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Jandek › Living In A Moon So Blue

cd • 16 titres • 40:07 min

  • 1Gretchen2:48
  • 2One Step Ahead2:12
  • 3Supression2:10
  • 4Strange Phenomenon3:11
  • 5You Can Stop Now2:20
  • 6Comedy1:52
  • 7Sailors1:46
  • 8Bludeon1:47
  • 9All In An Apple Orchard2:32
  • 10She Fell Down3:26
  • 11Professional2:26
  • 12Anticipation2:35
  • 13Alexndria Knows2:32
  • 14Quite Nonchalent2:15
  • 15Relief Of The Night3:19
  • 16Crime Pays2:56

enregistrement

Non renseigné.

line up

Jandek (guitare, voix, haromnica)

remarques

chronique

Styles
folk
ovni inclassable
Styles personnels
weird weird blues>freak à guitare

Ce type est un malaise. Inexplicable, insupportable et magnétique. Comme tous les Grands Obnubilés son œuvre -facilité de langage- a quelque chose de déroutant. Parce qu’on a beau y entendre toujours la même chose, on finit toujours par y déceler -ruse de la perception qui ne sait se satisfaire de l’éternel similaire ?- des variations, une évolution, des phases, des étapes. Des reliefs, même. Parce qu’on a beau avoir ses préférences, on ne peut s’empêcher de soupçonner qu’en ces grands continuums à l’inquiétante cohérence, il n’est pas plus d’une idée à peine. Reprise sans cesse, étirée, comprimée. Fixe. Comme quelques autres, donc, Jandek défie le goût, le discernement. Chaque album laisse à craindre, à redouter, à espérer la lassitude et l'égarement, l’abstraction totale du dépaysement ou l’épuisante familiarité, en proportions indéterminables. Indéniablement, Living in a Moon so Blue relève du même patron que le tout premier acte, ce Ready for the House sorti quatre ans plus tôt de nulle part - c’est à dire d’une de ces résidence pavillonnaires de l’Amérique blanche la plus cloîtrée. Sans conteste, après trois albums de plus, celui-ci continue à creuser le même sillon. Mais il ne fait pas de doute, non plus, que quelque chose avance. Mal ou remède, la question peut se poser, légitimement. Celui-là semble encore plus dérangé. En se heurtant aux limites de sa manie, en s’y enfonçant, Jandek se charge d’une tension, d’un énervement qui n’était pas alors aussi palpables. La voix semble vouloir briser cette ligne qui l’asservit, l’enferme, la guide sans but apparent, d'historiette aride en scène désolée. Il semble bien qu’il n’en puisse plus. La guitare se fait moins implacablement répétitive, aussi. Les espèces d’accords, toujours tordus et inharmonieux, dérapent, quittent la mesure, se délitant même parfois en des semblants (ou tentatives) de solo. De toute évidence le jeu et le chant –mais oui, on dirait bien qu’il essaye de chanter- tendent à se rapprocher d’un blues très rudimentaire, grossier, fruste, douloureux. Jandek craque. Toujours désespéré, insondablement triste, éreinté par l’inaction mais peut-être moins neurasthénique, moins indifférent. Comme si lui même s’irritait d’explorer ou d’éluder sans fin les nœuds et les trous de cette vie dont, au final, il ne nous a jamais livré le moindre indice. Cette froide colère, si tant est qu’il s’agisse bien de ça, peut faire touche. L’agacement, aussi, peut faire contagion. Cette index-ci du catalogue vous secouera plus qu’un autre, peut-être. Il est probable que sa substance puisse mettre à mal toute velléité d’apaisement… Peut-être aussi vous rebutera-t-il : d’emblée, et durablement. C’est possible. On peut aussi le préférer, parce que procédant du même geste, de la même insoupçonnable nécessité, mais en poussant la logique de la chose à sa dernière extrémité, au tout premier de son auteur. Et puis l’instant d’après on voudra le fuir, il nous chassera, on voudra s’en défaire d’une secousse… Étrange stimulation. C’est là le vrai mystère de ces œuvres sans issue, orbitant sans fin sur leur axe. Leur charme, aussi, insidieux, inquiétant : que dans leur Innombrable et leur Obsessionnel, nous y retrouvons nos petits. Et que parmi ceux-là, nous avouons nos Favoris.

note       Publiée le dimanche 3 mai 2009

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Dioneo › samedi 6 avril 2013 - 10:17  message privé !
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Ah ! Corrigé (presque quatre ans après, hum...) merci (tu vas de nouveau pouvoir dormir tranquille).

pyosisified › samedi 6 avril 2013 - 02:34  message privé !

Petite typo dans le titre de cet album (correctement orthographié par ailleurs dans la chro, c'est à s'en relever la nuit).

Klarinetthor › samedi 6 avril 2013 - 01:51  message privé !

parce que le mec est légendaire (et même si ça risque d'être l'heure la plus longue de pas mal de vies)

Solvant › vendredi 5 avril 2013 - 22:13  message privé !

^^ merci pour ta réponse, mais je ne veux pas être responsable (ça sonne bien comme devise tiens...). En tous cas, depuis 1978 le type s'évertue à faire son petit délire, c'est beau. Quant aux raisons pour lesquelles la Villette l'invite, hormis le boboïsme je ne vois pas...

Dioneo › jeudi 4 avril 2013 - 23:32  message privé !
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Tiens, marrant, on en parlait avant-hier avec d'autres... Eh bien je dois avouer que je les réécoute très peu - en fait plus du tout - les Janjan, depuis pas mal de temps. Comme je disais à propos de Ready for the House, ce type et ses disques n'ont à me dire que dans des moments de flou total, quand je sais pas trop si je me sens très quoi que ce soit, dans des moments d'indécision (voire d'indécidable) morale, émotionnelle etc. Le reste du temps je penserais même pas à les sortir de la pile.

Mais... Je maintiens le 5 oui, parce que je me rappelle très bien les raisons qui me les avaient fait attribuer et que dans la "logique" où j'avais écrit les chro, mes notes tiennent toujours.

(Et de toute ça fait partie pour moi des musiques pour lesquelles la notation est un truc à peu près impossible - un peu comme pour le Jato de Luz Verde de Sun Plexus dont je te parlais l'autre jour, bien que pour des raisons complètement différentes... Et donc avec quoi on doit bien se dépêtrer tant bien que mal quand on décide d'en parler parce que quand-même on en a envie... Disons que ça fout un peu face à l'absurde de la note seule voire parfois des théories qu'on peu se monter par moments pour justifier la boulification, des raisons qu'on peut se trouver sur certains machins.

Allez tiens, j'en rachèterai une quinzaine à ma prochaine crise de flottements. Et de la vague de chros qui s'ensuivra, tu seras jugé coupable. "Tu l'as poussé à vérifier", scandera la foule toute lyncheuse).