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Przemyslaw Rudz › Paintings

cd | 12 titres | 74:24 min

  • 1 Hidden Nooks of our Ego [ 16:43]
  • 2 Sowers of Interstellar Intellects [ 12:26]
  • 3 Cosmic Primordial Soup [ 3:26]
  • 4 Who Goes There? [ 15:01]
  • 5 a. That's Not a Dog
  • 6 b. Perfect Imitation (Humanity Reprise)
  • 7 c. Aftermath
  • 8 Astral Beings Hatchery [ 3:19]
  • 9 Misanthropic Aliens [ 16:43]
  • 10 I. Whispers from the Ancient Permafrost
  • 11 II. Helpless Prisoners of Fiction
  • 12 III. Diplomacy Failed

line up

Przemyslaw Rudz (Synthé, sequenceur et effets électroniques)

Musiciens additionnels : Adam Bórkowski (Synthés et FX sur Hidden Nooks of our Ego) Michał Kałużny (Échantillonnages sur Hidden Nooks of our Ego)

chronique

Toujours inexpliquées, les barrières d'Unexplored Secrets of REM Sleep (album de psychose électronique composé en duo avec Wladyslaw Komendarek) s'étaient ouvertes vers une autre dimension sonore qui embrassait les délires intellectuels de Przemyslaw Rudz. Constamment transporté par les brises cosmiques de ses influences Jarresques, le synthésiste Polonais replonge dans un univers musical aux formes abstraites où des tonalités cosmiques de toutes formes et de tous acabits ornent la muraille d'impassibilité qu'est “Paintings”. Cette dernière fresque sonique de Przemyslaw Rudz est une œuvre d'ambiances et d'atmosphères tant cosmiques et organiques qui me rappelle les structures ambiosphériques des premières années de Kitaro et de Klaus Schulze, ainsi que des délires psychédélicosmiques de Pink Floyd. Bref une œuvre qui ne s'apprête pas à toutes les oreilles mais qui va ravir les fans du synthésiste Polonais et ceux qui aiment une musique qui s'écarte, et par plus d'un mile, des sentiers conventionnels. Des vagues tant terrestres que cosmiques bourdonnent avec des tonalités de machineries sur les plages de notre imagination débordante pour les œuvres de sci-fi. Elles roulent dans un tintamarre où des sirènes de police européenne clignotent avec fureur juste avant que le silence tranche les hostilités sonores. Un bref silence qui permet à des vaches de meugler dans une toile sonore où des murmures de cleptomanes paranoïaques s'effacent sous les bourdonnements de plus en plus insistants. Michał Kałużny fait montre d'ingéniosité en multipliant des effets sonores qui paranoyent dans les intenses drones ambiants qui transportent les délires de "Hidden Nooks of our Ego". Ummagumma de Pink Floyd est la première référence qui me vient à l'esprit afin de mieux décrire l'univers de fantasmagorie sonore qu'est cette dernière œuvre de Przemyslaw Rudz. L'ambiance de “Paintings” est surréelle. Des sons, des tonalités et encore des sons qui fleurissent de toutes parts, s'empilant dans des enveloppes morphiques avec des rythmes éphémères qui sont plus souvent statiques qu'animés, exactement comme dans "Hidden Nooks of our Ego". Sur une lente divagation totalement abstraite avec des tonalités de cosmos qui planent et scintillent dans un néant glacial, ce long titre épique déploie un arsenal de tonalités cosmiques disparates qui par moments se réfugient dans les bras enveloppants d'un synthé et ses étreintes soporifiques. Un semblant de rythme va et vient. Statique, il est serti d'oscillations et de bourdonnements égarés dans une immense toile sonore ambiosphérique. Une ligne de séquence émerge un peu après la 12ième minute. Ses pulsations sont étouffées par un bouillon sonore qui en gruge toute liberté d'éclosion, confinant ce long titre introductif dans ses méandres soniques où l'art de la musique sans musique règne en maître absolu. Plus musical mais toujours aussi abstrait, "Sowers of Interstellar Intellects" est une lente valse morphique avec des