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Moğollar › Düm-Tek

cd • 12 titres • 33:33 min

  • 1Düm-Tek2:41
  • 27/8 - 9/83:14
  • 3Rue de l'Oriant E.5. Şark Yolu2:50
  • 4Kapalı Çarşı2:22
  • 5Sun Flower (Güne Bakan)3:01
  • 6Magic Moon (Sihirli Ay)2:54
  • 7Blue Mood (Gam Yükü)3:52
  • 8Water Lily (Nilüfer)2:31
  • 9Elif2:44
  • 10White Dear (Alageyik)1:34
  • 11Fairy Tales (Peri Bacaları)3:21
  • 12Sparrow (Serçe)2:20

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré au Studio E.T.A.R. Gaffinel, Paris. Produit par Marie-Claude Lagarde.

line up

Cahit Berkay (guitares électriques et acoustiques, cura, bağlama, yaylı tanbur, kemençe), Engin Yörükoğlu (batterie, percussions folkloriques, darbuka, kaşik), Romen Petiter (piano électrique Fender, piano acoustique, mini-Moog), Michel Shollet (basse)

remarques

L'album est sorti en France sous le titre Hittit Sun.

chronique

Styles
folk
rock
progressif
world music
Styles personnels
folk-rock progressif oriental

Quand sort le deuxième album de Moğollar, la messe est dite pour l’anatolian pop. Même si sortent et sortiront encore quelques grands albums, la frénésie de singles et de créativité qui a irriguée la scène turque du milieu des années soixante jusqu’au début de la décennie suivante s’est quelque peu tarie. La même année, Barış Manço sort son opus magnum, le fameux « 2023 », qui donne la nouvelle orientation progressive où les claviers joueront maintenant un rôle prévalent, jusqu’à même infiltrer les accompagnements de la grande chanteuse folk Selda Bağcan, glissant progressivement vers un son funkoïde qui fera les beaux jours des années sombres à venir. Quant à Moğollar, ils ne sont plus que l’ombre d’eux-même. Dans la foulée de leur premier album visionnaire, ils auront, malgré quelque changement de personnel, connu une période dorée, enregistrant des singles marquants avec successivement Barış Manço, Selda, Ersen et Cem Karaca. Mais alors que se pointe le milieu des années soixante-dix, le groupe se dissout, ses membres allant alimenter les nouvelles formations clefs des années à venir que sont Dadaşlar, Dostlar ou Dervişan. Cahit Berkay, seul rescapé, retrouve le premier batteur du groupe resté à Paris après « Danses et rythmes de la Turquie d’hier à aujourd’hui » et enregistre avec deux musiciens de studios français ce deuxième album qui pourrait, du coup, s’intituler vraiment « Danses et rythmes de la Turquie d’hier à aujourd’hui ». Non pas qu’il sonne traditionnel, même si le premier morceau s’avère trompeur là-dessus, mais pour le coup Moğollar donne un peu l’impression d’être un groupe de folk-rock progressif « orientaliste » et non plus cette formation révolutionnaire portant en elle les idées théoriques de Murat Ses et Taner Öngur sur la pop anatolienne. Attention, Cahit Berkay, qui signe la plupart des morceaux, fait toujours de la belle musique, multipliant les instruments à cordes autant électrique qu’acoustique, cura, tanbur, bağlama, kemenche font parti de son arsenal, mais on sent presque que l’album est enregistré en France cette fois. Ca sonne comme un rêve de Turquie vu d’un Occident progressif. Ca sent l’import et la coolitude d’une scène prog européenne qui aime à se lover dans des ambiances orientales, tout en gardant un oeil sur un classicisme bien de chez-nous. Chez nous, je veux dire la scène prog française. Y a un côté pas désagréable de jazz-rock a barbouze pour échoppe de hippies sur le retour qui lorgnent avec envie vers un Orient déjà plus fantasmé que de loin. Un album qui devait faire fureur dans les soirées à chichon pour s’envaper un peu les esprits tranquillou entre un bon vieux Malicorne et un Cortex des familles. C’est pas illustratif, mais ça a plus l’air que le souffle, même si Berkay et sa troupe de demi-Mongols réservent quand même quelques authentiques moments de grâce comme ce « Fairy Tales » arrangé aux petits oignons entre bağlama et kemenche habités, la très mélancolique « Magic Moon », crépusculaire en diable avec son piano prog et ses claviers éthérés. Ailleurs, des rythmiques turques plus serrées, voire funky sur « Kapalı Çarşı", de belles ballades folk que ne renierai pas Zafer Dilek comme « Sun Flowers » ou « Blue Mood », avec le jeu expert de Berkay, jamais démonstratif, toujours élégant. Le Mongol en chef lâche même la bride à l’excentricité d’un des zicos franchouilles, ce qui donne le très library music « Rue de l’Oriant », avec faute d’orthographe pour l'exotisme, genre musique de film d’espionnage un peu barrée après laquelle courent des formations comme Estradasphere. En gros, si ce qui reste de Moğollar n’a alors plus rien de visionnaire, ça reste de la belle ouvrage pour qui se laisse tenter par une dose de folk-rock progressif à la turque, avec un des musiciens les plus doués de son époque à la barre.

note       Publiée le samedi 31 décembre 2016

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