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Sheila Chandra › Roots and Wings

11 titres - 49:25 min

  • 1/ One
  • 2/ Shanti, Shanti, Shanti
  • 3/ Roots and Wings (Traditional mix)
  • 4/ The Struggle (Slagverks mix)
  • 5/ Lament of McCrimson/Song of the Banshee
  • 6/ Mecca
  • 7/ Roots and Wings (Original Madras mix)
  • 8/ Konnonol Al Dente
  • 9/ Escher’s Tirangle
  • 10/ The Struggle/The Dream
  • 11/ Shanti, Shanti, Shanti

enregistrement

Strawberry Studios, Manchester, juillet/août 1989 par Richard Scott ; Banni Studio, Madras, janvier 1986 par MK Majeed ; The Barge Studios, Londres, novembre 1982 par Alan Barson. Produit par Steve Coe, arrangement Sheila Chandra.

line up

S.S.R. Krishnan (mridangam sur Escher’s Triangle), Shankar Ganesh Orchestra (ghatam, morcing, mridangam), Paul James (shehnai, sax soprano), Dinesh (tablas, congas), Himangu Goswarmi (voix sur The Dream), Steve Coe (frottements de main, gongs, cloches, zings, drones, cabassa, voix basse, tambura éléctrique), Sheila Chandra (« expression vocals », bols, konnonol, sagram akar, voix parlée et « tenue »).

chronique

Styles
world music
Styles personnels
hindi pop>if bolly would, bolly should

Dommage, Sheila. Oui, dommage. Parce qu’à chaque fois je me dis la même chose : "Cette fois-ci c’est la bonne. C’est cette nuit qu’on s’aime". Parce qu’elle a tout pour elle, Sheila. De belles ambitions, la curiosité, le goût de l’expérimentation, des tentatives. Un amour des folklores qui, pour une fois, ne se cantonne pas à l’exploitation d’une vague couleur. La connaissance des musiques indiennes (hindoustani et carnatiques, savantes et populaires) certes, mais aussi celle des vieux chants gallois, irlandais, écossais. Une certaine érudition quand on vient aux folklores de l’Imaginaire, aux traditions marginales. Elle aime Fairport Convention et Buffy Sainte-Marie, c’est dire. Elle a dû écouter Laurie Anderson aussi, à en juger par son usage des voix superposées en nappes, articulées en strates. Et sa technique à elle est variée, irréprochable, précise et renseignée. Seulement voilà : on est encore une fois déçu ! Toujours trop ou trop peu. Entre deux chaises, le coup, plutôt que droit au but. D’un côté on trouve de jolies pièces de pop légères, pas loin de la face glorieuse de Bollywood (car il y en a une ). La première version de Shanti, Shanti, Shanti par exemple, percussions/voix/reverb, dosée juste comme il faut pour échapper au mauvais kitsch . The Struggle (Slagverk mix), basé sur les bols, ces figures rythmiques chantées par les apprentis percussionnistes et qui reproduisent les différentes attaques et résonances des peaux (en onomatopées). Le très court et proprement merveilleux Konnokol Al Dente, qui déploie la même technique a capela (on peut d’ailleurs noter que la chanteuse développera cette manière sur ses disques à venir, notamment ses albums sur Real World, pour un rendu toujours très séduisant). Mais à côté de ça on subit d’affreuses pièces incroyablement datées, dignes de la pire variété exotique estampillée fin 80 (The Struggle/The Dream, horrible). Et surtout, au milieu, tous ces morceaux qui hésitent entre spiritualisme ridiculement solennel et pop sans épaisseur, pour un résultat vaguement New Age ou Lounge-Buddah-Bar du plus tiède effet. Du presque réussi qui gâche de belles idées (Lament of McCrimson/Song of the Banshee, tentative de fusion celto-indienne diluée par une reverb envahissante, enlaidie par un drone synthétique absolument toc). Du pratiquement expérimental qu’un je-ne-sais-quoi empêche de prendre tout à fait (Escher’s Triangle, trop de delay sur la percu peut-être, ou le lissage trop parfait des voix : on dirait des nappes de synthé). Du Enya quand même un peu amélioré (One, Mecca). Bref : de la world bien foutue, pas mal produite mais rien de plus que de la world. Une musique de nulle part, donc, et qui ne parvient pas à nous emmener ailleurs. Rien d’affreux mais presque rien qui demeure une fois revenu le silence. Du "À essayer mais bon". Alors vraiment désolé, Sheila. J’aurai tant aimé. Mais ce n’est pas encore ce soir que nous festoierons tous deux. Tu es trop sage et trop futile. Je suis trop grave et trop léger. Nous ne pourrions atteindre au frisson. Une prochaine fois peut-être ?

note       Publiée le mercredi 25 juin 2008

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CeluiDuDehors › mardi 1 juillet 2008 - 18:12  message privé !
On est d'accord! Je voulais juste dire par la que c'etait moins rigide que la distinction simpliste savante/populaire (musicalement, je ne parle pas de castes etc...), apres niveau social, effectivement il y a une difference de taille, certainement plus extreme que dans les pays occidentaux!
kualgretfa › mardi 1 juillet 2008 - 17:21  message privé !
Pas exact ce qui tu dis Monsieur Dehors. Les "light classical" (bajhan, thumri, ghazals etc...) font aussi partie de la musique classique. Les musiques populaires indiennes sont celles qui ont une spécificité régionale et jouée par des basses castes, qui utilisent des versions simplifiées des ragas (folklore du Rajasthan, Bauls du Bengale...). J'adore tout autant. Il y a une troisième catégorie, c'est la musique indienne rituelle (semi-savante, que j'ai eu la chance d'entendre sur place). Enfin il y a la pop hindi (sorte de world/pop qui utilise des bribes de ragas aussi et parfois quelques bidouilles électroniques pour les djeuns cool locaux). Donc la distinction existe réellement: un homme de la tribu Bhopa (caste très basse) qui m'a appris son instrument, ne connaissait pas les ragas et la musique classique; à l'inverse ceux qui pratiquent la musique classique méprisent souvent la musique populaire folklorique...... Voilà pour l'essentiel! Mode>"Pedant"[=OFF] également.
CeluiDuDehors › lundi 30 juin 2008 - 12:30  message privé !
Mode>"Pedant"[=OFF]
CeluiDuDehors › lundi 30 juin 2008 - 12:17  message privé !
Pour en revenir a la distinction savante/populaire, elle n'existe pas vraiment dans la musique indienne, il y a la musique classique (dans le sens utilisation des ragas, il n'y a pas de musique contemporaine a proprement parler), la musique populaire/folklorique et un florilege de genres appeles "light classical" qui sont des chansons sur des rythmes simples mais chantes selon les modes des ragas, et qui sont chantes ou joues par les musiciens classiques. La plupart des concerts classiques sont en deux parties, un raga et 1 ou 2 chansons. Ces genres sont presques tous relies au domaine religieux (a part le Bollywood) et donc "spirituellement" consideres comme au meme niveau.
Fryer › lundi 30 juin 2008 - 00:51  message privé !
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