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Przemyslaw Rudz › Cerulean Legacy

cd • 5 titres • 68:31 min

  • 1Farewell to Tranquil Existence 12:03
  • 2Mystery of ALH 84001 20:28
  • 3Gaia’s Prophetic Dream 7:24 (feat. Jarek Figura)
  • 4Two Days After Extinction 18:12
  • 5The Power of Mind (A Tribute To Prof. Stephen Hawking) 10:22

line up

Przemyslaw Rudz (Nord Lead 2X, Korg TR76, Yamaha CS1X, VST Plugins «Absynth 3, Mini Mogue, Arturia Moog Modular, Elektrostudio Arp 2600, Hypersonic 2, FM8», Cubase SX3, MOTU 828 Firewire Soundcard et Cool Edit Pro 2.1)

Musiciens additionnels : Jarek Figura (Guitare sur Gaia’s Prophetic Dream)

remarques

chronique

Przemyslaw Rudz est l’un des plus beaux artistes en MÉ à avoir émergé depuis une couple d’années. Fortement inspiré par la sci-fi et la musique de Jean Michel Jarre, le synthésiste Polonais construit des albums à la mesure de ses visions avec un habile mélange de rythmes, d’effets sonores, d’échantillonnages et d’ambiances. Coffrés dans de très belles pochettes aux idéaux et visons sans ambiguïtés, les œuvres de Przemyslaw Rudz trempent dans du pur rock cosmique énergique. Cerulean Legacy est le cri d’un artiste pour que nos descendants aient le droit d’aspirer à un monde meilleur. Un monde de bleu azur où il ferait bon y vivre, comme celui de nos ancêtres.
Farewell to Tranquil Existence ouvre cette 4ième œuvre de Przemyslaw Rudz avec une longue et sinueuse onde synthétisée. Tôt, d’autres ondes s’ajoutent. Plus graves et plus réverbérantes elles flottent et s’entremêlent avec des sonorités variables dans un long cortex musical où elles valsent et flottent nonchalamment à la recherche d’une séquence, d’un rythme. Un peu après la 7ième minute un discret riff de guitare apparaît. Ce riff gratte un rythme abstrait derrière un maelström de couches de synthés agglutinant dans un cosmos aux sonorités très Jarriennes. Il déboule en boucles, chevauchant un statisme électronique plastifié où voix humaines joyeuses et criardes d’un plaisir invisible détonnent auprès des solos de synthé torsadés et acérés qui tentent de déchirer ce voile opaque qu’est la barrière sonore de Farewell to Tranquil Existence. Avec ses rythmes et dénouements impromptus Mystery of ALH 84001 est le titre le plus disjoncté de Cerulean Legacy. Il débute avec une intro très éclectique où de fins arpèges carillonnés serpentent et glanent parmi des sonorités très hétéroclites, pour ne pas dire des vocalises très extra-terrestriales. Une fine séquence hachurée émerge de ce magma de verre pour danser d’un mouvement hésitant. Elle circule en cercle limpide et disperse les tintements de verres alors qu’un chaleureux voile de synthé emmitoufle Mystery of ALH 84001. Un épais brouillard s’installe, emprisonnant le plus long titre de Cerulean Legacy dans un immobilisme où circule et s’enlace une nuée de strates morphiques. Une autre séquence resurgit. Cette fois-ci elle caquette comme un canard galactique alors qu’une batterie secoue ses peaux avec hardiesse pour façonner une rythmique rebelle et chaotique qui trace le rythme endiablé de Mystery of ALH 84001. Des solos et couches de synthé mordent ce rythme effréné, comme un free-jazz cosmique, alors que les percussions s’isolent pour marteler un solo inattendu. Les frappes tombent avec une précision robotique alors qu’une séquence basse et aux accords résonnants ceinture ce solo pour mouler un tempo syncopé qui hoquète sous de belles nappes de synthé et des cris de chérubins perdus dans une notion du temps que seul Przemyslaw Rudz semble maîtriser. Un peu comme Farewell to Tranquil Existence, Gaia’s Prophetic Dream flotte dans un cosmos empli de strates de synthé moulants et caustiques. Des accords de guitares y traînent. Errantes et solitaires, elles jasent avec les pépiements d’oiseaux chimériques qui chantent à l’ombre d’un synthé dont les couches sclérosées et strates métalliques hurlent sous de réverbérantes pulsations.
Two Days After Extinction débute avec une belle chorale cosmique qui s’étend au-delà des premiers accords d’un piano solitaire. Une belle et douce intro où l’on sent toute la morosité et la mélancolie des 2 jours qui suivent un quelconque désastre. Le piano y est superbe. Les notes sont pianotées avec la tristesse d’un pianiste oublié dans un bar nocturne où quelques clameurs métalliques se font entendre. Nous naviguons entre plusieurs mondes musicaux parallèles. J’y entends du Schulze et du Schmoelling, de même que du Stearns et du Mondshine sur un lent mouvement qui sent la détresse, un peu comme dans l’univers de Blade Runner. Et cette illusion prend tout son sens avec les langoureux solos de synthés qui déchirent l’opacité d’une désolation sous de fines brumes mellotronnées. Vers la 5ième minute un lourd mouvement séquentiel secoue l’apathie des chants funèbres, là où les voix continuaient de murmurer leurs tristesses à l’ombre des croassements de corbeaux métalliques. Un bref mouvement séquentiel qui sert de lien rythmique entre Two Days After Extinction et le fringuant The Power of Mind. Le rythme endiablé d’un mouvement séquentiel saccadé et stroboscopique se moule aux frappes psychotroniques de Mystery of ALH 84001 et à une ligne de basse hoquetante afin de forger un rythme endiablé où la lourde approche technoïde marine fort bien avec un free-jazz disjoncté. The Power of Mind est furieux et nourrie de frappes de batteries sèches et incisives alors que les synthés ondulent et flânent sans trop d’insistance sur un rythme débridé. Un rythme qui tranquillement dévie vers une tangente plus cosmique sous la narration d’un fragment de discours tenu par Stephen Hawking en Mars 2002. Encore là, on y sent la forte influence d’un Jarre avec des couches de synthé qui ondulent et s’enlacent dans des sonorités de En Attendant Cousteau.
Étonnant, envoûtant et déroutant sont les premiers qualificatifs qui me viennent à l’esprit afin de décrire cette dernière odyssée musicale de Przemyslaw Rudz. Cerulean Legacy est un opus à l’image de son titre. Un puissant album où le bleu-ciel déchire deux univers dont le parallélisme côtoie une forme d’invraisemblance et où la douce ambiante musique planante et morphique caresse les rythmes sauvages et ambigus. Navigant entre les complexités d’un monde musical aux atmosphères sinueuses et riches en sonorités composites ainsi que des rythmes à la fois explosifs et retenus, Cerulean Legacy est ce genre d’histoire à écouter avec toute l’attention que mérite sa conception.

