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Przemyslaw Rudz › Self-Replicating Intelligent Spawn

cd • 7 titres • 68:19 min

  • 1Stroll Along The Paths On A Chip 5:59
  • 2Neuronal Disorders Inside A Silicon Brain 13:35
  • 3The Race Towards A Knowledge 4:04
  • 4The 20th Century Dark Echoes 9:48
  • 5Short Message To Tomorrow 3:37
  • 6Giant Leap For Mankind 23:45
  • 7Home Again 7:40

line up

Przemyslaw Rudz (Nord Lead 2X, Korg TR76, Yamaha CS1X, VST «Plugins Absynth 3, Mini Mogue, Hypersonic 2, FMB», Oberheim, ARP2600, Moog Modular, Cubase SX3, MOTU 828 Firewire Soundcard et Cool Edit Pro 2.1)

Musiciens additionnels : Dominik Chmurski (Violon électrique sur Giant Leap For Mankind) Matthew Campbell (Saxophone sur Home Again)

remarques

chronique

Il est un peu difficile d’apprivoiser l’univers musical de Przemyslaw Rudz. Un monde sonore plein de paradoxes où le compositeur et synthésiste Polonais se complait à y introduire une multitude de sonorités tant éclectiques qu’électroniques sur des structures musicales en constantes permutations, et ce peu importe leurs durées, dans de douces atmosphères parfois cosmiques, oniriques, morphiques et intensément rythmiques. Self-Replicating Intelligent Spawn est le dernier volet d’une trilogie débutée à la fin 1999 avec Summa Technologiae. Une trilogie prenant forme à la mesure que chacun des 2 premiers albums naissait et qui raconte l’histoire de l’humanité durant le 21ième siècle. Un album surprenant où, comme son icône Jean Michel Jarre, Przemyslaw Rudz déstabilise son auditeur par une étonnante variance de styles.
Stroll Along The Paths On A Chip ouvre Self-Replicating Intelligent Spawn avec des percussions tablas et congas, agrémentées de quelques cymbales sifflantes. Des accords de piano ajoutent une mélodieuse dimension de ‘‘night club’’ à tendance ‘‘lounge’’. Une ligne de basse s’isole et ondule avec force, s’entourant de lourdes pulsations feutrées et interrompant cette suave intro jazzée, plongeant Stroll Along The Paths On A Chip dans une ambiance plus électronique. Des accords de claviers et séquences scintillent et sautillent, moulant une cadence houleuse et nerveuse qui bondit avec de bonnes percussions alors qu’un synthé aux brefs souffles mélodieux et aux solos torsadés assume la portion mélodieuse. Stroll Along The Paths On A Chip accroche l’ouïe instantanément, tout comme le très nerveux et animé The Race Towards A Knowledge avec ses solos hybrides et son rythme rugissant ainsi que le technoïd et lourd Short Message To Tomorrow qui ferait décoller un plancher de danse tout en nous amenant aux pays des rêveries avec son refrain romanesque et ses synthés symphoniques. Des titres courts qui s’intercalent entre d’autres plus audacieux comme Neuronal Disorders Inside A Silicon Brain, un titre qui porte très bien son nom avec son intro hyper syncrétique qui égratigne les cellules cérébrales. D’énormes strates de synthé caustique déchirent les toiles d’un néant cosmique pour stimuler les neurones d’une schizophrénie latente. Elles hurlent de leurs magnétismes métalliques entre la pure atonie et un disparate mouvement mélodieux qui tente de percer cette muraille hétéroclite. Derrière ses syncrétiques panneaux sonores aux lourdes réverbérations, on perçoit un effet dramatique se dessiner. Un tempo prend doucement forme vers la 6ième minute avec une fine séquence aux accords subdivisés. Des accords qui se dédoublent sous un ciel truffé d’intrigantes réverbérations et de serpentins sonores défilant tels les perles d’un collier brisé. Un étrange tempo niche au creux d’une structure nerveuse, mais statique, qui ondoie sur un long mouvement circulaire stationnaire. Un long boléro statique et cosmique, Przemyslaw Rudz en revêt tranquillement une forme mélodieuse avec des percussions qui redoublent d’ardeur sous de puissantes réverbérations et de stridentes stries métallisées, avant que de brumeuses nappes mellotronnées et une sautillante ligne de basse tente de nous en faire oublier son long intro éclectique.
