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Golem Mécanique › Chant IV

lp | 2 titres | 26:59 min

  • 1 Face A [13:21]
  • 2 Face B [13:38]

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Golem Mécanique (tout sauf texte)

chronique

"La notion de forêt dans l’Enfer, en particulier"… Elle le disait. D’autres aussi y ont longuement pensé, en ont été saisis. Je me souviens par exemple de ce spectacle d’Alexis Forestier et de sa Compagnie les Endimanchés, Divine Comédie, qui sur scène mettait en parallèle le même Enfer de Dante (et les deux autres volets, Purgatoire et Paradis) et La Forêt de Kafka. La forme, certes, n’avait guère à voir avec ce qui s’entend là, sur ce disque. Mais intimement, je sens un lien entre ce que disent ces ouvrages, ces mises en pièces et en mouvements. La forêt… "L’éclat de foudre" y sonne plus effrayant, déchire un voile plus épais. Il sort plus certainement du "haut sommeil" pour plonger l’éveil dans une nuit plus opaque. Elle déforme : les sons, les échos, les lumières et les ombres qui flottent et passent. Elle est pleine de senteurs fraîches, de ferments, aussi. Par zones elle égare ou elle guide : tunnels et voûtes de frondaisons, de canopées ; sentes entre les clairières ou qui s’enfoncent aux branches où elles accrochent et tirent. Elle mange le flanc des collines, des montagnes, avale le soleil qui coupe au-dessus d’elle. Comme Le Diable – cassette sortie la même année, presque le même jour pour ce que son auteure en donne à lire, que le présent vinyle – ce Chant IV retient autour de lui, en nuées concrètes et insaisissables, des hantises, des inquiétudes ; ressasse des phrases – récitatifs remis d’une voix lasse mais inlassable – que des ondes électromagnétiques parasitent progressivement ou que de soudains silences rendent mates et présentes. La limite s’efface, glisse, les repères – traces – se permutent, des sons censément dénués de sens et des mots récités. Plutôt : ci et ceux restent distinct mais s’échangent des charges, se mettent à se mouvoir en regards, passent les uns sous les autres. Chant IV, avec son ouverture superbe dite en italien, probablement dans le texte (celui donc de Dante) m’intrigue davantage encore que Le Diable. Il m’absorbe. Il passe – comme son pendant, mais pour moi plus souvent, presque à chaque écoute – les peurs et attirances, le goût des lisières et des survenues à l’air libre qui y rôdent, qu’il me semble y entendre, qui grondent, filent, clament sous le vent lointain, contraire, derrière les rideaux de feuilles à quoi se colle mon oreille. C’est l’un de ces espaces où l’on se retrouve en poursuite immobile, corps et sens posés mais tendus, attente et aspirations se mouvant au dedans. Il est beau, aussi, que dans ses pauses, ses moments les plus ténus, le moment au dehors s’entende, s’immisce. Ce que ferme ce chant – pour celle qui le donne – n’est pas résolu (là où il arrive, à qui il parvient).

note       Publiée le vendredi 5 mai 2017

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Dioneo › mardi 27 juin 2017 - 23:10  message privé !
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Oh ! (Eh ben...). Le hasard fait bien les choses alors, vu que c'est un peu comme ça que j'avais moi-même découvert quels sons peut bien faire une Golème... Enfin... pour autant qu'il existe, le hasard. (C'était dans une vallée - à Échos 2016, pour être moins nébuleux ... Et un peu plus tard à Grrrnd Zéro, où j'étais arrivé juste au début du set et m'était retrouvé tout de suite immergé, dans le noir).

Note donnée au disque :       
golemecanique › mardi 27 juin 2017 - 22:16  message privé !

Je découvre par hasard cette chronique.Merci pour ces mots.Justes et éloquents.Vous avez bien écouté la foret sombre.Et avez entrevu son cycle Golem Mecanique