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Tarwater › Dwellers On the Threshold

cd | 12 titres | 46:07 min

  • 1 70 Rupies to Paradise Road [2:42]
  • 2 Metal Flakes [3:03]
  • 3 Diver [2:28]
  • 4 1985 [4:18]
  • 5 Be Late [3:37]
  • 6 Tesla [4:37]
  • 7 Now [3:25]
  • 8 Miracle of Love [Swans] [4:44]
  • 9 Phin [3:47]
  • 10 Perfect Shadow [3:44]
  • 11 Dogs and Light Tents [composition basée sur un sample du groupe Mythos] [3:34]
  • 12 Imperator Victus [paroles reprises d’un poème d’Hart Crane (1933)] [6:03]

extraits vidéo

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line up

Bernd Jestram, Ronald Lippok

Musiciens additionnels : Stefan Schneider (claviers sur 9), Tone Avenstroup (voix et paroles sur 1), Nicholas Addo-Nettey (percussion sur 4 à et 11)

remarques

La version limitée double-CD (Kitty Yo, 2002) propose, en plus de l’album et sur le deuxième disque, les bandes originales du court-métrage 14/1 Endlos (titres 1 à 5) et du long-métrage Die Datsche (titres 6 à 31), tous deux réalisés par Carsten Fiebler ; sur les titres enregistrés pour Endlos, le groupe est accompagné par le Deutsches filmorkester Babelsberg.

chronique

Dans la mythologie Twin Peaks – développée par Mark Frost et David Lynch au cour de la série ; intuitive et archétypale, originale et composite – le Dweller on the Threshold (L’Habitant du Seuil) est le double sinistre, celui qui attends chacun à l’orée de la Black Lodge. La somme faite sosie, symétrique, de toutes les tentations mauvaises, des sentiments détruits, des actes inaboutis, des destructions fuyantes… Quiconque rencontre son « Dweller » en reviendra, l'ayant vaincu, accompli ; ou bien, si « le courage est imparfait », l’Autre l’anéantira, investissant son corps en démon parasite – une mort misérable au bout d’une chaîne d’atrocités… Tarwater sont loin des vastes bois du nord ouest américain. Duo résolument urbain – d’une ville grise aux automnes frais ; hommes-machines très berlinois. Détaché. Europe de l’Ouest avec tout ce que ça implique de fatigue culturelle – ou de distance vieux-monde-éprouvée, c’est une question d’angle. Pourtant le titre de ce disque – une fois soupçonnée cette origine – intrigue. (Comme d’autres, d’eux, « totémiques » : « Silure », « Animaux, Soleils et Atomes », « La Lune du Lapin »…). Une musique qui voyagerait l’air de rien d’une rive à l’autre – vecteur d’un inconscient cosmopolite par curiosité, voyageur parce qu’il cherche ; mais connaissant ses murs, lassitude et tranquillité. Une sorte de trip-hop waveux – froid mais doux, sec mais étrangement lucidogène (comme diraient les Young Gods). Une reprise des Swans sous basse tension, qui loge autrement sa ferveur – Miracle of Love, ramenée de la période post-Children of God, quand Gira et Jarboe et les leurs s’étaient mués en illuminés mais continuaient de jouer enveloppés d’une nuit profonde, moirée. En effet, des défaites – l’avertissement qu’il faut les affronter ; les coups fourrés des faux-amis, familiers qui attendent le trébuchement pour vous abattre ; un genre de presque-gaieté calmement extatique sur Now (avec son sample de voix trafiquée qui répète ce seul mot et sa ritournelle de claviers qui s’ancre au crâne) ; l’emprunt, à la fin, à un poète d’une modernité d’autan – Hart Crane et son Empereur Vaincu… Atahualpa le dernier Inca, tiens, autre monarque du continent d’en face, abattu dans une autre forêt. Des soldats en pixels grossiers sur la pochette, en équipement nocturne ou anti-contaminants – partent-ils, eux, combattre l’Axe du Mal annoncé par un George Bush l’année même de la sortie de ce disque ? En reviendront-ils, eux, vidés, empoisonnés, dégradés par leurs Doubles et par leurs propres armes ? « Ce n’est pas facile d’être un dieu… ». D’où vient que cette musique apaise autant, séduit, conforte ? D’où vient, pourtant, qu’elle tend comme un filet où se dessinent mes inquiétudes arrêtés un moment dans l’entrelacs des mailles ?

note       Publiée le jeudi 27 septembre 2018

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Dioneo › jeudi 27 septembre 2018 - 14:36  message privé !
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Bah figure-toi que je n'ai percuté la probable référence du titre que très récemment ! (Vu qu'on se refait les deux premières saisons (et y'aura aussi le film oué) avec la Compagnonne avant d'attaquer la troisième)... Mais considérant tout ça - je viens d'ailleurs à mon tour de me prendre l'envie d'écouter le Poirier que tu cites, à jaunir les line-ups - et quelques autres trucs, y'a une chance que peut-être bien ça te cause, oué, eh eh...

Note donnée au disque :       
(N°6) › jeudi 27 septembre 2018 - 14:30  message privé !
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Grrr, le racolage à coup de Twin Peaks et considérant que ces gars ont bossé sur des projets de Philippe Poirier que j'adore, ça me titille sévèrement.