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T. Rex › Electric warrior

  • 2001 - A&M, 493 113-2 (1 cd)

cd | 11 titres

  • 1 Mambo sun
  • 2 Cosmic dancer
  • 3 Jeepster
  • 4 Monolith
  • 5 Lean woman blues
  • 6 Get it on
  • 7 Planet queen
  • 8 Girl
  • 9 The motivator
  • 10 Life's a gas
  • 11 Rip off

enregistrement

1971

line up

Howard Kaylan (chœurs), Ian Mcdonald (saxophones), Marc Bolan (voix, guitares), Micky Finn (percussions, voix), Steve Currie (basse), Will Legend (batterie), Burt Collins (cornet), Howard Kaylan, Mark Volman (choeurs).

remarques

Sur cette édition, bénéficiant au demeurant d'une splendide remasterisation, les bonus tracks à partir du douxième titre ne sont que des versions "works in progress" des titres originaux de l'album, d'un intérêt tout relatif. En voici la liste : 12/ Rip off, 13/ Mambo sun, 14/ Cosmic dancer, 15/ Monolith, 16/ Get it on, 17/ Planet queen, 18/ The motivator, 19/ Life's a gas. Ils portent la durée totale du CD à 69:06.

chronique

Styles
rock
Styles personnels
glam

Au début des années 1970, deux tendances musicales trustaient le sommet des hit-parades au Royaume-Uni. D'un côté, un rock aux structures de plus en plus complexes, lorgnant du côté du jazz, ou d'un symphonisme précieux, jouant parfois sur une certaine virtuosité instrumentale, à l'éloquence plus ou moins ampoulée, qui prétendait prendre la suite des sommets expérimentaux où les Beatles venaient d'amener la musique pop. Une mouvance ma foi la plupart du temps fort éloignée du blues (est-ce la peine que je les cite, les Yes, Genesis, King Crimson...?) De l'autre côté, un rock british qui, à la suite des Rolling Stones ou d'un Eric Clapton, prétendait à l'inverse replonger vers ses racines blues, ou tout du moins retourner vers une certaine "simplicité", efficacité d'une musique plus immédiate : Led Zeppelin, Black Sabbath, ou d'une autre manière, à la fois novatrice et rétro, le glam-rock de Bowie ou de Roxy Music. T-Rex, alors au sommet, se situe bien évidemment dans ce second courant. Il semble aujourd'hui être tombé dans un relatif oubli ou mépris. Est-ce dû à son succès auprès des jeunes filles, à son maquillage outrancier sur scène, à ces allures de "glam" rock à paillettes qui nous semblent ridicules ? Pourtant, Roxy Music ou David Bowie ont fait tout aussi bien, et Robert Plant, dans le genre chanteur efféminé jouant sur son côté androgyne, n'était pas mal non plus. Non, cette petite injustice qui est parfois faite à T-Rex est à mon avis davantage due à la disparition prématurée de Marc Bolan, qui ne peut plus aujourd'hui défendre et faire revivre son magnifique répertoire. Enfin, j'exagère quand même un peu ; les rééditions sont à présent légions et trouvables partout. Mais revenons à ce début des seventies : T-Rex est devenu énorme, c'est le principal pourvoyeur de numéros 1 dans les charts. Tony Visconti a même délaissé provisoirement son jeune poulain pourtant prometteur, David Bowie, pour se consacrer entièrement à Marc Bolan. Et, même s'il a laissé à un autre que lui (Ken Scott) la gloire d'avoir produit les "Hunky-Dory" et autres "Ziggy Stardust", on peut tout de même dire qu'il a eu raison, car il a ainsi pu se consacrer à cet album : "Electric Warrior", le chef-d'oeuvre de T-Rex, haut la main. Onze titres, onze classiques. De la sublime ballade "Girl" au blues-rock sanglant de "Rip off", du divin "Cosmic dancer" au fameux "Get it on", il n'y a absolument rien à jeter dans ces compositions merveilleusement inspirées, qui se rapprochent tant du blues, avec l'énergie du rock 'n' roll, tout en lui imprimant la griffe pop-rock de Marc Bolan, guitariste et chanteur aérien, dont la voix parfois chevrotante sert si bien les mélodies. Il faut également insister sur le rôle essentiel de Visconti à la production : basse gonflée à bloc, guitare teigneuse, percussions brutes... tout cela contribue à donner à la musique une couleur extrêmement sombre, poisseuse, étouffante ; et par-dessus, flottant à des altitudes tellement plus élevées, la voix de Marc Bolan, des choeurs en falsetto à la sensualité langoureuse, et ces fameux arrangements de cordes qui enrobent le tout. C'est cette alchimie sonore unique, alliée à la perfection des compositions, qui fait de cet album un classique immortel. Merci messieurs.

