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Sigismondo D'india (1582-1628) › Madrigali

  • 1998 • Erato 3984-23418-2 • 1 CD

cd • 23 titres • 64:49 min

  • 1Merce ! grido piangedo (cinque voci)1.31
  • 2Voi dissi e sospirando (instrumental)2.43
  • 3Alme luci beate – prima parte (cinque voci)0.58
  • 4Lo vi lascio, mie scorte – seconda parte (cinque voci)2.17
  • 5Sospir che del bel petto (instrumental)2.23
  • 6Crud’amarilli (cinque voci)3.56
  • 7Se tu, silvio – prima parte2.07
  • 8Ma se con la pieta – seconda parte2.14
  • 9Dorinda, ah ! diro mia – terza parte3.28
  • 10Ferir quel peto, ilvio ? – quarta parte3.46
  • 11Silvio, come son lassa – quinta parte (cinque voci)3.18
  • 12Lasso !, dicea fileno (cinque voci)2.03
  • 13Ombrose e care selve (instrumental)2.59
  • 14Ancidetemi pur, dogliosi affani (una voci)6.35
  • 15Strana armonia d’amore- prima parte2.54
  • 16In cio sol differenti – seconda parte (cinque voci)1.35
  • 17Che veggio ohimé, che miro ? (una voci)6.23
  • 18La mia filli crudel (due voci)1.57
  • 19Ecco filli, mia bella (due voci)0.56
  • 20Deh, chi mi fa languire (instrumental)1.56
  • 21Crud’amarilli (cantar solo)2.02
  • 22Pianogono al pianger moi (cantar solo)
  • 23Quell’augellin che chanta (instrumental)2.42

enregistrement

Enregistré du 20 au 23 avril 1997, Paris, Salle Wagram, 14-15 juillet 1997, Paris, Chapelle de la fondation Eugène Napoléon. Producteur : Jean Pierre Loisil ; Ingénieur : Jacques Doll.

line up

Stéphanie Révidat, Violaine Lucas (sopranos) ; Mryseult Wieczorek (mezzo-soprano) ; Steve Dugardin (Alto) ; Etienne Lécroart, François Piolino (Ténors) ; Matthieu Lécroart (Bariton) ; Renaud Delaigne (basse) ; Les arts florissants : Anne-Marie Lasla (viole) ; Elizabeth Kenny (théorbe) ; William Christie (clavecin) ; Ensemble de violes Orlando Gibbons : Phillipe Pierlot (viole aigue cantus) ; Anne-Marie Lasla (viole aigue quinto) ; François Fernandez (voile ténor alto) ; Sylvie Moquet (basse viole tenor) ; Emmanuel Balssa (basse viole basse) ; Brian Feehan (Théorbe) ; William Christie (direction).

remarques

Entre le choix des pièces et la très grande élégance propre à William Christie et ses arts florissants, la chronique évoque et conseille le disque dans son ensemble. La direction est d'une précision et d'une souplesse exceptionnelle... magistrale.

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique vocale profane-renaissance

