Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesSMano Solo › La Marmaille Nue

Mano Solo › La Marmaille Nue

cd | 15 titres | 46:26 min

  • 1 La barre est dure
  • 2 Allo Paris
  • 3 Je marche seul
  • 4 Sacré Coeur
  • 5 Chacun sa peine
  • 6 15 ans du matin
  • 7 Pas du gâteau
  • 8 Julie
  • 9 Allez viens
  • 10 Toujours quand tu dors
  • 11 Au creux de ton bras
  • 12 Le Monde entier
  • 13 La Lune
  • 14 On boira de la bière
  • 15 Trop de silence

line up

Mano Solo (chant, guitare), Éric Bijon (accordéon, bandonéon), Viatcheslav Beriaguine (basse), Anne-Gaëlle Bisquay (violoncelle, chœurs), Paul Baile (clarinette, saxophone), Alain Pewzner (guitare), Christian Fourquet (trombone), Éric Mula (trompette), Marc Feltham (harmonica), Sébastien Jalier (cuivres, saxophone), Matu (piano, orgue), Pascal Reva (batterie, percussions)

chronique

Styles
chanson

Mano Solo sur Guts of Darkness, ça semble tellement évident quand on le traduit en français. Les tripes, la noirceur, du matin au soir. Des aiguilles plein les bras pour oublier la vie mille fois. Un album passé à la postérité, un classique parmi les classiques, de ceux que l'on offre à des étrangers qui voudraient savoir c'est quoi en vrai la France, c'est quoi Paris en vrai, le Paris des titi, des rebelles, celui des cartes postales noir et blanc, de l'accordéon de rue, des cuivres dans la rue, bérets clopes Robert Doisneau. Mano Solo entretenait une drôle de relation avec le canal, celui des bars de beaufs, des ponts déserts et des rejetés. Souvenons-nous qu'il fut guitariste de punk dans son adolescence. Logique alors qu'il n'apparaisse jamais dans le top 15 des chanteurs français, où l'on retrouve des Brassens, Brel, Renaud, Ferrat, Ferré et compagnie. Mano ? Jamais. La vie c'est pas du gâteau, surtout pas pour les enfants de la petite gauche de France de Charlie Hebdo (coucou). Mano, c'est l'odeur des frites qui le fait rêver, les femmes qui sentent de sous les bras. Mano c'est toi qui ne dort pas la nuit, collé à cette femme, à la regarder dans les reflets bleuâtres des murs de ta piaule, la voir dormir à poing fermé tandis que tes yeux te piquent de sommeil. La pensée qui n'arrive pas à s'arrêter, la peur du lendemain et la gêne de la veille. La chanson française arpente ici les coins obscurs de nos conscience, ceux dont on ne prononce pas le nom. La musique d'apparence festive est là pour noyer le poisson, les rythmes funky, jazzy, voir, pire, reggae, t’entraînent à vouloir danser avec tes amis patchoulis. Mais personne ne danse jamais sur Mano Solo. Parce qu'une bribe des paroles suffit à te calmer tout net. Découvrir sa séropositivité dans les années sombres (oui, les années 80, quoi d'autre ?), à l'époque où l'on en parlait pas et où la thérapie était mère de misère, à laquelle Mano refusera toujours de dévoiler l'origine. Les aiguilles ? Possible. L'amour ? Possible. Qui aurait parié sur la longévité de ce petit homme tout maigre, déjà décharné à 30 ans, habité d'un feu inextinguible ? La rage conserve, sans rien céder à cette petite pute de faucheuse. Mano écrase le cafard à coup de Picon, boit sans limite, baise toujours avec du plastique sur la bite, la barre est dure, l'exhalation juvénile de la vie d'un enfant condamné. Un disque qui célèbre la mort avec une joie infinie. Impensable.

note       Publiée le mercredi 24 juin 2015

partagez 'La Marmaille Nue' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "La Marmaille Nue"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "La Marmaille Nue".

ajoutez une note sur : "La Marmaille Nue"

Note moyenne :        4 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "La Marmaille Nue".

ajoutez un commentaire sur : "La Marmaille Nue"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "La Marmaille Nue".

born to gulo › jeudi 25 juin 2015 - 12:19  message privé !

Ben déjà, en 93, le bobo n'existait pas, et le Canal St Martin n'était pas encore branché.

Note donnée au disque :       
Rastignac › jeudi 25 juin 2015 - 08:52  message privé !
avatar

Malgré tout, c'est sombre, cynique, romantique et dépressif. A réécouter, en suivant bien les textes, des années après son succès dans tous les apparts dits "néo-babos" cités dans l'autre chronique (généralisons pas trop quand même, il fut un temps où le gars avait un succès bien plus large, au moment de ce disque d'ailleurs, non?). Faut bien ça pour intégrer le jus bien noir de ces chansons (fait et approuvé il y a quelques mois de cela, les chansons restent encore en tête).

Et puis y a des tubes là-dessus quand même : je marche seul avec plus personne à qui faire la gueule ou la vie c'est pas du gâteau et on fera pas de vieux os, on fera pas de marmots, sur les quais chacun sa peine woho tout ça. Emo titi parigot!

Note donnée au disque :       
MaxwellsDemon › jeudi 25 juin 2015 - 07:11  message privé !

Les gravures au sabre de Ian.

nicola › jeudi 25 juin 2015 - 06:22  message privé !

Son père est Cabu.

merci pour le fusil... › jeudi 25 juin 2015 - 00:42  message privé !

Han ?