note       Publiée le mercredi 5 octobre 2005

chronique

Styles
rock
Styles personnels
glam-rock

Dans la vie, il y a des choses qui ne s'expliquent pas, des rencontres qui changent ton existence, des actes manqués, des incohérences, des injustices, des choix plus ou moins heureux, des oublis, des accidents de parcours, bref, tout ce qui fait que la vie n'est jamais tracée depuis le début. Et là, la semaine dernière, il y a eu une véritable révélation pour moi, une évidence même après coup, une rencontre déterminante. Alors que j'étais parti acheté le dernier David Bowie, je tombe sur cet album. J'avais vaguement entendu parler de ce groupe avec Marc Bolan à sa tête, mais je n'avais jamais eu l'occasion d'écouter leur musique (à part sur la BO de Velvet Goldmine vite-fait, ainsi que quelques reprises par Placebo et Guns N' Roses). Et puis comme j'ai souvent vu ce groupe en référence majeure à la partie glam de David Bowie ("Hunky Dory" et "Ziggy Stardust" - 2 albums juste extraordinaires), j'ai sauté le pas. Sérieusement, pourquoi ai-je dû attendre l'âge de 33 ans pour découvrir ce groupe alors que j'écoutais déjà David Bowie avant même de savoir parler et marcher ? Comme je vous le disais, dans la vie, il y a des choses inexplicables, qui échappent à toute logique. Et bien voilà, cet oubli en fait directement partie ! T. Rex avec ici en l’occurrence l'album "Eletric warrior", nous joue une musique empreinte d'un feeling exceptionnel. Tout se joue sur deux choses. Une, la capacité du groupe à proposer des riffs de rock à la fois sur des tempos rapides mais aussi lents avec un groove juste exceptionnel, avec des percussions chaudes et entêtantes, le tout avec des arrangements aux p'tits oignons. Et deux, la voix de Marc Bolan. Sérieux, là, ça devient indécent. Marc n'a pas des capacités vocales particulièrement développées d'un point de vue technique vocale, mais quel charisme et quel magnétisme. Trimalcion vous disait que le sieur avait du succès avec les filles ? Franchement, comment pourrait-il en être autrement ? Prenez un morceau comme "Jeepster" avec des vocaux posés pleins de feeling, profonds et chauds, c'est tout simplement irrésistible ! Et puis quelle diversité dans les morceaux. C'est bluffant ! Ca passe du folk-rock, au rock pur et dur en passant par du blues, des titres enlevés et presque énervés (comme sur le final "Rip off"), des morceaux lents juste immenses ("Cosmic dancer", "Monolith", "Life's a gas"), du rock très Bowie comme sur "Planet queen", un hit imparable, "Bang a gong", plus connu sous le nom "Get it on" avec un riff très proche d'AC/DC des débuts. 11 titres, 11 tubes dans des styles différents avec une maîtrise impressionnante. Cela fait une semaine que ce disque tourne en boucle (et c'est vraiment très rare chez moi) et je cherche encore les défauts. Quand on se focalise sur les détails, c'est encore plus flagrant. L'ajout de percussions donne plus d'ampleur à la rythmique "brut de décoffrage" du son de batterie. Les choeurs donnent un petit côté soul sur les morceaux lents très appréciable ajoutant cette chaleur si caractéristique à l'album. J'ai une version CD de l'album, mais je pense qu'en vinyl, ce sentiment doit encore être décuplé ! Les quelques touches de saxo (par Ian McDonald de King Crimson, s'il vous plait !) sont discrètes mais ultra-efficaces. Et pour couronner le tout, la production est signée par Tony Visconti, compère de Bowie. Bref, là, je comprends mieux les influences sur Bowie pour réaliser ses chefs d’œuvres de 1971 et 1972 et toutes les éloges de ce dernier concernant Bolan. Que dire de plus si ce n'est qu'on a là un chef d’œuvre absolument magistral du rock, une pierre angulaire du style. Cependant, je garderai toujours cette question universelle en tête, "Pourquoi ?". Oui, pourquoi avoir attendu tant de temps pour le découvrir ? Parfois, dans la vie, il y a des rencontres inattendues et déterminantes. C'est définitivement ce qui m'est arrivé ces derniers jours et j'en suis très reconnaissant. Je vous laisse méditer sur ces dernières pensées métaphysiques. De toute manière, je ne suis déjà plus là... Si vous me cherchez, je suis parti acheter les autres albums !

note       Publiée le lundi 18 mars 2013

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zugal21 › vendredi 18 avril 2014 - 22:39  message privé !

Je sais qu'a priori tout le monde s'en tape, mais il y a chez moi un poltergeist qui chourre mes copies successives de Electric Warrior. J'hésite à en choper une troisième.

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SEN › mardi 24 septembre 2013 - 20:24  message privé !

J'suis pas fan de Glam Rock mais il faut reconnaître que cet album a de la classe !

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nicliot › lundi 18 mars 2013 - 20:13  message privé !

Je découvre à l'instant, jamais entendu quoique ce soit de ce groupe non plus. Je trouve que le glam rock passe bien uniquement avec ce son spécifique du début des 70's.

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Valer Daviep › lundi 18 mars 2013 - 20:08  message privé !

Ouaiiiiiiiis !! Même si Slider est sans doute mon préféré ! (En passant, le dernier Bowie, je doute que tu ne l'ais pas écouté !)

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Seijitsu › lundi 30 juillet 2012 - 19:19  message privé !

La pochette est vraiment trompeuse, car mise à part le saignant Rip off, ce n'est pas très rock ou du moins, c'est surtout pop/rock avec une bonne touche de glam. C'est en tout cas très classieux et excellent.

Note donnée au disque :