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Mr. Bungle › Disco Volante

cd | 12 titres | 68:46 min

  • 1 Everyone I Went to High School With Is Dead
  • 2 Chemical Marriage
  • 3 Sleep (Part II) : Carry Stress in the jaw
  • 4 Desert Search for Techno Allah
  • 5 Violenza domestica
  • 6 After School Special
  • 7 Sleep (Part III) : Phlegmatics
  • 8 Ma Meeshka Mow Skwoz
  • 9 The Bends
  • 10 Backstrokin'
  • 11 Platypus
  • 12 Merry Go Bye Bye

enregistrement

Recorded at Brilliant studios, Hyde Street studios, Coast recorders, SF, USA, by Billy Anderson.

line up

Trevor Dunn (basse, alto), Danny Heifetz (batterie), Mike Patton (chant, bandes, orgue, ocarina), Trey Spruance (guitare, pípa, claviers, orgue, électronique), Bär McKinnon (saxophone tenor, clarinette), Theobald Brooks Lengyel (bois)

Musiciens additionnels : William Winant (percussions, guimbarde, xylophone, glockenspiel), Graham Connah (piano)

chronique

Pas évident de parler de Disco Volante tant il est compliqué, original et indescriptible. Sa force réside dans ses structures en perpétuelle évolution, ses chansons élastiques, ses musiciens doués. Véritable bol d'air dans un milieu artistique rempli de trop insupportables conventions, ce deuxième album de Mr. Bungle est imprévisible. On peut tout de même noter des influences comme Robert Wyatt, les Boredoms ou un Frank Zappa survolté. Mariant pas mal de styles, ce gigantesque patchwork possède sa propre identité, rendant le tout d'une cohérence stupéfiante. Incontournable.

note       Publiée le mercredi 19 septembre 2001

chronique

Le premier contact que l'on a avec Disco Volante est évidemment visuel... la pochette... Ne vous évoque-t-elle rien ? Louis Buñuel et Salvador Dalí... "Un Chien Andalou"... Film culte surréaliste de 1928... la fameuse scène où la femme se fait ouvrir l'œil avec un rasoir... Nous savons tous la passion que voue la bande à Patton au cinéma... et puis il y a ce livret, du même acabit : que ce soit photos, dessins, ou "sculpture", tout respire le surréalisme... les hommes poissons, les têtes-de-morts, les dentiers, une souris au dos jonché de gratte-ciels, un oiseau aux plumes de cigarettes... on nage en plein rêve inconscient... La musique ? Elle est en totale adéquation avec cet esprit surréaliste... vous voulez du Death metal ? OK, écoutez Merry Go Bye Bye, mais vous devrez acheter une maison rue du bruitiste, passer au préalable par la case rumba-easy listening et vous ne toucherez pas 20 000 euros. Le jazz vous intéresse ? Pourquoi pas, mais il faudra se transformer en prêtre metalleux des campagnes pour accéder au sacre du dentiste. Certes, la techno vous a toujours intrigué, mais jamais vous n'auriez pensé qu'un indien serait de la fête ! Vous parlez italien et espagnol en même temps, dans un argot sauvage mais romantique, bercé par un accordéon et une guimbarde annonçant un cauchemar digne de MIIAAA !! On se repose avec un slow d'attardé mental naïf, avant de faire avaler de l'hélium de force à un pauvre enfant unijambiste qui n'en demandait pas tant ! Patton est incroyable dans le rôle de l'inconscient : il s'agit sans doute du disque où il utilise au mieux son fabuleux organe vocal... encore plus que dans Fantomas ou même Faith No More... il chante, hurle, délire, mue, nous surprend, nous fait peur, nous fait rire, devient grave, puis aigu... ah non grave en fait, là c'est aigu... euh... non... gra... gu... je ne sais plus... ne dit-on pas qu'il est un caméléon ? Au détour d'un désir refoulé, Zorn apparaît oniriquement, le temps d'un espace de seconde de saxophone tiré d'une bande dessinée, pour nous arracher un sourire et nous faire tortiller les dessous de bras. Trevor Dunn (compagnon de toujours) se taille la part du gâteau avec son couteau à moyenne fréquence, plombant la cerise avec son gros médiator et sa basse aussi mutante que Patton. Bonjour Mr le groove, au revoir Mr le groove... tiens, des samples arrivent de partout, tout le temps, du bruit, de la vaisselle, des crissements, des couinements, des bruitages de films, un canidé espagnol, une pirouette de cirque... On vit un rêve sonore, à la fois éveillé et endormi, des images plein les yeux qui débordent et coulent jusque dans le livret... Salvador Dalí réincarné en chanteur, Louis Buñuel réincarné en six-cordiste (Trey Spruance, principal compositeur avec Dunn), et l'auditeur réincarné en lui-même, passant du cauchemar (The Bends très ambient et terrifiant) au fantasme sexuel hérité de son enfance et des années 30, dans un de ces célèbres cabarets où les femmes swinguent comme elles sont belles (Backstrokin')... mais avant le moment fatidique, coupé dans notre élan, tout s'arrête, sans raison, brusquement, pour nous mener chez les hardcoreux boostés au jazz autiste de dessin animé sous acide ("Platypus")... totalement surréaliste... Dalí, Buñuel, Disco Volante... la peinture, le cinéma, la musique... et toujours cet aspect absurde, sans queue ni tête, sans but... mais comme une peinture de Dalí, on écoute Mr. Bungle en scrutant chaque détail, chaque effet visuel en trompe-l'œil, chaque effet stylistique, les couleurs, la profondeur... et le message derrière... qui n'a d'autre but que d'illustrer la réalisation d'un désir inconscient via le rêve sous forme hallucinatoire... Pourquoi chercher l'inspiration ailleurs alors que l'homme est lui même le sujet de sa propre imagination ? Quoi de plus imaginatif et hallucinatoire qu'un rêve ? Quoi de plus suggestif ? Quoi de plus libre ? Quoi de plus palpable ? Quoi de plus interprétable ? Le surréalisme tout simplement... Dalí, Buñuel, Disco Volante... Quoi de plus passionnant ? Quoi de plus riche ? Quoi de plus original et surprenant ? Rien... Disco Volante s'écoute comme un rêve... suffit de se laisser aller pour en admirer toute les subtilités et pour en jouir totalement... Disco Volante est à la musique ce que "Un Chien Andalou" est au cinéma... un OVNI en forme de chef-d'œuvre... Indispensable...

