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Kyuss › Blues for the red sun

cd | 14 titres | 50:51 min

  • 1 Thumb (Brant Bjork/Josh Homme) [4:41]
  • 2 Green machine (Brant Bjork) [3:38]
  • 3 Molten universe (John Garcia/Josh Homme) [2:49]
  • 4 50 million year trip (Brant Bjork) [5:52]
  • 5 Thong song (Josh Homme) [3:47]
  • 6 Apothecaries' weight (John Garcia/Josh Homme) [5:21]
  • 7 Caterpillar march (Brant Bjork) [1:56]
  • 8 Freedom run (Brant Bjork/Josh Homme) [7:37]
  • 9 800 (John Garcia/Josh Homme) [1:34]
  • 10 Writhe (Josh Homme) [3:42]
  • 11 Capsized (John Garcia/Josh Homme) [0:55]
  • 12 Allen's wrench (Brant Bjork/Josh Homme) [2:44]
  • 13 Mondo generator (Nick Oliveri) [6:15]
  • 14 Yeah (John Garcia, peut etre avec une bière à la main) [0:04]

enregistrement

Chris Goss & Joe Barresi, Sound City, Van Nuys, California en 1992 - Masterisé par Howie Weinberg

line up

Brant Bjork (batterie), John Garcia (chant), Josh Homme (guitare), Nick Oliveri (basse)

remarques

Le titre de l'album est un hommage à "Blues for the red planet", un épisode d'une série de documentaires télé présentés par Carl Sagan...

chronique

C'est en 1992 que l'on peut commencer à parler de stoner. Même si Sleep est déjà là (un "Holy mountain" énorme), c'est Kyuss qui inventa le genre avec "Blues for the red sun". Comprenant des titres phares comme "Green machine" ou "Freedom run", cet album est comme une bonne Corona dans un désert musical. Les riffs de Josh Homme sont imparables, les lignes de basse de Nick Oliveri font enfin honneur à l'instrument le plus lourd du monde, Brant Bjork tape comme personne et John Garcia chante le désespoir et la rage avec un coeur gros comme ça. Même si l'album n'est pas exempt de tout reproche, il est évident qu'il s'est passé quelque chose dans notre petit monde... "I am dreaming, I am rolling"...

