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Prince And The Revolution › Purple Rain

cd | 9 titres

  • 1 Let's go crazy
  • 2 Take me with u
  • 3 The beautiful ones
  • 4 Computer blue
  • 5 Darling Nikki
  • 6 When doves cry
  • 7 I would die 4 u
  • 8 Baby I'm a star
  • 9 Purple rain

extraits vidéo

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enregistrement

Warehouse, Sunset Sound, USA, 1983-84. 'Baby I'm a star' et 'Purple Rain' enregistrés live au 1st Avenue, été 1983, USA.

line up

Wendy Melvoin (guitare, chant), Prince (chant, guitare, basse, claviers, batterie, programmation, chœurs), Lisa Coleman (clavier, chant), Matt Fink (clavier, choeurs), Bobby Z (percussions), Brown Mark (basse, choeurs)

Musiciens additionnels : David Coleman (violoncelle), Suzie Katayama (violoncelle), Novi Novaz (violon)

chronique

1983, Michael Jackson caracole en tête des hits-parades avec son album 'Thriller' remportant tous les suffrages, s'imposant comme le roi absolu de la pop, fédérant les noirs et les blancs autour d'une musique mêlant adroitement des éléments funk, soul, rythmés en diable mâtinés de quelques touches rock notamment au niveau de certaines guitares. Les ventes sont colossales, le triomphe absolu, le trône indisputable...Vraiment ? Voici pourtant que sort en cette année 1984 un film au demeurant assez médiocre baptisé 'Purple Rain' dont la bande-son a été intégralement composée par l'acteur principal, nabot excentrique perché sur des talons aiguille, multi-instrumentiste et compositeur de génie, : Roger Nelson plus connu sous le pseudonyme de Prince ! L'homme n'est pas un débutant alors qu'il débarque accompagné de son groupe The Revolution, cinq albums l'ont imposé comme une valeur montante et une personnalité sulfureuse aux USA. Jouant volontiers d'une certaine provocation sexuelle (les photos le montrant vêtu d'un simple porte- jarretelles et d'un manteau ou en train de lécher sa guitare, sans compter certains de ses textes), le Kid de Minneapolis (comme on le surnomme alors) est l'antithèse d'un Michael Jackson. Farouchement indépendant, impulsif, doté d'une personnalité forte et mystique, il n'aime rien tant que travailler et écrire. Pas question de clips faramineux, lui boucle les siens en une journée. Son disque 'Prince', il l'a enregistré en sept semaines. Son image publique ? Le revers sombre de la médaille. Alors que Jackson incarne le jeune black séduisant, Prince préfère le côté bad boy classe en posant avec chemise à jabot, manteau de cuir violet et chaînes aux côtés de bombes sexy au décolleté suggestif. En effet, si lui aussi connaît la culture Motown, le funk, le blues, il est également très inspiré par Jim Hendrix et le rock. Or donc alors que Jackson règne en maître sur les charts et les ventes, le single 'When doves cry' vient soudain ébranler les fondations du palais. La presse aux aguets s'en donne à coeur joie, elle tient un autre artiste noir capable de plaire aux blancs. La guerre est lancée, on est soit Prince soit Michael Jackson et le public international découvre cet incroyable album au titre improbable (sans même savoir qu'il s'agit d'une b.o.) et les résultats ne se font pas attendre, les ventes explosent. Rien de comparable à 'Thriller' mais le choc est assez important pour marquer les esprits. Ceux qui trouvaient l'image de Jackson trop sage sont séduits par ce nouveau personnage et sa musique. Il y a de quoi car si moins groovy, le Kid se révèle un musicien bien plus avant-gardiste que son rival. Dès les premiers accords d'orgue et mots de 'Let's go crazy', il affirme une identité marquée sur une ambiance religieuse pré-apocalyptique : 'Mes bien chers amis, nous voici réunis aujourd'hui pour traverser cette chose que l'on appelle la vie, le mot électrique 'vie', il signifie pour toujours et c'est un sacré long moment. Mais je suis ici pour te dire qu'il existe autre chose, l'après-monde. Un monde de joie sans fin, tu peux voir le soleil de jour comme de nuit...' Un beat se met en place, rien de funky, quelque chose de claquant, sec, presque tribal, puis une guitare agressive et cette conclusion : 'Devenons fous, devenons dingues, cherchons la banane violette jusqu'à ce qu'ils nous balancent dans le camion, allez !'. Le son Prince est posé, un mélange de rythmique new wave, des claviers funk déments, une jeu de guitare psychédélique inspiré par Hendrix où le génial nabot triture ses cordes, jouant avec la saturations, avant un final apocalyptique que n'aurait pas renié une formation hard rock. Avec le plus tranquille 'Take me with u', c'est sa vision de la pop qu'il nous livre ; c'est fluide, groovy, avec des jeux de corde en arrière-fonds évoquant volontiers la créativité des Beatles, mais avec une attaque trop affirmée pour sonner mièvre. Une pause avant 'The beautiful ones' slow expérimental dont les sonorités synthétiques conduisent aux premiers essais de Human League, Gary Numan, bien plus qu'à un quelconque héritage Motown. Mais Prince parvient à s'approprier le feeling avec une voix sensuelle et sexy glissant vers un final plus vénéneux et des vocaux désespérés hurlant 'Do you want want me, baby ? 'Coz I want you'. La malaise ne se dissipe pas sur l'excellent 'Computer blue' démarrant sur une ambiance cybernetico-érotique avec voix féminines (Wendy et Lisa) marquée d'un gémissent grinçant de guitare avant que le titre ne se développe en une new wave pêchue aux percussions sèches et claquantes récupérant les claviers en vogue à l'époque pour les tourner en quelque chose de plus malsain doublé de pirouettes de guitare sombres. Il y a quelque chose de furieusement eighties là-dedans, un truc froid, une forme de sexualité tordue sous les néons. Aucun blanc n'aurait pu écrire ça de cette manière, aucun black ne l'aurait joué ainsi. De sexualité, il en question dans le fabuleux 'Darling Nikki', sorte de marche pesante où le chanteur raconte comment il observe Nikki en train de se masturber. Il module son timbre, laisse l'excitation monter, soupire, crie, instaure une tension moite et intense, tension qui se distille peu à peu dans les accords de synthés que talonnent des riffs de guitares furieux en arrière-plan pour un final mystique quasi gospel. 'When doves cry', c'est LE hit de Prince, son 'Billie Jean' à lui, sauf que sa rythmique n'est pas coulante mais hachée, dure, que le propos est amer, le spleen présent dès le premier accord...L'amour oui, mais qu'arrive-t-il quand on se déchire malgré tout ? Que cet amour blesse plus qu'il ne guérit ? Peut-être ne suis-je pas objectif mais il s'agit du premier morceau de Prince que j'aie découvert et le coup de foudre a été si violent qu'il demeure intact aujourd'hui encore. Les mots sont parfaits, 'Maybe I'm like my father too bold, maybe you're just like my mother, she's never satisfied'. Why do we scream at each other ? This is what it is sounds like when doves cry'. Bien que choisi comme single, le titre s'offre presque trois minutes de final avec jeu de guitare, cris, déhanchés de clavier, breaks...'I would die 4 u', plus clair et synthétique dans ses sonorités dégage quelque chose de très new wave, frais sans être froid, transition parfaite avant un 'Baby I'm a star' plus pêchu dans le feeling, le genre de truc où l'on tape des mains durant un concert. Si un brin trop joyeux, la mélodie est porteuse et le timbre de Prince secondé aux choeurs par Wendy et Lisa assure le reste. Reste la pièce finale, le slow 'Purple rain' de presque neuf minutes avec construction progressive avec riff brumeux en entrée, première partie triste et sensuelle qui va permettre à Prince de s'affirmer comme une version 80's de Hendrix tant il malmène sa guitare pour en tirer les sons les plus improbables avec des riffs de toute beauté sur plus de quatre minutes avant de laisser la chanson s'éteindre sur un lit de cordes délicat. Vingt millions de copies vendues, une production béton et un son certes caractérisé (notamment l'usage de tomes électroniques dont le Kid saura user pour tisser un climat particulier, copié à l'époque) mais qui selon moi n'a pas vieilli et surtout un disque à la jonction des cultures noires et blanches version électrique comme on n'en avait plus entendu depuis les galettes de Jimi Hendrix.