note       Publiée le jeudi 12 février 2004

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reg › dimanche 30 août 2015 - 08:01  message privé !

@sergent_BUCK : Ton anecdote m'en rappelle une autre. Expérience surprenante après avoir emménagé dans mon premier appart : j'entends la musique provenant de la pièce principale (enfin de la seule pièce en fait) quand je vais aux toilettes. Ce qui bien sûr n'arrivait pas au domicile parental. Le son est déformé et atténué par la cloison et par l'acoustique particulière de la salle de bains. Certaines bandes de fréquences ressortent nettement plus que d'autres, ce qui donne un tout autre éclairage aux morceaux en question. Fascinant.

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A.Z.O.T › vendredi 20 février 2015 - 22:14  message privé !

Réécouté en entier sur la route de Paris jusqu'à Rennes, toujours aussi taré

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Powaviolenza › mardi 7 octobre 2014 - 03:40  message privé !
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intriguant :) merci d'avoir partagé ça, ce sera testé !

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sergent_BUCK › mardi 7 octobre 2014 - 01:16  message privé !
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Tiens alors je viens de me l'écouter (du genre l'écoute annuelle sacrée), mais pour cette fois, j'ai choisi la version cassette. Eh bien j'ai été frappé par la dynamique qui est bien différente de la version CD : la compression K7 rend les sons et les textures plus proches des oreilles. On entend même assez souvent le souffle du studio (et non pas le souffle de la k7, parce qu'il y a aussi des passages totalement silencieux !) Du coup, des morceaux comme The Bends sonnent différemment... moins mystérieux, mais peut être encore plus claustrophobique ! enfin voilà, j'avais envie de pinailler comme un acharné sur des détails ce soir, merci de m'avoir lu !

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Seijitsu › vendredi 13 décembre 2013 - 18:09  message privé !

De quoi sur The Bends ? Ce morceau est un des sommets de cet OVNI !

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