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BaBa ZuLa › 34 Oto Sanayi

cd | 8 titres | 32:26 min

  • 1 İtaat EtME/Do NOT Obey [5:13]
  • 2 Başka Bir Alem/Another World [4:19]
  • 3 Gariplere Yer Yok/No Place for Strangers [2:26]
  • 4 İlk Aşkım/My First Love [1:09]
  • 5 Sinek Koca/Fly Husband [2:59]
  • 6 Ufaklık/Little One [4:13]
  • 7 Küçük Kurbağa/Froggie [5:56]
  • 8 Direniş Destanı/The Legend of Resistance [6:00]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par BaBa ZuLa. Enregistré à Saniki Studio, Istanbul, 2011 - 2014.

line up

Levent Akman (Mehmet Levent Akman (cuillers, cymables, machines, gong, percussions)), Murat Ertel (Osman Murat Ertel (saz électrique, bağlama, cura, chant, synthétiseurs, percussions, guitare, disques, theremin)), Melike Şahin (chant 5), Elena Hristova (chant 4, 5), Can Aydemir (basse), Periklis Tsoukalas (oud électrique, chant 5), Özgür Çakırlar (darbuka, tambour, bendir, percussion), Faruk Giley (tambour 2, 3, 5), Eren Devran Ertel (chant 6)

remarques

L'édition européenne est titrée "Do NOT Obey".

chronique

Styles
folk
rock
psychédélique
world music
Styles personnels
folk-rock psyché politique

Quoi de neuf au pays du Grand Mystère ? Cela fera bientôt 20 ans que le duo Osman Murat Ertel et Mehmet Levent Akman officient en tant que parrains d’une certaine scène underground stambouliote. Alors que la Turquie de Recep Erdoğan vire de plus en plus vers l’autoritarisme islamique, BaBa ZuLa envoie un signal capitalisé : « N’obéissez PAS ». La presque-movida à Istanbul est terminée depuis longtemps, les émeutes de Gezi en 2013 avaient fait surgir un souffle de révolte. Alors cette injonction à ne pas obéir à celles, justement, d'un ordre de plus en plus policier, résonne dans la musique de BaBa ZuLa toujours ouverte aux quatre vents, peut-être grâce à la nouvelle voix d’une jeune chanteuse, Melike Şahin. A ce point de leur parcours, un album de BaBa ZuLa ne surprendra plus que par ces petites différences avec ses prédécesseurs, comme ici l’arrivée du oud électrique de Periklis Tsoukalas. L’approche se fait peut-être aussi plus folk, avec un joueur de davul, ce gros tambour dont il est possible de tirer tellement de timbres, des chants à répondre et en harmonie masculine/féminine. Mais rien n’entame foncièrement le psychédélisme des vétérans de la scène, machines percussives et saz acidifié, samples de didjeridoo scratchés et rythmique de danse sur lesquelles se cale des chantés-parlés aux textes politiques, comme en témoigne le titre « No Place for Strangers ». BaBa ZuLa plane aux dessus de territoires sans frontière, la voix sensuelle aux mélismes caressants de la bulgare Elena Hristova n’a besoin que d’une petite minute pour envouter sur une ballade balkanique. Toujours établissant des ponts, au lieu de dresser des murs, BaBa ZuLa va piocher dans les nouvelles de l’écrivaine Hatice Meryem les textes de « Sinek Koca », les voix multiples se répondent en dialogue, entre chant traditionnel et représentation théâtrale fantasque, alors que des bruitages concrets fourmillent sous la rythmique de cuillers propice à la danse. Toujours une histoire de rencontres autour de ce noyau Ertel/Akman, dont le folk-psyché volontier pince sans rire est devenu à Istanbul une sorte d’institution underground, donnant régulièrement des concerts avec le renfort de danseuses orientales. Un sentiment de déjà-vu, ou déjà entendu, parfois ? Certe, mais personne ne maitrise aussi bien qu’eux leur sujet, personne en somme ne fait du BaBa ZuLa. Et ils continuent de le faire avec un brio certain, n’abandonnant jamais complètement leur goût pour le dub, fabuleux et très fortement hallucinatoire « Küçük Kurbağa », avec un saz électrique en prise directe sur la source de l’illumination multicolore. Anatolian dub représente. Il y a des jours où il fait bon s’oublier et quoi de mieux de le bonheur giratoire des transes ? Avec une fin d’album particulièrement mystique, coup de gong et chant habité comme à la grande époque de Selda, Melike Şahin se lançant dans l’imprécatoire récit de la « Légende de la résistance », un oud vient colorer une atmosphère tendue, percussions quasi-martiales, nappes synthétiques et basse qui circule en serpentant sur les pavés. Une conclusion qui laisse une impression de gravité inusitée jusque là dans la discographie de BaBa ZuLa, mais les circonstances s’y prêtaient déjà. Encore une fois, n’obéissez PAS.

note       Publiée le vendredi 30 mars 2018

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Klarinetthor › lundi 2 avril 2018 - 17:21  message privé !

En concert demain à FGO Barbara, pour les franciliens!

Note donnée au disque :