note       Publiée le vendredi 3 août 2012

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Richard › dimanche 2 avril 2017 - 15:11  message privé !

Bientôt un an...A part les classiques de Prince, je dois avouer que je ne connaissais pas grand chose...Je travaille comme un généalogiste, je vais aux racines pour arriver aux pousses les plus vertes. C'est long, parfois hasardeux, mais c'est terriblement excitant. A l'image de cet album !

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dariev stands › mardi 27 décembre 2016 - 21:45  message privé !
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Ah ah, le mec tellement fort qu'il avait déjà écrit une chanson sur le futur président-surprise des USA en 89 : https://www.youtube.com/watch?v=iOAifG-mc1I ça s'appelle "Donald Trump Black Version" et c'est visiblement une chanson par des amerloques, pour les amerloques...

Raven › jeudi 5 mai 2016 - 09:43  message privé !
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Pour mots croisés : "passait par chattes et chatières"

(N°6) › mardi 3 mai 2016 - 15:32  message privé !
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Attention, c'est un bon nanard. Mais c'est un nanard quand même.

dariev stands › mardi 3 mai 2016 - 14:06  message privé !
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Bah, je vois pas ce qui choque plus que Phantom of Paradise ou Luke Skywalker et son air ahuri au commande d'un X-Wing, voire l'intégrale de Star Trek (pas taper, les fans). Carton-pâte hollywoodien, quoi. Bon ok, l’intrigue est inexistante, le personnage d'Apollonia grossièrement misogyne (elle a joué la copine de Lorenzo Lama, elle aime les mecs à bécane donc), et la morale du film hilarante (Prince est dieu, achetez tous ses disques). Mais bon j'ai suffisamment de recul pour dire que si le disque est encore gutsien, le film, lui, est anti-sombrex niveau 9.