Des madrigaux sur guts… oui, et quels madrigaux ! Forme reine de la musique profane de la renaissance, le madrigal n’est rien d’autre, finalement, qu’un mini opéra, une saynète, dont les sujets récurrents sont la guerre et l’amour, mise en musique, en chant et en scène. Le madrigal traite souvent de situations dramatiques à plusieurs personnages et il fut le terrain de recherche et d’élection de l’expressivité, là où la musique sacrée focalisait une recherche à la fois plus esthétique et spirituelle. Ces madrigaux de l’incroyable D’India sont des pièces absolument subjugantes, étonnantes, à l’inspiration mélodiques et harmoniques aussi sublime qu’étrange. Avec une maîtrise parfaite de la polyphonie et du contrepoint instrumental, D’India compose des partitions d’une finesse et d’une richesse complexe qui n’ont rien à envier à celles du grand Monteverdi, et qui se payent le luxe d’une personnalité musicale unique et fascinante. En effet, le sens mélodique et rythmique totalement extra-terrestre de D’India font de ses pièces des merveilles de beauté étrange, de démence latente, ou de mélancolie. Ce disque exceptionnel pioche dans les livres pour madrigaux à cinq voix, théâtraux, complexes, souvent très émouvants et d’une sophistication miraculeuse, et ceux pour madrigaux à une ou deux voix, plus lents et purs, et d’une beauté mélancolique saisissante. Ce ne sont pas des dissonances, des fausses notes… non, les mélodies de D’India sont belles et incroyablement raffinées, elles sont juste totalement surprenantes, inattendues, réinventant sans cesse l’équilibre harmonique au travers des chassés-croisés des voix indépendantes. Les rythmes se brisent, se cabrent, les voix se contredisent et se moquent l’une de l’autre, elles s’étonnent… rares sont les montées soudaines et bienheureuses, dansantes, qui ne soient détournées juste avant l’accomplissement vers des courbures étranges et troublantes : D’India cultive l’art violent de la dynamique et nous ballade de lyrisme exalté en accalmies obscures, d’une seconde à l’autre. Il y a dans ses histoires à la musique orfèvre un cynisme dérangeant, une manière une peu folle qu’ont les voix de s’ignorer ou de se répondre en contre pied, volte-face, mépris… comme un colloque de névrosés. L’expressivité est poussée à son maximum lors d’accès aigus qui relèvent presque du cri… cri de surprise, de stupeur, à l’image dont cette musique s’organise et se déroule, à coup d’imprévisible et d’à-coups syncopés… pourtant, on aime, et on trouve cela très, très beau. Car encore une fois, D’India ne pratique pas la dissonance ou la stridence, il est tout simplement le seul compositeur à avoir jamais ourdi ce type de mélodies à la fois totalement singulières, et immédiatement magnifiques ; et tout cela dans une maîtrise miraculeuse de la complexité. Le choix des pièces instrumentales qui ponctuent régulièrement ce recueil est d’une grande pertinence. Elles sont lentes et nostalgiques, étirées et plaintives. La deuxième moitié du disque regroupent les pièces pour une ou deux voix. Cette fois ça n’est plus dans la multiplication omnisciente des lignes et des rythmes qui se croisent et se filtrent que l’oblique particulière de D’India s’accomplit, mais dans les inflexions expressives intrigantes et nombreuses que le compositeur imprime à la voix. Qu’il n’y en ai que deux et l’on se croit déjà perdu par la richesse du tout, tout en percevant bien que tout cela s’harmonise, s’épouse et s’arabesque avec parfaite élégance, au service d’une lenteur un peu méditative, souvent mélancolique, voire tragique. Tout cela, bien sûr, est tissé de violes, de théorbes, de clavecin. Ce disque est, je vous le dit, d’une beauté hallucinante et prenante, sculptée des biais et tensions de l’étrange et du bizarre, du triste… et d’une perfection dentellière ahurissante. Un disque à posséder absolument.

note       Publiée le samedi 20 juillet 2002

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Dioneo › lundi 1 septembre 2014 - 16:18 Envoyez un message privé àDioneo
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Quelques rares trucs sur le feu dans ce(s) domaines(s), perso (surtout médiéval, en fait, et donc pas des tonnes non-plus) mais... C'est vrai que justement ces musiques sont plutôt rares dans le coin et que c'est dommage, vu que pour le coup il y a même pas mal de choses qui entreraient sans forcer ni ruser (dans la déf' de base de la ligne édito, tout ça... Et dont c'est nettement pas le seul charme pour autant, nettement).

dimegoat › lundi 1 septembre 2014 - 12:27 Envoyez un message privé àdimegoat

Je ne connais que les madrigali de Gesualdo et, un peu, de Monteverdi. J'essaierai ceux-là. Mais je profite de ce commentaire pour lancer un appel: Guts doit impérativement trouver un chroniqueur de médiéval/renaissance/baroque, il y en a trop peu sur le site et c'est désespérant d'y trouver seul son chemin. Activez les réseaux, on doit bien pouvoir trouver ça non?