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Kyuss › Welcome to Sky Valley

cd | 10 titres | 52:00 min

  • I
  • 1 Gardenia
  • 2 Asteroid
  • 3 Supa Scoopa and Mighty Scoop
  • II
  • 4 100°
  • 5 Space Cadet
  • 6 Demon Cleaner
  • III
  • 7 Odyssey
  • 8 Conan Troutman
  • 9 N.O.
  • 10 Whitewater

enregistrement

Chris Goss & Joe Barresi, Sound City

line up

Brant Bjork (batterie), John Garcia (voix), Josh Homme (guitare), Scott Reeder (basse)

remarques

“Instructions : Listen Without Distraction”

chronique

Comme si cela ne suffisait pas, Kyuss enfonce le clou en nous proposant un nouvel album encore plus travaillé et plus ambitieux. Les trois mouvements que composent "Sky Valley" sont à la hauteur de nos espoirs puisque chaque titre inclu est une pure merveille, des hymnes redéfinissants le stoner avec toujours plus de lourdeur et de feeling. Le nouveau bassiste, Scott Reeder (ex-The Obsessed), apporte une approche doomisante à la musique hypnotique et originale de Kyuss. Les autres membres rayonnent par leur talent en perpétuelle expansion où dominent émotions et précision. Sans nul doute la bible du stoner, que celui qui ne la possède pas soit montré du doigt, c'est un hérétique!

note       Publiée le dimanche 25 février 2001

chronique

Styles
stoner
Styles personnels
'desert rock'

En fait, Welcome to sky valley ne s’appelle pas vraiment Welcome to sky valley. Et encore moins « Sky Valley » tout court. Kyuss l’avait vu comme un album éponyme, histoire de le marquer du sceau du « c’est notre meilleur album, on en a conscience et on en est fiers, ils nous représente ». Mais le public en avait décidé autrement et c’est très bien ainsi. Chroniquer un tel objet s’avère extrêmement difficile. Mettre des mots sur cette musique ne paraît pas la chose la plus naturelle à faire à son écoute (j’ai d’ailleurs épuisé toutes les formes de headbanging de salon possibles avant de m’atteler à la tâche). J’ai pensé à une chronique-trip qui mettrait en scène Blondin, Tuco et Sentenza qui viendrait chacun décrire l’un des 3 mouvements de cet album… Car Sky Valley est une cathédrale, bâtie sur trois piliers gigantesques, absorbant chacun plusieurs chansons en un tout cohérent, organique, possédant un début façon démarrage en burn, un suspens méditatif et une explosion libératrice (sauf le dernier, qui explose en permanence, toujours plus haut, toujours plus cool). Le premier mouvement s’ouvre sur un riff grand et gros comme l’Ayers Rock, qui nous asphyxie instantanément dans un caldarium de guitares généreuses qui ronronnent comme des réacteurs de fusée et de basses subsoniques qui font trembler la terre. Nuées de skunk, cactus globuleux, hallucinations toxiques… Gardenia est une terre inconnue, comme quand Tintin pose le pied sur cette île aux champignons géants dans ‘L’étoile mystérieuse’. “push it over baybayyyyyyyyy, makin’ luuuuuuuuuuv to you !!”, bouillonne Garcia, nullement perturbé par ces mirages. Quel chemin parcouru depuis Blues for the red sun ! Les structures sont démultipliées, les solos et les ponts psychédéliques aussi, et l’inventivité mélodique (jamais évidente au premier abord avec eux) du groupe a tout simplement explosé, permettant aux ornements 70’s tissés par Josh Homme de croiser le fer avec des assauts métal qui débarquent sans crier gare, puis qui refusent de s’arrêter sur Supa Scoopa and Mighty Scoop (par ici le titre qui tue). Les 4 hommes (sans jeux de mots) se font plaisir, et à nous aussi. Le deuxième mouvement monte d’un cran : les titres s’enchaînent encore plus organiquement ; Space Cadet est peut-être le plus beau morceau du groupe, et sans doute l’une des plus belles chansons jamais enregistrées, comme le rêve d’un crâne de buffle desséché dans son nid de sable, un beau soir, tout seul sous le ciel bleu marine. Une ballade psychédélique, satellite de la Planet Caravan de Black Sabbath, découvert en 94 grâce au télescope Kyuss, mais si vous voulez mon avis, il s’écoulera un moment avant d’en trouver un autre. On passe des pionniers aux orfèvres futuristes avec Demon Cleaner, single de l’album au clip ravageur, qui laisse pantois devant la nouvelle orientation vocale de Garcia (plus proche de ce que fera Homme dans les Queens), et surtout devant cette modernité totale, qui inspirera Tool au point de reprendre le titre sur scène plusieurs fois. Le son de Chris Goss est énorme, en avance de 10 ans, bien plus abouti que sur les albums précédents. Quant au morceau, il semble provenir d’une autre dimension, comme si Kyuss avait une face cachée qu’on n’avait jamais vu jusqu’ici. Le mouvement III nous achève dans un sprint final qui pourrait bien constituer l’acmé de l’œuvre de Kyuss. Chacun des 4 titres est un classique définitif du Stoner, ou plutôt du desert rock, car ‘stoner’ est un terme inventé à posteriori qu’Homme et les autres ont toujours rejeté. La musique de Kyuss n’est pas seulement imbibée de la sueur du désert, elle EST le désert. Et cette salve finale ne peut que vous en convaincre. ‘I live my life alooooooooone... never going hoooooome...’ Que puis-je dire d’autre ? A l’instant où Garcia profère ces paroles de sa voix de biker fier comme un roitelet, on sait déjà que Welcome to the sky valley va nous accompagner toute notre vie. On s’y croit, tout comme lui, au volant d’une harley millésimée, soulevant des rideaux de poussière de sable de 10 mètres de haut dans notre sillage, libéré de toute loi et de toute contrainte. Pour ceux qui auraient du mal à saisir l’esprit, bien particulier, de ce groupe unique, jetez un œil aux témoignages vidéo des « generator parties » organisées par le groupe dans le désert (en gros, une cinquantaine de chevelus se donnent rendez-vous au beau milieu du désert californien, avec binouzes et instruments, et ‘branche le groupe électrogène, baby, VRRRROAAAAAAAAAAMMMMMMM’). Si après ça, vous ne pigez toujours pas, secouez vos cheveux. Shake your hair, motherfuckers. L’Homme et le Gosse ont accouché d’un classique du rock’n’roll, au même titre que Led Zep 4 et que le premier Black Sab… Certainement pas indispensable… OBLIGATOIRE.

