, comme pour ces films et clips mentionnés, de surfer sur une T-Rextasy qui faisait en tout point écho à la Beatlemania de 9 ans plus tôt, en tournant des séquences qui combleraient les fans avides ne pouvant se déplacer voir leurs idoles en chair, permettant à ces dernières de souffler un peu. Des séquences à l’onirisme pastoral et à l’humour "camp" plus-british-tu-meurs, qui ont le mérite d’interloquer autant que faire rêver les fans, et de laisser durablement une drôle d’impression douce-amère dans le subconscient. En 72, T-Rex est à son sommet absolu de gloire, tout comme la vague glam rock (Bowie vient de percer méchamment avec Ziggy Stardust, dédiant une chanson à Bolan, de qui il suce avidement la roue). Ça ne fera que redescendre après ça. Bolan le sait peut-être, lui qui vient – déjà – d’essuyer son premiers revers avec la tournée américaine dont il revient tout juste – un fiasco où explosera la véhémence des ricains envers ce phénomène de foire qu’est le glam anglais. Du coup, il immortalise sa propre aura, et surtout la folie furieuse de ses fans – quasi exclusivement de jeunes jouvencelles de 13 à 19 ans – dans un film. Ringo Starr, qui traîne avec Zappa comme avec la jet-set cinéma et rock de l’époque, se prend évidemment d’amitié pour ce type qui porte seul la pression que les Beatles ont vécu à 4. Son film a beau sentir la déconne Monthy Pythonesque à chaque seconde, il n’en est pas moins réalisé par un musicien et ça se sent : tout est au service des chansons : les séquences tournées ne viennent qu’entrecouper le concert de comeback de T-Rex à la maison, avec en prime quelques morceaux filmés en studio par un supergroupe costumé : T-Rex + Ringo à la batterie et Elton John au piano, en mode éclate totale. On a également droit à un medley acoustique superbe par Marc Bolan de ses + gros tubes, assis dans l’herbe avec un quatuor à cordes derrière lui ! Un moment de grâce qui fait la jonction avec la 1ère incarnation folk du groupe : Tyrannosaurus Rex (dont un live d’une chanson figure dans les bonus). Quant au concert en lui-même, qui figure en version intégrale en bonus, il est ultra-dense et débordant d’énergie, dont on ne sait si elle émane du public – tellement hystérique que les barrières de sécurité sont à 20 mètres de la scène – ou de Bolan, qui se révèle complètement sauvage à la gratte, enchaînant les poses de guitar-hero, les solos courts mais furibards, et les plans noisy Hendrixiens (il lui succède en bien des points…) avec tambourin frotté contre les cordes, bien punk voire noise avec de l’avance… Le caméraman ne se prive pas de filmer les pucelles en mode berserk, ce qui donnera sûrement envie à Bowie de s’auto-glorifier de la même manière l’année suivante en filmant son "suicide" de Ziggy Stardust. La version double DVD contient un reportage sur l’histoire du groupe jusqu’au moment du tournage, situé entre Electric Warrior et Slider, ainsi qu’un concert filmé le même jour au même endroit, quelques heures + tôt ! La setlist est la même, mais on ne se lasse pas de ses moments forts : un Baby Strange rageur et taillé pour le live, le final orgiaque de Get it On, ou celui, fédérateur, de Hot Love ; ou encore les versions acoustiques bouleversantes de Spaceball Ricochet et surtout Cosmic Dancer, ici interprété avec une nudité et une impudeur toute Bolanienne… à la fois fragile et invincible, ce personnage est l’un des rares qui méritent amplement son statut d’icône, de rockstar ou tout ce qu’on veut, vu le naturel et l’élégance avec lequel il portait tout ça. Bolan, en mélangeant la bohème et la poésie du folk anglais avec le rock fifties le plus macho et inhumainement boogie (tout le blues-rock et le sudiste peut aller se rhabiller dans son vestiaire puant la transpi), avait touché à une espèce de formule magique, un précipité intense qui contenait en quelque sorte la quintessence du rock au sens le plus noble… Avant l’inévitable chute. Après ça, jamais musique aussi animale ne sera au top du top, le disco et ses dérivés étant des créations de studio.

note       Publiée le vendredi 4 octobre 2013

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nowyouknow › dimanche 18 août 2019 - 18:13  message privé !

Rien à dire sur le DVD, par contre pour ce qui de l'audio... Le concert intégral dont est tiré le film constitue un excellent album live, malheureusement inaccessible en intégralité sur la version double CD de 2005 qui préfère garder bêtement la structure du film sur le premier CD et donner en bonus le premier show en intégralité alors que c'est bien le second qui avait été logiquement sélectionné pour le film - (avec de légers overdubs pour l'occasion par Bolan et Visconti cf les choeurs sur Hot Love et Telegrame Sam). Une édition ultérieure a depuis corrigé ça en proposant enfin les deux concerts en CD, ils auraient pu en profiter pour ajouter en bonus le Tea Medley Party et les deux titres studio avec Ringo et Elton John mais passons... Dans tous les cas c'est un peu tard. Le film est très bien conçu mais ce fameux 8pm show aurait pu être un album live culte si sorti à tant. Y'a tout pour, avec juste ce qu'il faut de transpiration et d’électricité. Le film est sympa, bien pensé, mais déjà y'a pas Cadilac dessus alors qu'elle ouvre superbement le concert et puis bon il s'agit de musique quand même : audio. Ce fameux concert je l'écoute en boucle et je l'adore, le film je l'ai vu une ou deux fois, avec plaisir, mais une ou deux fois.