couches de synthé lunaires qui étouffent toute rébellion, même celle des percussions sans rythmes qui tintamarrent sous des souffles de synthé aux arômes de saxophone cosmique. Il faut attendre à "Who Goes There?" avant de croiser les premiers véritables rythmes de “Paintings”. Et autant vous le dire d'emblée, c'est un superbe titre qui va virer nos oreilles à l'envers. L'intro est nourri de bourrasques nordiques qui ameutent la frénésie des chiens dont les aboiements se perdent dans d'étranges beuglements du Yéti ou du chaînon manquant. Des prismes figent leurs tonalités en suspension, lorsqu'une lourde pulsation à la Ramp (ou Redshift?) étale un lourd climat de suspense. Des percussions appuient le lent rythme cardiaque des pulsations résonnantes avec des tic-tacs de bois alors qu'un synthé étend d'enveloppantes couches aux sonorités tout aussi angoissantes. Totalement fou? Vous pouvez mettre vos oreilles là-dessus! Et finement le rythme circulaire de "Who Goes There?" se promène d'une oreille à l'autre avec une approche qui zigzague comme un fin fil stroboscopique aux contours érodés par les souffles perfides des synthés. Des synthés qui peuvent aussi tisser des filets harmoniques, juste avant que les dernières pulsations meurent dans les crépitements d'un feu qui résiste aux intenses bourrasques d'ouverture. Et c'est sous des souffles angéliques que "Who Goes There?" éteint sa superbe structure rythmique. Comme quoi que rien n'est de rythmes ni de mélodies concrètes sur “Paintings”. Un peu comme pour punir nos oreilles d'avoir succombé aux charmes de "Who Goes There?", "Astral Beings Hatchery" étend sa toile de cacophonie sous les souffles d'éther des synthés qui me rappellent les bizarroïdes ambiances paranormales de Klaus Schulze sur Cyborg et Picture Music. "Misanthropic Aliens" clôture “Paintings” avec une structure qui s'apparente à "Hidden Nooks of our Ego", sauf pour la finale qui embrasse la frénésie de "Who Goes There?". L'intro est un tissu de tonalités micro-organiques qui pulsent et bouillonnent dans un univers de désolation. Cette première phase (Whispers from the Ancient Permafrost) est purement organique alors que la 2ième phase (Helpless Prisoners of Fiction) épouse un modèle ambiant plus cinématographique avec des souffles graves, comme des lamentations de trompettes bouddhistes, qui se perdent dans les harmonies torsadées d'un synthé et de ses solos spectraux. Ces solos subdivisent leurs charmes caustiques et ocrés dans un univers qui abonde des réminiscences astrales de Kitaro. La 3ième phase (Diplomacy Failed) explose d’un rythme soutenu dont l'ignition rappelle Jean Michel Jarre et Rendez-vous 4. Cette portion de “Paintings” est la plus animée avec une belle approche de rock électronique moulé dans les rythmes emblématiques du créateur d'Oxygene. L'univers de Przemyslaw Rudz requiert beaucoup de doigté dans son approche. Et “Paintings” explique pourquoi. Jean Michel Jarre, Pink Floyd, Kitaro et Klaus Schulze réunis dans un même canevas sonore ne peut qu'être déroutant. Déroutant mais somme toute envoûtant avec des tissus musicaux organicosmiques et ambiosphériques qui fomentent dans des ambiances dont les ensorcèlements éveillent les beaux souvenirs d'une époque où les herbes et acides meublaient nos expériences personnelles. Difficile à apprivoiser? Oui! Mais une fois notre zone de confort ouverte à de nouveaux horizons plus audacieux, on se délecte de ces approches expérimentales qui mettent constamment nos oreilles en état d'alerte. Lorsque la MÉ s'entoure de ses plus beaux atouts expérimentaux, ça donne une œuvre qui mérite que l'on s'y arrête. Une œuvre comme “Paintings”!

note       Publiée le jeudi 24 janvier 2013

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