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Chairlift › Does You Inspire You

cd • 13 titres • 52:09 min

  • 1Garbage4:44
  • 2Planet Health4:18
  • 3Earwig Town3:03
  • 4Bruises4:01
  • 5Somewhere Around Here4:31
  • 6Evident Utensil2:52
  • 7Territory6:05
  • 8Le Flying Saucer Hat3:17
  • 9Make Your Mind Up5:15
  • 10Dixie Gypsy4:03
  • 11Don't Give a Damn4:22
  • 12Chameleon Closet1:59
  • 13Ceiling Wax3:39

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Chairlift.

line up

Caroline Polachek, Aaron Pfenning, Patrick Wimberly

Musiciens additionnels : Sasha Bell (flute 2, 3), Karen Codd (violoncelle 3), Mike Dos Santos (basse 4), Christ Taylor (saxophone 10), Jennifer Polacheck (choeurs 11)

remarques

"Le Flying Saucer Hat" et "Dixie Gypsy" sont des ajouts de la réédition de 2009.

chronique

Styles
pop
indie rock
Styles personnels
art-pop cosmique

Dès fois on se dit que ça va pas être simple de parler d’un album. Faut trouver le bon biais déjà. Alors bon, alors voilà, un groupe qui s’appelle Télésiège, déjà, c’est cool. Sans doute parce que formé à Boulder, Colorado, une ville des Rocheuses. Bon on va pas aller loin avec ça. Et pendant ce temps, l’album il déroule il déroule et plus ça va plus ça semble compliqué d’en parler. Ok, bon allez, hop, en fait c’est totalement un groupe de la fameuse scène de Brooklyn, l’étendard du rock indé de ces années deux-mille, un trio qui fait un peu comme tout le monde, qui se plonge à corps perdu dans le passé. A savoir surtout, les années quatre-vingt qui reviennent de la façon la plus inattendue sur le métier comme la nouvelle décennie référence absolue. Sauf que non, Chairlift ne font comme personne d’autre en fait. Sinon ça serait justement facile, d’en parler. « Does You Inspire You » possède la générosité et la naïveté des grands premiers albums, ça part un peu dans tous les sens, c’est touffu, c’est riche. C’est bien foutu aussi, bordel, tout le temps. Ils savent écrire des chansons, ils savent les arranger, ils ont des idées, ils veulent faire un peu de tout. Par quoi commencer… Ah si, si vous avez allumé la télé à la fin des années deux-mille, vous avez forcément vu cette pub pour le nouvel iPod Nano. Et donc vous avez entendu Chairlift : « Bruises », parfaite chanson synth-pop lumineuse à la simplicité d’une comptine, c’était eux. Evidemment, il n’y a pas que de ça, oh la la non, dans le premier album du trio à Brooklyn. Mais y en a d’autres de cet acabit, avec un peu ce côté extrême-oriental cher à une époque où le groupe pop le plus intéressant s’appelait Japan, « Planet Health » nous y transfert sur le fil d’une grosse ligne de basse funky-crackers et de chinoiseries synthétiques. Super-synth-pop aussi le surréaliste « Evident Utensil » et son clip génial à base de distortion visuelle typique de lecteurs vidéo défecteux, du psychédélisme.AVI. Et là faut s’arrêter deux secondes. Après avoir seulement pioché trois morceaux, une évidence s’impose même aux plus bouchés à l’émeri : la voix de la chanteuse Caroline Polachek. Voilà, on y est. Au-delà de la qualité de l’écriture, des arrangements, des idées de composition dans tous les sens, ce qui ressort immédiatement c’est cette fabuleuse chanteuse qui change de ton au détour d’un même mot, qui vocalise en mélismes sucrées ou grandioses, passant avec un culot sans borne du rauque défiant à une douceur popinette. Doté d’une qualité vocale pareille, Chairlift ne pouvait pas sonner comme n’importe qui. Polachek c’est dès le début une très grande chanteuse pop. Ecoutez-la dans un français d’autant plus charmant qu’approximatif sur le sautillant techno-pop « Le Flyer Saucer Hat » qui n’aurait pas déshonoré les grandes heures du YMO. Parce que c’est qu’en plus, ils veulent toucher à tout et le font avec brio, de l’atmosphère sombre aux teintes de jazz-noir de « Garbage » à la pop cinématique et morriconienne de « Earwing Town », la douceur mélodieuse un peu Flaminglipsienne de « Somewhere Around Here », le downtempo ensorcelant de « Make Your Mind Up », avec sa touche de sauvagerie au refrain, la ballade cosmique en apesanteur « Celing Wax » précédée d’un instrumental pas mal inquiétant, l’art-pop progressive « Dixie Gypsy » où tombent soudain des notes de piano menaçantes comme au fond d’une cavité, où les guitares dronent alors que se mêlent voix masculine et féminine… On continue ? Que dire du sublime « Territory », autre pièce maitresse de l’album où Polachek plane littéralement au dessus d’un paysage sonore de nappes en suspension, de guitares et percussions très western (encore une fois, Morricone fait coucou du satellite), un morceau à l’ampleur de space-opéra contemplatif. On pourrait gloser sans fin sur la façon qu’a Caroline Polachek d’utiliser sa voix, sur sa folle expressivité, sa créativité vocale, tout aussi à l’aise par ailleurs quand il s’agit d’interpréter une ballade country du plus simple effet. Car oui, il y a aussi une ballade country sur cet album, une vraie, avec de la slide toute mélancolique et un duo comme du Nancy & Lee, et des choeurs qui percent le coeur. Voilà donc Chairlift, un groupe quand même un petit peu ambitieux, qui ne ressemble finalement pas à ses contemporains malgré un goût partagé pour les vénérées eighties. Un nom bien porté, Télésiège, la pop c’est toujours plus beau vu d’en haut, de tout en haut.

note       Publiée le lundi 16 décembre 2019

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