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Sleep Chamber › Sentinel Serenade

cd | 12 titres | 58:36 min

  • 1 Kiss The Whip
  • 2 Monkey Man
  • 3 No Ones Heart Beats Harder
  • 4 The Light Pours Out Ov Me
  • 5 Flesh On Flesh
  • 6 Babes Ov Babylon
  • 7 Snakebite
  • 8 Anakonda
  • 9 Catwoman
  • 10 Cobra Heartbeat
  • 11 Way Ov The Flesh
  • 12 Warm Leatherette

line up

John Zewizz

chronique

Conforté par la vision des dessins de Richard Ramirez et l'écoute des tentatives pop de Charles Manson, je me suis toujours dit que les plus gros pervers étaient souvent des exemples de nullité lorsqu'il s'agissait de retranscrire artistiquement les émotions les plus négatives, et que seuls les mythomanes pouvaient s'en enorgueillir (Robert Smith par exemple, aurait fait oublier Adolf Hitler et les Poppys s'il avait vécu Pornography ailleurs que dans sa tête). John Zewizz, même si son casier judiciaire n'a pas l'épaisseur de la réputation qui lui colle aux basques, échappe à cette règle. Sa biographie n'étant plus à refaire - ni sa dégaine mélange de Rutger Hauer période Blade Runner et Rob Halford période Breaking The Law - sa musique, même si on peut facilement trouver bien plus sordide que ce qu'il y a ici, est d'une redoutable efficacité. Il semblerait que cette compilation regroupe essentiellement ce que Sleep Chamber a fait de plus accessible et rythmé, uniquement des titres à la durée convenable pour ne pas effrayer le chaland. Eh ben merci Cleopatra, parce que quand je l'ai achetée, j'avais pas spécialement envie de tomber sur un truc expérimental imbittable, mais surtout je l'ai prise parce que c'était facile à chopper sans avoir à hypothéquer. Essentiellement axé sur les combis en cuir et les séances de fouet en huit-clos, Sentinel Serenade est limpide comme les fessées SM qu'affectionne le timide et sensible John : influencé par le gras du goth première moitié des 80's et par Ministry période Land of Rape and Honey, le fétichiste des initiales SS déploie ici une musique sèche et implacable sur ses fantasmes porno, n'ayant ni le talent ni l'envergure de ses modèles il se contente de donner dans la domination vocale pure et franchement ça en jette par moments ("Anakonda", waouh), même ses reprises des Stones ou de Normal ont une saveur particulière. Percussions plus linéaires qu'un monologue de l'Inspecteur Derrick, chant aussi souple et détendu que popaul au garde-à-vous, sorte de version queutarde d'un Ian Curtis qu'on aurait plongé dans l'obscurité et la moiteur d'une cave pour snuff movie, montées en puissance des sons métalliques accompagnant l'afflux sanguin dans les corps spongieux, allusions répétées aux reptiles, éclat terne et malsain des synthétiseurs, tout ici est fait pour suggérer, voire inviter à la débauche la plus âpre et mécanique (ce qui est totalement corroboré dans le livret par les photos de morues à la beauté douteuse servant d'outillage à Zewizz), et tout ça a effectivement la gueule d'un bon greatest hits dès le début avec "Kiss The Whip" et son refrain pur porc, même si les connaisseurs viendront me siffler aux oreilles que Sleep Chamber a fait cent fois mieux sur certains albums... eh bien messieurs les connoisseurs, je m'en fouette gaiement la croupe, car quand il se fait glam, Zewizz pond bel et bien LE tube gothique de la mort, en reprenant de façon ultra-frontale et sans chichis ce morceau de Fanzine qui fit presque en son temps 90% de l'interêt de Real Life, j'ai nommé "The Light Pours Out Of Me" (celle là sonne comme tout le monde le savait déjà outrageusement Gary Glitter pour punks à la base - c'est bien simple quand j'entends ça j'imagine Zewiss en pleine choré The Full Monty dans un hangar insalubre, et j'oublie le groupe d'origine). Sleep Chamber sent le latex, Sleep Chamber sent la bitte, les orifices qui retiennent l'orgasme par constriction, induisant la douleur et donc le plaisir. Sentinel Serenade, c'est l'indus goth de série B, façon Cruising, avec toi en Al Pacino au milieu. Ne refuse pas : abandonne-toi.

note       Publiée le samedi 9 juillet 2011

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  • SM (14) 

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cyberghost › jeudi 7 novembre 2013 - 19:13  message privé !

Étant en pleine boulimie SC de cette période, je ne peux qu'abonder dans le sens de Raven ; les comparatifs avec Rutger hauer et Rob Halford sont d'ailleurs tout à fait à-propos ^^

Raven › dimanche 10 juillet 2011 - 04:59  message privé !
avatar

oui, en fait j'aurais pu mettre animositiblibli en lien, mais de toute façon la reprise de Zewizz défonce celle de Jourgensen (déjà extra)

born to gulo › samedi 9 juillet 2011 - 19:17  message privé !

tout est dit ; hormis que Ministry l'a reprise aussi, celle-là ; je sais pas si les versions sont les mêmes, mais il me semble que j'ai quelques uns de ces morceaux sur un album, Godz & truc, don t Monkey Man, qui tue, avec son beat pumping glougloutant

Note donnée au disque :