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Mauthausen Orchestra › Mafarka

k7 | 2 titres | 47:34 min

  • 1 Untitled [25:26]
  • 2 Untitled [22:08]

line up

Pierpaolo Zoppo

chronique

Zoppo est mort en juin dernier. Depuis fleurissent les RIP ici et là, plus ou moins sincères, plus ou moins indécents, souvent provenant de personnes qui ne le connaissaient pas, et qui probablement ne possèdent pas ses cassettes ultra-limitées, objectivement introuvables. Car oui, il semble de bon ton ces jours-ci de rendre hommage, quand il ne s'agit pas de le feindre : ça fait connaisseur de longue date ; ça fait chic. Pourtant, hormis feu Corbelli, Solotroff, et quelques autres, bien peu l'auront soutenu et mis en lumière de son vivant. Hier infréquentable, l'homme (re)devient la référence culte des dandys et autres salonnards post-industriels, comme le sont déjà Bataille et Sade (là, même le consensuel et hyper-moral Telerama s'y vautra à une certaine époque, preuve de l'hypocrisie ambiante). Zoppo, je ne le connaissais pour ma part pas. Je ne lui rendrai aucun hommage déplacé. Je ne me lancerai pas plus dans l'éloge panégyrique de son œuvre. Il me semble que les simples chroniques entamées ici même il y a un an contribuent à apporter un éclairage sur cette scène post-indus italienne des 80s, et que cela est bien assez. Ceci étant dit, alors, il donne quoi ce «Mafarka» ? Eh bien, la face A est une torture cut-up particulièrement primitive où le grumeleux et le larsen se défoncent la gueule vingt minutes durant. Surgissent ici et là ce que l'on interprète comme des cris, sans trop savoir si l'on a bien entendu. La production grisâtre ne met pas les basses/hautes fréquences à l'honneur, pour un résultat distant et étouffé, comme si l'on nous avait mis un sac sur la tête. S'il existait une production «nécro», à l'instar de celle que l'on trouve en black metal, alors Zoppo en serait le digne représentant. La face B, encore plus lo-fi, vomit un long collage écrasant et étouffé de lambeaux distordus dont s'extraient parfois péniblement ce qui semble être des extraits radios. Imaginez une agonie sonore, un dernier appel à l'aide alors que vous vous noyez, un inexorable sable mouvant ; vous y êtes. La violence exprimée ici ne procède au fond que de son mépris simple et pur envers le langage. Imaginez-vous vous dévorer sciemment la langue, afin qu'on ne vous comprenne plus : à ce stade isolationniste, toute manifestation prend valeur d'exhibition délibérément obscène, lorsqu'il ne s'agit pas d'auto-flagellation masochiste. Un cri, certes, mais bien tardif, et dont on se demande qui en est vraiment le destinataire. Je crois que réside là l'intérêt mal dessiné, inconscient, de cette musique. A faible volume sonore, cela n'a absolument aucun intérêt, mais cela s'avère fascinant en immersion au casque. Bilan, un album comme souvent très hermétique, et qui figure parmi les efforts les plus honorables du groupe (3,5/6).

note       Publiée le dimanche 22 juillet 2012

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ericbaisons › lundi 23 juillet 2012 - 14:46  message privé !

façon la noise, on écoute ça par masochisme (et pour être hype).

Kronh › lundi 23 juillet 2012 - 13:51  message privé !

Un des premiers MO que j'ai écouté. Et clairement, un des plus inécoutables. En tout cas, ne pas commencer par lui (mais vais surement m'y replonger, par pur masochisme de ma part...)