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Melechesh › Sphynx

10 titres - 63:04 min

  • 1/ Of mercury and mercury
  • 2/ Secrets of sumerian sphynxology
  • 3/ Annunaki's golden thrones
  • 4/ Apkallu counsel
  • 5/ Tablets of fate
  • 6/ Triangular tattvic fire
  • 7/ The arrival ritual
  • 8/ Incendium between mirage and time
  • 9/ Purifier of the stars
  • 10/ Caravans to ur

enregistrement

Produit par Melechesh et Andy Laroque. Enregistré et mixé aux Los Angered Recordings, Angered, Suède (30/11-21/12/2002). Enregistré parAndy Laroque. Mixé par Andy Laroque et Melechesh.

line up

Proscriptor (batterie, voix), Ashmedi (guitares, voix principale, daf, darbukka, rigg, respirations rituelles), Moloch (guitares, claviers, daf, darbukka, rigg, saz, respirations rituelles), Al'Hazred (basse, voix, claviers).

Musiciens additionnels : Andy Laroque (guitare solo sur "Purifier..."), Niclas Rudolfsson (vocaliste invité sur "Apkallu...")

remarques

chronique

Styles
metal extrême
black metal
thrash metal
Styles personnels
mesopotamian metal

Si vous me demandez où j'ai trouvé les moments thrash les plus jouissifs qu'il m'ai été donné d'entendre, je ne vous repondrai pas Slayer, ni Metallica, ni Testament (et pourtant...), ni Megadeth, et surtout pas Anthrax... je n'irais pas chercher les monstres de seconde zone comme Death Angel, Kreator ou Overkill, et je ne pense pas non plus à l'inégalable bombe nucléaire : Grip inc. Et si je fais ce, tout petit, listing de noms alors que vous connaîssez déjà ma réponse au moment même où je pose la question, c'est notamment pour dire que si le Thrash est sur guts le domaine incontesté de Magister Poky, ce n'est pas parce qu'il est le seul à connaître le sujet, mais tout simplement le meilleur. Je tenais à le préciser à seule fin des très légitimes sceptiques, qui pourraient de fait ne pas croire en ceci : Melechesh est l'administrateur des baffes les plus hallucinantes que le thrash peut balancer. Au détriment, sur ce Sphynx en tout cas, d'une dimension un peu plus mélodique et suggestive qui illuminait l'onirique "Djinn", début de la mutation, Melechesh va en effet approfondir pour définir très précisement son style à partir de ce troisième album, en innondant plus avant son black metal d'une manipulation des outils rythmiques et mélodiques du thrash comme personne, absolument personne, ne l'avait fait avant eux. C'est une évidence dès qu'on l'entend : mélodiquement comme rythmiquement encore une fois, le receptacle Thrash fusionne avec les fragrances moyen orientales avec une force... mais alors une force mon gars! Il ne me semble pas humainement possible de résister au démarrage de "Incendium between mirage and time"... mais ce n'est qu'un exemple. Re-situons un peu l'entité : Melechesh est un groupe au départ black metal dont la vision profonde et passionnée est la communication des ambiances et mythes antiques du moyen orient, Sumériens, Mesopotamie, Assyrismes et guitares saturées. De l'auto qualifié Mesopotamian Black metal qui, maintenant, s'annonce de manière symptomatique comme Mesopotamian Metal. Le black a disparu? Pas tout à fait, mais il est clair que "Sphynx" relève tout autant, si ce n'est plus, du thrash. "Sphynx", à l'image de sa pochette, se présente comme un colosse de black thrash à puissance surhumaine. Melechesh, c'est évidemment une patte : le jeu de batterie (avec ici son incarnation la plus saisissante par Maître Proscriptor) impose les syncopes propres aux rythmes primaires moyen orientaux en créant un groove totalement unique et d'une intensité cervicalicide imparable, les contours des accords et mélodies dégagent un parfum de désert et l'ombre des pyramides. Attention : le moyen orient est une influence, pas une esthétique : ne vous attendez pas à tomber sur une collection de mélodies arabisantes reverbérées à la sauce metal; si Melechesh peut s'adonner à des tournures, se permettre une fois ou deux l'incursion de percussions folkloriques ou s'attarder un peu sur une ambiance mythologique, ils restent mélodiquement et soniquement essentiellement thrash, et ne tombent jamais dans l'orientalisme (presque pas assez, d'ailleurs, sur ce "sphynx", mais on y reviendra). Une patte, donc, que Melechesh double désormais d'une véritable science. Science de l'enchaînement, de la rythmique des riffs, du ralentissement, du break et de la fureur. Oui, Melechesh est un groupe extrêmement furieux; pas forcément speed, pas forcément aggressif... non : furieux. La folie black metal qui dévaste régulièrement de sa vitesse les structures des morceaux n'en est que partiellement responsable : Melechesh file des bourre-pifs, tout le temps, à chaque riff, à chaque rupture, à chaque break. Certes, à l'arrivée, comme le dit si bien Chris aka Xian aka Maître suprême Aka... (ah non, celui là faut pas le dire), dans sa chronique de "Djinn" : "Lors de la première écoute le disque peut sembler un brin monotone, mais néanmoins je vous conseille fortement de ne pas vous arrêter sur cette première impression, car c'est justement après quelques écoutes attentives que l'on rentre vraiment dans le jeu de Melechesh." Melechesh fait tourner ses riffs, encore, encore, il les enchaîne, tous aussi boxeurs les uns que les autres, le tout dans une "retenue" mélodique typiquement thrash que viennent seulement hanter les tournures sahariennes. Et puis cette musique est d'une cohérence presque opaque : le son, puissant, chaud et mat, les constructions, l'unité d'inspiration et la constance un peu étouffante de l'intensité du recueil ("Arrival ritual" est à ce titre, malgré, ou grâce à, sa sobriété monotone une halte absolument magique) font des albums de Melechesh, et de celui-ci en particulier, de véritables blocs de metal d'une heure, où il est difficile de respirer. Oui, ça ralentit, ça explose, ça se contorsionne sur les contre temps, Melechesh maîtrise la rythmique coup de poing avec une perversité particulière. Mais le style est si marqué, la densité si constante qu'il faut vraiment s'abandonner aux courbures des riffs et aux variations fondamentales de vitesse pour se frayer un chemin de variété au travers du monolithe Melechesh. Ultime excellence : ces gars là jouent vraiment, mais vraiment comme des bêtes. Proscriptor est phénoménal, très technique bien sûr, mais jamais démontratif, il allie uhe précision et une dextérité incroyable à un véritable feeling, aussi souple que percutant, et trouve sur ce disque le son idéal, le révélant à mon sens bien plus que chez Absu. Les guitares n'ont rien à lui envier : précision, surpuissance, souplesse, dextérité... des bêtes. Mais "Sphynx" est aussi jouissif... que légèrement frustrant. Jouissif pour tout ce que je viens de dire, et bien plus encore mais cette chro est déjà trop longue, frustrant en raison de cette fausse monotonie, et de cette intégrité mélodique qui empêche les véritables apothéoses mystiques. Comme le dit Ashmedi lui-même dans l'interview qu'il a accordé à Nicko pour G.O.D, cette musique, on peut headbanguer dessus, mais on peut aussi s'asseoir et partir dans un trip. Ici, le pouvoir headbanguant est si phénoménal, qu'on ne peux que regretter que le trip ne soit pas aussi orgasmique. On se félicite évidemment que Melechesh ne donne ni dans l'orientalisme ni dans la débauche de sons, cette posture lui donnant un impact et une cohérence tellement incontestable, mais.... gnfff... on regrette presque un peu quand même. 4 ans plus tard, "Emissaries" vient nous dire deux choses : à quel point Melechesh a trouvé son style de part son côté "Sphynx part II", mais aussi et surtout que la toute petite pincée d'épices dont on rêvait sans oser le dire en écoutant "Sphynx", Melechesh en a finalement trouvé la parfaite composition.