The 20th Century Dark Echoes nous plonge encore dans une dualité tant rythmique qu’harmonieuse qui sillonne les œuvres de Przemyslaw Rudz. Les rythmes en constante permutation, le tempo initial s’amorce avec une séquence aux pulsations ventousées qui en croise une autre, plus éphémère et plus militarisée. Une onde de brume synthétisée plane au dessus de ce tempo que des percussions martèlent de façon dysfonctionnelle, un peu comme dans la finale de Neuronal Disorders Inside A Silicon Brain. Et l’insaisissable univers complexe de Przemyslaw Rudz se déroule dans nos oreilles avec de suaves strates de synthé qui survole une cadence en constante permutation sous de chaleureuses stries rappelant l’univers musical de Jarre sur Les Chants Magnétiques. Vers la 6ième minute, des solos de synthé flottent et s’enlacent dans un firmament rempli d’une brume mellotronnée et de stries serpentines, plongeant la finale de The 20th Century Dark Echoes vers un abyssal monde musical où une lourde orgue trace une sombre ligne ténébreuse, alors qu’une délicate séquence y danse furtivement. Une longue intro, extrêmement musicale, nous introduit à Giant Leap For Mankind. Une onde légère et céleste flotte parmi des réverbérations et stries stellaires qui défilent dans un décor musical autant morphique que psychédélique. Une longue intro où les réminiscences des premiers titres cosmiques de Kitaro avec un synthé flottant très Floydien se sentent à fleur d’oreilles. Vers la 9ième minute une voix de cosmonautes, que l’on a trop souvent entendus, émerge de cette intro morphique, remuant des cendres rythmiques oubliées dans Short Message To Tomorrow avec des séquences houleuses et nerveuses qui s’entrechoquent. Des séquences qui sautillent sans pour autant former de cadence et qui vallonnent avec un lourd synthé flottant ainsi que des échantillonnages de guitares japonaises. Plus de 5 minutes plus loin, un minimaliste rythme endiablé martèle nos tympans, secondé par une ligne séquentielle syncopée qui s’agite sous des solos de synthé torsadés et une pléiade de complaintes électroniques cosmiques. Un tempo infernal qui s’échauffe encore plus avec une lourde ligne de basse, enveloppant la finale de Giant Leap For Mankind d’une chaleur infectueuse. Home Again conclût avec une superbe ballade hybride. Des notes de piano se perdent au dessus d’une marée haute alors qu’Home Again progresse pour embrasser une ligne de synthé ondoyante. Une étonnante union poétique qui déverse vers un doux rythme poétique et hypnotique avec d’étranges accords séquentiels provenant d’un gosier d’un canard enrhumé. Przemyslaw Rudz habille Home Again d’une étonnante diversité sonore et rythmique unique à son style. Ainsi des accords de piano, de sobres percussions, une chaleureuse ligne de basse, des accords teintés comme un xylophone et un suave saxophone envoient Home Again dans un sulfureux monde musical où le minimalisme permet cette poésie onirique qui berce le cortex des mal-aimés et des torturés. J’adore ce morceau.
Self-Replicating Intelligent Spawn est aussi complexe et tortueux que Cosmological Tales, mais on sent cette évolution et ce désir de séduire qui animent l’instinct créatif de Przemyslaw Rudz. Si l’album présente des passages un peu plus difficiles que d’autres à apprivoiser (Neuronal Disorders Inside A Silicon Brain, The 20th Century Dark Echoes) il s’y cache de belles pièces de musique qui démontrent que la MÉ ne cesse d’évoluer et d’étonner; deux des plus grandes qualités artistiques de Przemyslaw Rudz.

note       Publiée le vendredi 31 décembre 2010

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