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Chairlift › Moth

cd 1 • 10 titres • 40:43 min

  • 1Look Up2:14
  • 2Polymorphing4:43
  • 3Romeo3:08
  • 4Ch-Ching3:47
  • 5Crying in Public4:28
  • 6Ottawa to Osaka4:55
  • 7Moth to the Flame2:57
  • 8Show U Off3:32
  • 9Unfinished Business4:33
  • 10No Such Thing as Illusion6:26

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à The CRC (Brooklyn, NYC). Produit par Chairlift & Robin Hannibal.

line up

Caroline Polachek, Patrick Wimberly

Musiciens additionnels : Danny Meyer (saxophone), John Lake (trompette 2), Juri Onuki (voix 6), Emily Holden (violon 6), Dustin Schletzer (caisse claire 9), Joey Postiglione (synthé modulaire 10)

remarques

chronique

Styles
art pop
electro
soul
Styles personnels
synthpop & r'n'b

Les temps changent. C’est plus comme avant ma pauv’ dame. Même vu de 2016, les années deux-mille et leur explosion de groupes néo-psyché élevés sous les murs en briquettes rouges de Brooklyn paraissent comme un lointain passé. Et quand le meilleur (mais pas le plus hype) de ceux-ci revient pour un troisième album, la différence se fait entendre dès le premier single, qui déroute autant qu’il fascine. Avec sa rythmique percussive et syncopée, ses petites volées de saxophone bourdonnantes et une Caroline Polachek qui semble se caler dans la lignée d’un r’n’b expérimental de plus en plus en vogue, « Ch-Ching » n’a plus grand chose à voir avec le son de Chairlift. Il lui reste sa saveur indie pop arty (les choeurs, les claquements de doigts, signes de leur époque), mais la construction est résolument à la fois beaucoup plus étrange, avec ce refrain complexe et labyrinthique, et en même temps visant le tube (enfin le hit, enfin le banger quoi ! Faut adapter son lexique à l’époque). Ça groove sec en contrepied, la production vise au minimalisme malgré son efficacité tordue (ahhh, le petit stop-start après le pont au deux-tiers, effet garanti). Y a une ambition nouvelle là-dedans et ça n’est pas un hasard, le morceau était destiné à la base pour Beyoncé. Oui oui, la Beyoncé, pour qui Caroline Polachek a déjà réussi à caser une prod sur son dernier album en date. C’est qu’entre temps, la chanteuse la plus incroyable de ces deux dernières décennie (Polachek, j’entends bien) s’est déjà un peu émancipée de sa formation, ayant sorti un premier album solo sous le nom de Ramona Lisa, une sorte de voyage d’ambient-pop à l’atmosphère fantastique (du genre Kate Bush X Legend of Zelda).

Et ce dernier Chairlift, rétrospectivement, semble comme un prélude à la suite, avec ses tentatives électro-pop aux touches un peu flottantes, aux sonorités d’une inspiration new-age rétro-futuriste, son côté synth-funk trifouillé mais toujours chic (très new-yorkais en somme) et ce feeling beaucoup plus soul, au sens r’n’b contemporain du terme (pas si loin de l’évolution d’un groupe comme les suédois de Little Dragon finalement). En somme, Chairlift s’essaie à des trucs, tiraillé de l’intérieur entre ce qu’ils ont été et les très sensibles aspirations de Caroline Polachek à se diriger vers autre chose et se dégager de ses influences premières (ou au contraire, de les embrasser pleinement sans plus se soucier de la scène dont le groupe était issu ?). Plus inégal, moins abouti dans sa réalisation, ça n’empêche pas les beaux moments au-delà de ce premier single si marquant (et parfaitement incroyable, faut bien le dire, une fois la surprise digérée); la ballade « Unfinished Business » qui s’envole sur des roulements de caisse claire, au pathos de BO de blockbuster eighties; le merveilleux « Ottawa to Osaka » tout en authentique synthétique avec tonalités profondes et mélancoliques de violon, son fourmillement de petits bruitages et ses lignes de chant qui d’un coup s’enfoncent en un improbable ballet de fond de gorge (oui, Polachek est incroyable, faut le répéter vingt fois par chronique sinon c’est pas clair); il y a aussi ce « Roméo », synthpop-rock pour training montage, comme une version mise à jour du Chairlift de la décennie précédente. Et toujours, dans absolument tous les morceaux, le chant de Caroline, oh Caroline, qui survole le tout, fait des acrobaties, s’insinue dans les interstices des mélodies, rebondit, caresse et hoquète, invite à la danse son propre corps (qu’elle bouge divinement bien). Pour Polachek, cette fin n’est qu’un début, bientôt elle pointera le bout de son nez sur une mixtape de Charli XCX et viendront les collaborations avec les gens du label PC Music (Danny Harle, Felicita, A.G. Cook). Bye bye Chairlift, le petit trésor caché de Brooklyn.

note       Publiée le jeudi 21 octobre 2021

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(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
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Ah ah merci ! Au moins je suis constant ! Oui Ramona Lisa j'aime beaucoup aussi, et bien sûr Pang est une tuerie produite par Danny Harle, forcément j'y viendrais, c'est un peu pour ça que j'ai chroniqué Chairlift d'ailleurs (enfin pas seulement, les deux premiers albums méritaient de base de l'être, ils sont passés un peu sous la hype de l'époque).

Message édité le 21-10-2021 à 18:32 par (N°6)

Note donnée au disque :       
dariev stands Envoyez un message privé àdariev stands
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Polacheck this out ? (y'a une coquille récurrente). Bien d'accord concernant le charisme vocal (et autre...) de la dame. Bien que j'aime beaucoup Chairlift, pour moi elle est passée à un niveau au dessus avec Ramona Lisa, clairement plus du coté "out there" (tant qu'on est dans les anglicismes) de la force, même si tout ça reste archi-javellisé. Pas encore écouté les derniers trucs solos, visiblement ça marche très bien pour elle... Je reste marqué par ce clip (de chairlift je crois?) où elle a des yeux peints sur les paupières, comme dans un certain clip de Shiina Ringo...