note       Publiée le jeudi 12 mai 2011

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Phaedream › jeudi 12 mai 2011 - 22:08 Envoyez un message privé àPhaedream
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Groove NL vend les 3 premiers opus. Cue, en Allemagne, vend le catalogue complet de generator.pl. Mais le service de generator.pl est très courtois et rapide au Canada, donc j'imagine qu'en Europe ça peut être encore mieux.

Dreamer › jeudi 12 mai 2011 - 19:52 Envoyez un message privé àDreamer

+ 1 ! Les videos donnent vraiment envie, mais malheureusement les albums de PR sont assez difficile à trouver, je n’ai pas trouvé d’autre distributeur que generator.pl, qui les vends seulement en CD ...

gkar02300 › jeudi 12 mai 2011 - 17:12 Envoyez un message privé àgkar02300

Merci Sylvain de nous faire découvrir ces belles choses ;-)

Note donnée au disque :       
Phaedream › jeudi 12 mai 2011 - 13:50 Envoyez un message privé àPhaedream
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Et une autre de la pièce Gaia’s Prophetic Dream. Ce ne sont pas les 2 meilleurs titres de Cerulean Legacy, mais ça donne une bon aperçu de l'approche artistique de Przemyslaw Rudz. Et remarquer toute la vidéographie de PR qui défile sur la droite. Bon visionnement :-)

http://www.youtube.com/watch?v=fml74yyAcjg&feature=related

Phaedream › jeudi 12 mai 2011 - 13:46 Envoyez un message privé àPhaedream
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Voici une video de The Power of Mind:

http://www.youtube.com/watch?v=9MNEMDqVTqU