note       Publiée le dimanche 25 février 2001

chronique

« You don’t seem to understaaaannd the deeeaaa-oh » !! Si de l’aveu même de Josh Homme, Wretch était un brouillon de jeunesse (à 16 ans, c’était encore Josh Garçon), qui n’aurait jamais du sortir tel quel (à relativiser quand même, au vu du talent du groupe), Blues for the Red Sun, de l’avis général, est l’un de ces chef d’œuvres sortis de nulle-part qui nécessitent l’invention de nouveaux genres pour les classer. Un de ces coups de semonce qui résultent soudain d’une alchimie entre plusieurs personnes, ici en l’occurrence le faramineux batteur Brant Björk, le désormais bankable guitariste Josh Homme, l’hystérique bassiste cocaïné Nick Oliveri et, last but not least, le mirifique vocaliste John Garcia, frisant le génie sur un 50 Million Year Trip, sous perfusion Dickie Peterson. Voilà le line-up classique de Kyuss, à savoir l’un des groupes les plus cools des années 90. Ces 4 mecs, comme les Mothers of Invention ou Captain Beefheart en leur temps, vont tourner à leur avantage le fait de vivre dans le désert californien, éloignés de toute influence de la côte. Sous la houlette de Chris Goss, mentor, gourou, tout ce qu’on veut, et unique membre fixe des non moins importants Masters Of Reality, ils vont inventer une musique hybride, ni metal, ni punk, ni purement hard rock 70’s, mais un peu des trois à la fois, le tout en laissant une grande part aux parties instrumentales. Rien d’original à priori, et c’est sans doute ce que pas mal de gens ont pensé à l’époque, trop absorbés par le grunge alors à son apogée, auquel on a pu rattacher Kyuss assez facilement : outre la manie de tout accorder plus bas que la normale, dans la droite lignée Flipper/Black Flag/Melvins, on a pu entendre ça et là que Nirvana aurait été « inspiré » par Apotecaries Weight pour son All Apologies ! N’en déplaise à Chris Goss, si le groupe de Cobain écoutait a priori bel et bien ce disque durant l’enregistrement de In Utero, la coïncidence reste probable. Car il s’agit vraiment d’une autre came. Si plusieurs écoutes peuvent être nécessaires pour saisir toute l’originalité du groupe, Blues for the red sun, apparaît, après s’être immergé dedans assez longtemps, comme un monument sans compromis, un album-monstre qui ne doit rien à personne. Dès Thumb, on est assailli par des riffs qui passent d’un coté à l’autre de la stéreo, des effets de voix kitsch 70’s, mais toujours avec cette rythmique indéfectiblement punk. Le Kyuss, à ce moment-là, pourrait bien être le nom de cet énorme ampli de basse, posé comme un totem indien a même le sable brûlant dans la photo du livret. Mais « Green Machine » nous évoquerait plutôt l'une de ces bagnoles cabossées, genre Chevrolet, tel qu’on voit dans le clip justement. Ignorant les nids de poules, la vieille décapotable Kyuss 1993 file entre les squelettes de buffles et les cactus desséchés à une vitesse surnaturelle, annonçant dans un vroom vroom assourdissant la charge furieuse du taureau de Songs for the deaf, presque 10 ans plus tard. Puis, lors des multiples passages psychédéliques de l’album, comme la fin de 50 Million Year Trip relevant complètement du space-rock enfumé de Hawkwind, ou les (trop ?) nombreux interludes maladifs tels que Writhe et Capsized, ou enfin le susnommé Apotecaries Weight, incroyablement barré, on se dit que la Kyuss, ça pourrait aussi bien être une variété de Marijuana que les stoners font pousser dans le désert. « Stoner » ? Ça y est, le mot est lâché. Eh oui, que voulez-vous, passer à travers tant d’états sur un album aussi homogène, au son de guitare aussi monocorde (la confusion avec la basse est bien entendu voulue), seulement égayé par un chanteur qui pour le coup joue vraiment le rôle du chaman dans cette nébuleuse de basses fréquences, il fallait bien que ça porte un nom. Ce fut donc stoner, appellation inventée à postériori, comme pour le Grunge, et dont les inventeurs ne se sont jamais revendiqués. Peu importe, si vous aimez le Rock au sens large, celui qui va de Hendrix à Nirvana en passant par Steppenwolf, ce disque est fait pour vous. Je garde pour la fin les deux tubes imparables de ce « Red Sun », bien cachés au cœur de ce labyrinthe : un Allen’s Wrench ("it’s all thatyougeeeeeeeyyyyyyyeahh") qui donne la banane a chaque écoute, et bien sûr l'orgasmique Thong Song, ultime profession de foi du chanteur (« Mes cheveux sont… vraiment loooooooooongs !! »), qui semble revendiquer le droit de rocker sans chaussures, rien que des tongues, et sans amplis guitares, que des amplis basses. Dans ces conditions, pourquoi pas un 6/6 ? Hé bien parce qu’ils auraient pu faire mieux. En effet, l’absence de ce chant décidément cool as fuck se fait vraiment ressentir sur les longueurs d’un Freedom Run pourtant épique et bien envoyé, ou sur l’inutile Mondo Generator, délire « spaced-out » d’un Nick Oliveri alors chevelu jusqu’aux omoplates qui est plus inspiré quand il casse tout.

note       Publiée le vendredi 23 novembre 2007

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Raven › jeudi 31 août 2017 - 12:34  message privé !
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Triple-chro needed.

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Aiwass › mardi 16 août 2016 - 00:41  message privé !

Quatre ans, quatre mois, quatre jours. C'est moche.

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Seijitsu › jeudi 12 avril 2012 - 22:37  message privé !

Ah merde, j'avais oublié à quel point ce disque EST le groove.

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Spektr › dimanche 5 février 2012 - 22:23  message privé !

Toujours un voyage...

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born to gulo › lundi 28 juin 2010 - 09:06  message privé !

j'aime à être un repère pour les hommes, en ces temps de confusion

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