note       Publiée le vendredi 30 janvier 2009

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notes

Note moyenne        7 votes

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god › mardi 18 septembre 2012 - 17:43  message privé !

Une tuerie qui varlope bien comme il faut....

vargounet › vendredi 12 août 2011 - 16:27  message privé !

Faudrait que je suive de plus près ce groupe, apparemment ils ont sorti pas mal de bombes depuis cet album qui était très sympa en effet !

Pat Bateman › jeudi 11 août 2011 - 22:45  message privé !

Vraiment énorme, ça bastonne, c'est mélodique, puissant, ambiancé, inspiré, Melechesh quoi. A quand une critique du dernier album en date par l'éminent Dominique Sheer-Khan ?

Note donnée au disque :       
Solvant › jeudi 19 mars 2009 - 13:59  message privé !

"on peut headbanguer dessus, mais on peut aussi s'asseoir et partir dans un trip." c'est exactement ça ce qui me plaît ici, c'est que l'on peut l'écouter de façon rudimentaire ou bien tout en profondeur suivant l'humeur du moment. Très agréable. (par contre j'aime pas bcp la voix 'Chucky')

Note donnée au disque :       
Jacques Capelovici › lundi 9 février 2009 - 23:05  message privé !

Bonnegrosse baffe métal comme j’en avais pas pris depuis longtemps. Jouissif effectivement.

Note donnée au disque :