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BaBa ZuLa › Ruhani Oyun Havaları

cd • 15 titres • 56:55 min

  • 1O Divanın Üstündeki Baygın Bakışın2:17
  • 2Kısaltmalar7:17
  • 3Tilki Dansı (Dub Mix)1:17
  • 4Fayiman Cüneyt3:42
  • 5Cecom5:15
  • 6Şu Dağları Sardı Feryadım6:09
  • 7Tek Kürek Yalova0:23
  • 8Nöbetçi Felsefeci3:04
  • 9Ser Ver Sır Ver (Dub Mix)6:10
  • 10Seksek0:44
  • 11Biz Size Aşık Olduk (Dub Mix)3:54
  • 12Seks Sinemasının Esrarı0:40
  • 13Urfa Beşiri Hoyratı6:18
  • 14Kısaltmalar (Dub Mix)7:14
  • 15Zerrin Öz'ün Odasına Girdim2:31

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Murat Ertel. Mixage et Mastering par Mad Professor. Enregistré à Plaj Studios, Istanbul, 1999-2002.

line up

Levent Akman (cuillères, def, frame drums, percussions, machines, jouets, gong), Murat Ertel (saz, instruments à cordes, turntables, davul), Mad Professor (mixage, masterisation), Emre Onel (darbuka), cymbales, percussions, sampler), Oya Erkaya Ayman (basse)

Musiciens additionnels : Elektro Hafız (Demir Kerem Atay (guitare 8)), Brenna Maccrimmon (chant 1, 2, 5, 14), Hüsnü Şenlendirici (clarinette 2, 11, 14), William Macbeth (basse 13, contrebasse 14), Okan Özpoyraz (batterie 4, tambourin 1), Fehmi Gören (chant 9), İzzet Kızıl (darbuka, frame drums 2, 11, 14), Okan Yılmaz (claviers 8), Serkan Aymani (batterie 11)

remarques

La version internationale "Psychebelly Dance Music" est identique. L'album est crédité à BaBa ZuLa & Mad Professor.

chronique

Styles
dub
folk
psychédélique
world music
Styles personnels
dub oriental

BaBa ZuLa, c’est à la base une excroissance circonstancielle de ZeN, alors que Murat Ertel et Levent Akman se voient confier la musique d’un film, à laquelle les autres membres du groupe psyché préfèrent ne pas se mêler. D’ailleurs, Murat commence à se lasser de sa formation initiale, qu’il trouve trop occidentalisée, trop jam band. Revenir au source de la musique turque, à la composition, tout en creusant les expérimentations, voilà la direction à suivre avec BaBa ZuLa, avec lequel il accompagne aussi des pièces de théatre. Y a autre chose, dont l’ombre planait déjà sur ZeN. Ertel se régale depuis toujours des productions de Lee « Scratch » Perry et Scientist. Y a dans le dub un truc qui lui plait. Le dub, c’est bricolé, élastique, humide, fumeux. Profond. De BaBa ZuLa, Ertel et Akman vont faire une formation protéiforme et accueillante, une auberge espagnole turque. Pour la sensualité, sublime Brenna MacCrimmon, canadienne érudite en chants traditionnels turques et roms. Quelques uns des instrumentistes habitués du label Doublemoon, le clarinettiste Hüsnü Şenlendirici, le joueur de darbuka İzzet Kızıl. Et puis les trois réchappés de ZeN, Ertel, Akman, Onel qui bricolent avec tout ce qui leur tombe sous la main, percussions, turntables, jouets, samplers et les inévitables saz, électrifiés ou non. Et pour le rendu caoutchouteux, on fait venir nul autre que Mad Professor, qui porte bien son nom, un de ces allumés jamaïcains à qui on confie la production, allant jusqu’à faire de cet album, manifeste du « dub oriental », une collaboration à proprement parler. On est loin des jams psychotropes de ZeN, dans un autre monde dans lequel nous mène la voix irrésistiblement sexy de MacCrimmon, se lovant ici dans des textes absurdes comme celui de "Kısaltmalar », où elle égrène une litanie de logos en acronymes (le cliché du « elle est si bonne que même l’entendre lire l’annuaire serait un délice » se vérifie) ou sur le magnifique acoustique irisé et pastoral « Cecom », serrage de coeur au couchant, ligne de basse en douce caresse et chant des grenouilles attrapés dans les filets de savant fou. Ailleurs, Mad Professor distord les perspectives, « Şu Dağları Sardı Feryadım », déroulé au fil d’un beat aux aller-retours dans un champ sonore ovoïde, voix et instruments se faisant échos purs d’un lointain folk pris au piège dans un autre espace-temps. Les échelles se percutent, les longs morceaux d’hypnose vaporeuse succèdent à des miniatures de parfois quelques secondes seulement, d’électro-surf-dubbés ou de folk tordu, BaBa ZuLa se jouant des conventions temporelles, laissant échapper d’étranges sortilèges en essences fugaces autant qu’en répandant beats et arpèges électroniques célestes derrière une bande d’étranges margoulins du folk, accompagnés de danseuses du ventre sûres de leurs charmes. Mad Proffe fait revenir le matos à cuisson lente, « Ser Ver Sır Ver » s’exhale en mâchonnant une rythmique chimique avec une grotesque imperturbabilité, alors que les voix dégringolent comme dans un puit sans fond. Percussions qui se dédoublent, se triplent en mitose pas naturelle, accords de saz jetés dans la marmite, épices mélodiques et repaires trompeurs. Le folk gitan trébuche sur des balbutiement d’échos électroniques qui le rendent presque étrangement funky sur « Biz Size Aşık Olduk », quarante secondes suffisent pour croiser le chemin de Mary Jane du cinéma porno sur un intermède folkeux noctambule, des menaces planent indécises sur l’inquiétant « Urfa Beşiri Hoyratı", à l’atmosphère presque ambient-technoïde grisâtre, en crépitements de vieux vinyles dégueulasses, Jah-style, et leitmotiv de steel-drum famélique pour un downtempo parano paumé dans les miroirs déformants. Psyché du côté obscur. Danseuses comme sirènes. Joueur de flute de saz arnachés. Suivre les effluves, au risque de ne pas pouvoir en revenir, jamais vraiment.

note       Publiée le lundi 8 août 2016

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Note moyenne        3 votes

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Tallis › jeudi 17 octobre 2019 - 09:43  message privé !

Complètement cramé du bulbe cet album, tellement il est rempli de substances hallucinatoires (merci Mad Professor pour en avoir encore rajouté). Et je commence à mieux comprendre pourquoi (N°6) est tombé en amour de Brenna Maccrimmmon...

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(N°6) › lundi 8 août 2016 - 19:45  message privé !
avatar

C'est pas moi qui vais te contredire sur Cecom, c'est sans doute le morceau que j'ai le plus souvent écouté durant ces derniers dix-huit mois (les deux versions). En plus les paroles sont très belles si j'en crois la traduction. Brenna, ah ben oui, Brenna… soupir...

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Klarinetthor › lundi 8 août 2016 - 17:42  message privé !

Et si tu veux decongeler tes poissons panés, tu mets Kisaltmatar, ca va plus vite que le micro-ondes.

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Klarinetthor › lundi 8 août 2016 - 17:34  message privé !

je prefere quand meme les titres qui sonne plus anatoliens (Cecom par exemple, qui me disait quelque chose, forcement) aux dubs instrumentaux plus froid. Quand a Brenna, oui elle pourrait repeter une ligne de sa liste de course que ca resterait passionnant - a fortiori si on n'est pas turcophone.

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