note       Publiée le mardi 21 juillet 2009

chronique

Styles
metal

Pourquoi écrit-on sur de la musique enregistrée par quelqu’un d’autre que nous même ? Parce que : la fascination. Un ancien m’avait dit un jour : la fascination, c'est de l’attraction, et de la répulsion en même temps. Dans la musique à drogue, ça serait une dichotomie relevant de la mise en miroir « je peux croupir en prison, je vais faire honte au monde parce que la drogue » / « et oh, let's go cono ». Regardez autour de vous, et cherchez ce qui se rapproche le plus de cet état d’esprit. Vous inquiétez pas pour moi, je l’ai sous le nez, il flotte dans l’air, ça s’appelle Kyuss, et l’album il s’appelle, euh... il s’appelle. « L’album au panneau ». Pour qui a déjà goûté à l’âge de quinze ans à Blues for the Red Sun, « l'album au panneau » est le signe d’une confirmation : oui, j’aime la drogue, oui j’aime Black Sabbath, et non, j’ai pas envie de bosser, j’ai envie de me rouler à poil dans le sable, j’ai envie de jouer de la flûte à des lézards, et Jo l’Indien je le connais, c’est mon cousin, il te prépare des lapins en 2/2. Et, vous sentez pas cette odeur de fumé ? C'est le barbecue qui attend, on s’y trimballe en trainant des tongs, y a même Scott Reeder le gars qui joue au doigt chez Wino, mais ça n'a pas suffit à faire « la différence » pour « mener au score ». Mais bon, on se met un disque de Kyuss, le désert s’exporte partout, fermez les yeux, engrangez la boite à cds, respirez, inspiration astrale, contraction ventrale, y a comme un putain de serpent qui se trémousse, died today, you disgrace the mortal, t’en vas pas, on est bien ici autour du feu du méééétal, et du roooock, et de l’améééérique, et des tout ça quoi. HUM. Quoi. Et pourquoi pas une chronique sur un disque majeur ? Et pourquoi pas mon majeur dans le cul dans la bouteille ? Et pourquoi pas, juste, une petite heure ouvrir le front du crâne et inspirer ce que les américains ont su le mieux faire : transbahuter les restes de spiritualité précolombienne avec l'aide de groupes électrogènes et de génie donnés en échange de sacrifices non dits. Et que dire au bout du compte, quand tout le monde dort, que c'est la fin de la fête et qu’il n’y a plus que les moustiques pour se satisfaire du sang des vainqueurs ? Que les fils de Kyuss sont les derniers à inspirer les flammes de leur bûcher, si jeunes, si frais, promis à quatre millions de destinées possibles, pourris jusqu’à l’os, cramés à en engendrer des cloques, et de manière lissée, nommés comme guides de millions de chéper et/ou de solitaires, jusqu’ici, le Puy de Dôme est couvert de brume, les punaises s’agglutinent, quelques lézards dorment il fait nuit et enfin je pourrai m'allonger en écoutant, en fade, des guitares se câliner comme des vieux dragons enlisés dans la problématique actuelle : dormir ou se reposer ?

note       Publiée le jeudi 31 août 2017

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Rikkit › samedi 2 septembre 2017 - 00:51  message privé !

Bjork et Reeder, ces génies.

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DukeOfPrunes › jeudi 31 août 2017 - 14:39  message privé !
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Oh le beau triplon de 6 boules !

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(N°6) › jeudi 31 août 2017 - 11:49  message privé !
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Dès fois je me demande pourquoi je m'emmerde à écouter autre chose dans le genre (Los Natas récemment). Je sais bien que c'était le premier et que ça sera le dernier.

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boumbastik › mardi 12 juillet 2016 - 16:24  message privé !

on s'enflamme, on s'enflamme...

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Rikkit › mardi 12 juillet 2016 - 14:45  message privé !

Peut être le groupe de rock le plus ultime de la création.

Avec les Beatles.

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